En pleine accélération !

Xavier Bouckaert

Le COVID-19 rythmera nos vies pour une troisième année consécutive. La troisième fois est la bonne, si l’on en croit les dernières tendances en matière de symptômes et d’hospitalisations. Nous avons atteint un point de basculement. Nous aurons aussi besoin d’un basculement en 2022 dans les dossiers politiques importants concernant les médias : les droits des éditeurs, la concession pour la distribution des journaux et des magazines, l’accélération numérique en matière de mesure et de connaissance, les investissements opérationnels.

Les accélérations et évolutions de notre secteur médiatique sont directement proportionnelles à celles de la pandémie du COVID. Regroupements, fusions, rachats, nouvelles stratégies sont légion chez les éditeurs, les entreprises de médias et les directions. Ils se traduisent par une recherche d’économies d’échelle, l’union des forces, la répartition des risques, la recherche d’une nouvelle orientation et l’évolution de tous les processus.

La vidéo et l’audio continuent de gagner du terrain. L’actualité se consomme rapidement et numériquement, les journaux deviennent plus fins. Les reportages et les analyses en profondeur ont une durée de vie plus longue et sont davantage lus sur papier. Les éditeurs de journaux et de magazines classiques et leurs équipes rédactionnelles évoluent et s’intègrent les uns aux autres. Les éditeurs de magazines font plus que jamais de l’information sérieuse, et donc numérique. Les éditeurs de journaux produisent des magazines plus épais sous forme de suppléments. Les magazines purs cherchent une nouvelle place et deviennent des bâtisseurs de communauté avec un public fidèle et engagé. Les annonceurs le savent aussi, comme le montrent les réactions que nous avons reçues au cours de l’année écoulée. Dans les négociations pour la distribution des journaux et des magazines aux abonnés, ces messages sont très importants : le papier retrouve sa valeur et restera important.

Cependant, nos investissements numériques doivent encore augmenter. Après tout, la révolution numérique ne fait que commencer. Toute une série de nouvelles possibilités technologiques s’offrent à nous pour mettre nos publications à la disposition du public encore plus rapidement et avec encore plus de qualité sur diverses plateformes et canaux de distribution. Le développement de cette transformation numérique avec le soutien des autorités est donc un projet très important en 2022.

Cette transformation devrait nous permettre de renforcer encore le lien avec notre public fidèle. C’est dans ce lien que réside notre plus grande richesse et le cœur de notre modèle économique.

Il est important que dans les dossiers politiques tels que le Digital Markets Act (DMA) et le Digital Services Act (DSA), les éditeurs et les médias locaux de qualité puissent garder le contrôle de la relation avec ce consommateur et que ce contrôle ne se retrouve pas uniquement entre les mains des grandes plateformes numériques qui détiennent déjà une position dominante aujourd’hui.

Une clé importante pour faire valoir nos droits contre ces grandes plateformes est l’ancrage juridique des droits des éditeurs européens en Belgique, de sorte que les éditeurs disposent enfin d’une base légale pour recevoir une rémunération correcte pour la réutilisation de leurs publications par ces grandes sociétés dominantes. La loi aurait dû être mise en place en juin de l’année dernière et les textes sont prêts pour le débat parlementaire. Cette accélération doit enfin se concrétiser ! Cette année pourrait réellement se révéler être une bonne année.

Xavier Bouckaert

Xavier Bouckaert

Président WE MEDIA

 

 

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