Coronavirus : mesures de soutien dans toute l’Europe

En cette période de crise, la Belgique n’est évidemment pas le seul pays à prendre des mesures pour soutenir son économie, ainsi que la presse d’information. Non seulement les institutions européennes mais aussi plusieurs états ont adopté des mesures afin de soutenir la presse indépendante.

 

L’Europe s’active

Tout d’abord, au niveau européen, le Parlement et la Commission ont reconnu l’importance accrue de lutter contre la désinformation en cette période de crise. Une page spéciale à ce sujet a été lancée sur le site de la Commission.

La Commission a également adopté un encadrement temporaire pour permettre aux Etats membres de soutenir davantage l’économie face à la crise. Celle-ci permet aux Etats membres de multiplier les aides aux entreprises sous diverses formes.

Le Parlement européen a également débloqué une aide de 37 milliards d’euros pour promouvoir les investissements dans les secteurs touchés par la crise et a élargi le champ d’application du fonds de solidarité de 800 millions d’euros qui avait été créé pour aider les pays touchés par les catastrophes naturelles. Celui-ci peut être affecté pour lutter contre la crise sanitaire actuelle.

 

Qu’en est-il des états européens ?

Les États européens ont évidemment tous été très actifs pour prendre des mesures nationales. La plupart portent sur des mesures de soutien via des reports de paiements pour les entreprises, des fonds de crise pour les secteurs les plus touchés et des mesures pour soutenir l’emploi et le chômage temporaire.

En ce qui concerne le secteur de la presse, le gouvernement belge a reconnu le secteur de la presse comme secteur crucial en cette période, permettant aux journalistes et éditeurs d’échapper à certaines mesures de confinement. Ce n’est néanmoins pas le cas de tout le monde. En Autriche et en Pologne, par exemple, des exceptions spécifiques n’ont pas (encore) été prévues pour les journalistes.

Cependant, dans la majorité des pays pour lesquels nous avons pu recueillir des informations, les journalistes sont exemptés des mesures de confinement et les éditeurs peuvent continuer à informer la population. C’est notamment le cas en France, en Allemagne, en Grèce, en Italie, au Portugal, en Serbie, en Espagne et au Royaume-Uni.

 

Certains Etats sont aussi allés plus loin en soutenant le secteur de la presse de manière plus appuyée :

  • En France, un fonds à la hauteur de 22 millions d’euros a été débloqué pour soutenir le secteur culturel ;
  • En Allemagne, ce sont 50 milliards d’euros qui seront affectés aux aides de l’industrie des médias, culturelle et créative ;
  • En Grèce, les supermarchés sont désormais obligés de proposer des journaux d’information à la vente. Le non-respect de cette mesure est passible d’amende ;
  • En Italie, les kiosques de journaux ont reçu la possibilité de déduire un montant de 4.000 euros pour couvrir leurs frais et les éventuelles livraisons.

 

Sur une note plus négative, en Espagne, les éditeurs ne se sont pas vu reconnaître le droit de faire usage du chômage temporaire pour leurs employés (au contraire de la Belgique). Nettement plus inquiétant, en Hongrie, le Premier ministre Orban s’est vu attribuer des pouvoirs spéciaux d’urgence. Parmi celles-ci, une possibilité d’emprisonner 2 à 5 ans les journalistes qui relaient des fausses informations à propos du coronavirus, alors que le Premier ministre accuse très régulièrement les rares médias indépendants du pays d’être des médias ‘fake news’. On peut donc craindre que la simple critique de la gestion de la crise par le gouvernement soit qualifiée de fake news et mène à des peines de prison pour les journalistes.

Comme on peut le constater, tous les pays prévoient des mesures afin de soutenir (ou non) le secteur de la presse en ces temps de crise. WE MEDIA rappelle que les médias demeurent un secteur crucial et, qu’à ce titre, les mesures de soutien sont très importantes afin que ce service puisse continuer à être exercé pleinement et efficacement.

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