Six éditeurs français rejoignent Google News Showcase

Le Monde, le Courrier International, L’Obs, le Figaro, Libération et L’Express. Six éditeurs français, et non des moindres ont annoncé avoir trouvé un accord individuel avec Google pour la réutilisation de leurs contenus.  » Nous avons signé plusieurs accords individuels, qui reflètent les principes d’universalité, de transparence et de respect du droit sur lesquels nous nous appuyons dans nos discussions…  » , a déclaré Sébastien Missoffe, Managing Director de Google France, sur le blog de Google.

 

Bien que la conclusion de ce contrat puisse être vu comme une victoire pour les éditeurs, il est difficile de savoir ce que contient réellement cet accord. D’ailleurs, le 5 novembre dernier, dans le journal ‘Libération’, Daniel Kretinsky, PDG de CMI, éditeur notamment du magazine d’actualité ‘Marianne’ annonçait qu’il ne signerait pas l’accord proposé par Google à la presse, en détaillant notamment les conditions de cet accord :

  • La licence est uniquement signée si les éditeurs acceptent de participer à un nouveau service de mise en avant des informations (Google News Showcase) ;
  • La licence proposée est une licence globale qui comprend les droits voisins et non une rémunération à proprement parler de ces droits. On ne sait d’ailleurs pas quel pourcentage de la somme couvre les droits voisins et comment le montant de ceux-ci est calculé ;
  • Ces accords s’appliquent uniquement à la presse d’information de politique générale. Exit, donc, les autres éditeurs ;
  • Les sociétés qui acceptent la proposition de Google doivent renoncer au droit de réclamer les paiements prévus par la législation ou d’intenter une déclaration judiciaire contre Google ;
  • Enfin, les montants proposés sont nettement insuffisants : Google aurait une enveloppe de trente millions pour l’ensemble de la presse française alors que les revenus de Google en France sont estimés à deux milliards d’euro.

 

Il est évidemment difficile de savoir si les négociations ont permis d’assouplir ces conditions ou d’augmenter l’enveloppe en faveur des éditeurs.

Quoi qu’il en soit, les éditeurs signataires se sont montrés enthousiastes à l’annonce de cet accord. Alain Weill, président de L’Express, a déclaré : « Cet accord couvrant les droits voisins ouvre un nouveau chapitre dans notre collaboration avec Google et nous permet d’offrir aux internautes une nouvelle expérience enrichie grâce à News Showcase ». De son côté, Louis Dreyfus, président du conseil d’administration du Monde se réjouit également : « Nous nous félicitons de cet accord signé avec Google, qui couvre nos droits voisins et s’inscrit dans une stratégie visant à accélérer la transformation du modèle économique de notre groupe. Cet accord constitue une source de financement supplémentaire pour le développement du groupe Le Monde… tout en préservant la stricte indépendance de notre rédaction, qui est notre principal atout ».

Cet accord, dont on ne connait pas les termes et conditions précis, semble être à double tranchant pour les éditeurs européens. Ces accord individuels auront sans doute pour effet de diminuer la force de négociation dans le cadre du droit voisin des éditeurs européens. En effet, après plusieurs grandes publications allemandes, ce sont désormais des publications françaises très importantes qui ont répondu positivement aux sirènes de Google.

Parallèlement à ces contrats individuels, L’Alliance de la Presse d’Information Générale, qui représente environ 200 éditeurs de presse, continue à négocier en vue d’un accord-cadre. Les négociations sont apparemment en bonne voie et pourraient aboutir à un accord d’ici à la fin de l’année, a annoncé Sébastien Misoffe, de Google.

WE MEDIA continuera bien sûr de suivre ce dossier et de tenir ses membres informés…

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