Le CDJ fête ses 10 ans et regarde vers l’avenir

Le Conseil de déontologie journalistique a célébré ses 10 ans les 21 et 22 janvier derniers via un colloque de deux jours qui a mis à l’honneur la déontologie et le travail journalistique belge, ainsi qu’européen. L’occasion de faire le bilan, mais aussi de regarder vers l’avenir.

L’International Press Center de Bruxelles a donc accueilli deux jours de séminaire interactif, sur divers sujets, animé par divers intervenants belges et étrangers. Le premier jour a vu se tenir la séance inaugurale, ainsi qu’un Conseil de déontologie fictif. Grande première dans l’histoire du CDJ, le public a donc pu assister à une « réunion » de l’instance afin de comprendre son fonctionnement, les enjeux soulevés et les questions cruciales sur lequel le Conseil se prononce. Le public a également eu l’occasion de voter sur la décision à prendre sur la plainte (fictive, elle aussi), rendant la réunion interactive.

Le deuxième jour a été animé par plusieurs tables de discussion autour de sujets variés ayant un point commun : le futur de la déontologie journalistique. On a notamment discuté de l’intégration de la déontologie au sein des rédactions, des pressions sur les journalistes et leurs sources et des Conseils de presse face aux nouvelles technologies. Différents intervenants de pays voisins ont également permis de mettre le système belge en perspective avec d’autres comme la Suisse, la Suède, la Hongrie, la France, la Finlande ou l’Albanie.

Il est clair que la déontologie journalistique a déjà énormément évolué au fil des 10 années d’existence du CDJ, a gagné en notoriété (en témoigne le nombre de plaintes en hausse constante) et s’est nourri de la pratique et de l’apport de ses membres, issus des quatre catégories (journalistes, éditeurs, rédacteurs en chef, société civile). Cette hausse en notoriété a aussi pour résultat une charge de travail toujours plus élevée et un arriéré qui a tendance à se creuser. De plus, le numérique a multiplié le nombre de supports et de contenus et amené une nouvelle manière de « consommer » l’information. Les moyens du CDJ sont aujourd’hui trop limités pour faire face à cette révolution.

Néanmoins, le CDJ demeure un instrument capital car d’une part indépendant et non répressif et, d’autre part animé par la volonté de défendre la qualité déontologique de l’information. Que ce soit pour son rôle sociétal, d’outil au service de la profession, de guide pratique au sein des rédactions et d’instrument de dialogue et de médiation, il est clair que le CDJ a encore de beaux jours devant lui. Il convient maintenant de lui fournir les moyens qui lui sont nécessaires afin qu’il continue à effectuer sa mission le plus efficacement possible.

 

Quelques chiffres :

  •  1006 plaintes reçues depuis sa création (2009)
  • 315 avis rendus
  • 42 plaintes reçues en 2010 à 161 en 2018
  • 7% des plaintes portaient sur le numérique en 2010 à 25% en 2018.

 

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