C’est désormais une belle tradition. Les lauréats des Student Magazine Print Awards (StuMPA) se rendent à la Côte d’Azur pour vivre une expérience inoubliable au festival de publicité le plus captivant au monde. Cette année, c’était au tour de Nicoly Lima Arconjo Tristao et d’Eleni Liebert.
Ces étudiantes, respectivement de Saint-Luc Bruxelles et de la Karel de Grote Hogeschool, avaient largement mérité leur billet pour le Cannes Lions International Festival of Creativity. Au cours de la dernière année scolaire, elles ont chacune réalisé une campagne imprimée exceptionnelle, qui leur a valu les deux premières places sur le podium des StuMPA.
Ces talents créatifs nous ont accordé un entretien lors de leur retour en Belgique et une chose est sûre : ces 2 jeunes filles sont nées pour ce métier. Leur passion pour la communication visuelle, la publicité et le print est immense. Et celle-ci n’a certainement pas diminué suite à leur aventure à Cannes.
Maintenant que votre semaine à Cannes vient de s’achever : quel message souhaitez-vous adresser aux étudiants qui souhaitent participer au StuMPA l’année prochaine ?
Nicoly : « Donnez tout ce que vous avez ! C’est une opportunité énorme de participer au festival de la publicité de Cannes, alors mieux vaut prendre le briefing StuMPA très au sérieux. Même si ce n’est bien sûr pas la seule raison. Le concours en lui-même est une expérience d’apprentissage unique, où l’on se retrouve face à un jury pour défendre son projet et son idée. »
Eleni : « C’est en effet tout à fait différent de suivre des cours dans une salle de classe confortable. Et c’est une bonne chose, car c’est ainsi qu’on grandit. »
Avec quel sentiment quittez-vous le festival ?
Eleni : « Je suis encore sous le choc. Il y avait tellement de choses à découvrir et à apprendre. Je me sens encore plus inspirée pour laisser libre cours à ma créativité. »
Nicoly : « Entre les remises de prix, les nombreuses animations de marques, les conférences et les spectacles en soirée – le tout dans cette même ambiance estivale et conviviale –, ça a été la semaine la plus intense de ma vie. J’ai vécu des moments incroyables et rencontré des personnes que j’admire depuis longtemps. Nous avons notamment discuté avec le PDG de Cannes Lions et avec de nombreuses autres personnalités qui ont toutes beaucoup à nous apprendre. »
Eleni : « S’il avait fait un tout petit peu moins chaud, nous aurions peut-être pu en faire encore plus. Mais ce fut une expérience formidable. »
Quel moment restera le plus gravé dans vos mémoires ?
Nicoly : « Je dirais sans hésiter le passage d’Oprah Winfrey sur scène. Ce fut un honneur de la voir à l’œuvre de près et d’écouter son histoire. Ses paroles résonnent encore dans ma tête. »
Eleni : « J’oserais même dire qu’elle a un peu changé ma vie. Elle sait vraiment toucher la corde sensible. »
Nicoly : « C’était également le cas de Sonita Alizadeh, une chanteuse qui a fui les talibans. Une histoire très émouvante, mais aussi particulièrement belle. »
À quoi ressemblait une journée à Cannes ?
Eleni : « On se levait toujours tôt, vers 7 heures, et on prenait le bus pour se rendre au Palais. Une fois passé le contrôle de sécurité, on commençait la journée par un café glacé ou une glace. Ensuite, il y avait la première conférence ou masterclass, ou bien on se rendait sur le boulevard de la Croisette, où de grandes marques comme Canva et Pinterest tenaient un stand. Nous déjeunions toujours chez Reddit – c’est là qu’on trouvait les meilleurs sandwichs. L’après-midi, nous assistions à plusieurs autres présentations, avant de nous préparer pour la cérémonie de remise des prix du soir. »
Nicoly : « Chaque jour, nous assistions à au moins cinq à sept conférences et nous nous arrêtions en chemin à presque toutes les animations de marque. Il y avait toujours quelque chose à découvrir ou un petit cadeau à recevoir. »
De quels cas primés tirez-vous votre inspiration ?
Eleni : « J’ai trouvé le film Bullet Machine vraiment impressionnant ; il abordait les dangers auxquels sont confrontés les journalistes au Mexique et a remporté l’or dans la catégorie Film Craft. L’idée était peut-être assez simple, mais les émotions et le message étaient puissants. »
Nicoly : « C’était effectivement l’une des campagnes les plus percutantes que nous ayons vues. Pour moi, la campagne « Beat Cancer Off », grande gagnante, s’inscrit également dans cette lignée, avec un message sur le cancer de la prostate présenté de manière humoristique, mais surtout d’une importance vitale. C’était un plaisir de pouvoir discuter après coup avec les créatifs à l’origine de ce concept. »
La presse écrite était également à l’honneur lors de la cérémonie de remise des prix. Quelles marques l’utilisent le mieux ?
Nicoly : « Avec une campagne autour de la Journée de la femme, IKEA Portugal a démontré ce que la presse écrite peut susciter lorsqu’on l’utilise à bon escient. Un simple visuel a suffi pour que le message passe immédiatement auprès du lecteur. IKEA se démarque souvent par des campagnes qui font le lien entre simplicité et émotion. La campagne «Made for Life» a également retenu mon attention. »
Eleni : « En même temps, cela a une nouvelle fois montré toutes les possibilités qu’offrent le papier, les magazines, l’encre… Dans la campagne « The Trojan Fax », Fujifilm a utilisé les caractéristiques de la technologie du fax – le texte s’estompe avec le temps – pour attirer l’attention sur les espèces menacées. Une idée brillante, qui était en fait à portée de main. »
Nicoly : « Cet événement a démontré que la créativité est une source inépuisable. On pense parfois que tout a déjà été fait ou imaginé, mais ce n’est pas vrai. Il reste encore beaucoup à (re)découvrir. »
Eleni : « Et cette quête est un défi très motivant. »
Quels enseignements tirez-vous de Cannes ?
Eleni : « Tout d’abord, que nous devons nous entourer de personnes talentueuses. Quand on se soutient mutuellement, on donne naissance à des créations encore plus impressionnantes. Ensuite, que je veux absolument faire partie de cet univers. Je le savais déjà, mais après StuMPA et les Cannes Lions, mon ambition s’est encore renforcée, si c’est possible. »
Nicoly : « Pour moi aussi, le puzzle s’est mis en place. Je veux avoir une influence positive sur les gens. Je veux devenir une source d’inspiration pour les jeunes créatifs, tout comme l’est aujourd’hui pour moi tout le talent présent au festival. Je veux concourir pour les Lions, collaborer avec mes collègues et être fière des créations que nous réalisons ensemble. Et, je l’espère, changer le monde, ne serait-ce qu’un tout petit peu. »
AVEZ-VOUS DEJA LU CECI ?