Peter et Febe Ampe : père et fille ensemble aux Lions de Cannes

Peter Ampe Febe Ampe

L’un y était – au pif – pour la 22e fois, l’autre pour la première. Fin juin, le père, Peter Ampe (FamousGrey), et sa fille, Febe Ampe (lauréate aux StuMPA), se sont rendus ensemble aux Lions de Cannes et y ont tous deux fait le plein d’énergie. « Sans le savoir, Febe a aussi été élevée par des slogans publicitaires. »

Bien qu’ils aient tous les deux passé la semaine quasi entière sur la Croisette à l’occasion des Lions de Cannes (du 19 au 23 juin), Peter et Febe Ampe ne se sont vus que le temps de l’un ou l’autre repas le soir. Cela avait beaucoup à voir avec leurs programmes respectifs. En effet, Peter officiait comme juré dans la catégorie des Brand Experience & Activation Lions. En plus, il donnait une présentation sur la façon dont la neurodiversité peut conduire à une plus grande créativité dans les agences et les sociétés (suite au livre ‘Abnormaal goed’, co-écrit avec Emily Rammant). Febe, quant à elle, était une des lauréates des StuMPA et s’est ainsi vu offrir la chance de vivre son premier Festival de Cannes, des débats sur les remises de prix aux fameux drinks et fêtes de tous genres.

Un boost d’énergie

Malgré un père ayant déjà vécu l’événement à plus de 20 reprises, Febe ne s’était pas vraiment préparée à l’expérience. « J’ai voulu être surprise et j’ai choisi de ne pas demander trop d’informations à l’avance à mon père. Il n’y a que chez mes collègues où j’effectuais mon stage que je me suis rapidement renseignée. Avant, je savais que mon papa partait pour Cannes, mais il ne me racontait qu’occasionnellement comment les choses se passaient là-bas. »

Ce fut pour Febe un périple inoubliable, qui lui a procuré un boost d’énergie. « Je viens d’obtenir mon diplôme et j’ai maintenant une énorme envie de faire du meilleur boulot. Je veux aussi accrocher le podium. Surtout maintenant que je remarque que ce secteur devient bien plus inclusif et gagne en pertinence sociétale. »

Ne pas simplement être spectateur

Dans ce sens, son expérience ne diffère pas beaucoup de la façon dont son père a vécu son premier Festival de Cannes. « Si je me souviens bien, mon premier badge date de 1997. Ce que j’avais à chaque fois ces années-là, c’était une dose d’énergie gigantesque quand je rentrais chez moi. Ce fut encore le cas cette année. Il y en a assez pour carburer pendant trois mois… »

Père et fille partagent aussi de l’ambition. « Ce que peut faire le reste du monde, nous le pouvons aussi. Allons pour des Lions et non pour être un des nombreux spectateurs. Telle était ma réaction après mes premiers Lions de Cannes », raconte Peter.

Durant toutes ces années, il estime d’ailleurs que peu de choses ont changé. « Mis à part la musique et le nombre de catégories », dit-il. Avant, les Chemical Brothers venaient prendre place derrière la console, aujourd’hui c’est A$AP Rocky qui vient se produire. Quand j’ai remporté mon premier Lion, il y avait 3 catégories ; aujourd’hui, il y en a bien plus. Les règles du jeu ont quelque peu changé, mais le jeu est toujours le même. »

Son propre chemin

Mais bon, les seuls moments où le père et la fille se sont donc vus durant l’édition passée, c’était certains soirs, autour d’un repas. « Moi, j’ai trouvé ça très sympa à chaque fois », dit Febe à ce sujet. Il me racontait de quel œil il voyait certaines campagnes, me donnait quelques indications sur la façon dont le jury se prononce et me confiait ce qu’il en retire. »

Il s’avère que ces moments ont été rares. Peter et Febe s’entretiennent en effet rarement sur le métier de la publicité. « Je n’en ai délibérément jamais beaucoup parlé », dit Peter. J’estimais qu’elle devait le découvrir par elle-même, si elle le souhaitait ; qu’elle devait tracer sa propre voie. Et c’est ce qu’elle est en train de faire. »

« En fait, c’est même le contraire », poursuit le Creative Partner chez FamousGrey. « Je veux surtout apprendre de ma fille et de ses pairs. Je suis curieux de connaître leurs idées, leurs normes et leurs valeurs. Ils peuvent donner une nouvelle bouffée d’oxygène à notre métier. »

Having potential is great when you’re 12

« C’est vrai ce que dit papa », confirme Febe. « Il ne m’a jamais poussée à me lancer dans la publicité. Et je choisis de ne jamais connaître son avis préalablement. Quand je devais préparer un travail pour l’école, je ne lui montrais mon idée que par après. Je ne veux pas qu’on me connaisse comme la fille de Peter Ampe ; je suis Febe Ampe. »

Et au père de conclure : « C’est justement pour cette raison que je ne l’ai ni retenue de rentrer dans la publicité, ni vraiment embrassé sa démarche. Quoique… Quand j’y pense aujourd’hui, je dois constater que j’ai quand même élevé Febe avec des slogans publicitaires aussi. Un de ces slogans qu’il m’arrivait de citer était ‘having potential is great when you’re 12’ de The Economist. Elle le connaît toujours par cœur. Quand on a un talent, je trouve qu’on doit aussi s’en servir. » Après cette première expérience cannoise, il n’y a pas de doute que tout ira bien…

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