Interdiction publicité jeux de hasard : les médias belges revendiquent leur responsabilité

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L’AR introduisant une nouvelle interdiction de la publicité pour les jeux de hasard reste controversé. L’AR publié le 8 mars contient une interdiction totale pour notre marché belge habituel. Plusieurs secteurs sportifs, les médias et même la commission des jeux de hasard émettent des réserves. L’AR n’est pas une solution au problème des jeux de hasard, il est juridiquement incorrect et a des conséquences sociales majeures. Les médias belges en revendiquent leur responsabilité.

L’AR interdit les spots publicitaires à la télévision, à la radio et dans les salles de cinéma, les publicités et la vidéo-publicité sur les sites web, les canaux numériques et les plateformes de médias sociaux, les publicités dans les magazines ou les journaux, les affiches publicitaires dans les lieux publics, la publicité personnalisée par courrier, la poste, les services de messagerie, les SMS ou les médias sociaux, ainsi que tous les imprimés publicitaires. L’initiative du ministre de la justice Van Quickenborne a été prise sans consulter sa propre commission des jeux de hasard, ni les médias, ni le secteur sportif.

Le secteur sportif a déjà annoncé une action en justice contre la législation et il est plus que probable que d’autres parties intenteront des actions en justice.

L’interdiction totale va complètement à l’encontre de l’objectif de lutte contre la dépendance au jeu. C’est également l’avis de la Commission des jeux de hasard, l’autorité de régulation du secteur. La politique actuelle d’octroi de licences aux opérateurs légaux sert d’exemple à l’étranger. Le véritable problème réside dans le tsunami d’opérateurs et de fournisseurs illégaux qui ne respectent pas les règles censées freiner la dépendance au jeu. Cette maffia du jeu doit être combattue, mais  non pas en refusant aux prestataires légaux la possibilité de faire de la publicité.

L’impact sur les consommateurs est désastreux

Par ailleurs, l’impact sur les consommateurs belges est désastreux. L’interdiction de la publicité dans les médias traditionnels entraînera une abondance de publicité en ligne, car il est difficile de la freiner. Et c’est là que les consommateurs sont le moins protégés et le plus confrontés à des fournisseurs illégaux incontrôlés.

Les médias belges verront également disparaître des revenus cruciaux, ce qui placera tous les matchs sportifs importants derrière le « pay wall », et il sera de plus en plus difficile d’investir dans une couverture journalistique des événements sportifs.

Les médias belges revendiquent un rôle responsable et, à l’instar du secteur sportif, préconisent la création conjointe d’un cadre pour la mise en œuvre de politiques susceptibles de protéger les consommateurs de la dépendance au jeu.

Nous proposons le développement d’un cadre d’autorégulation avec des règles substantielles et sous la supervision de la Commission des jeux de hasard en coopération avec le Centre de la Communication et le Jury d’éthique publicitaire (JEP).

Les médias belges veulent mettre un terme à la publicité classique telle qu’elle figure dans l’AR du ministre et la limiter à toutes les formules existantes de sponsoring, et ce uniquement avec un logo et une baseline qui ne doivent pas encourager directement le jeu. Le consommateur sera ainsi orienté vers l’offre légale sans que la publicité n’alimente l’addiction. Cette mesure réduira de 90% la capacité publicitaire pour les jeux de hasard.

En outre, les médias belges souhaitent investir 20% des recettes provenant des jeux de hasard en ligne autorisés dans des campagnes de sensibilisation qui seront obligatoires pour chaque message publicitaire. Les médias souhaitent développer ces campagnes en concertation avec la Commission des jeux de hasard et le Centre de communication.

Contrairement à une interdiction totale, ces mesures auront un impact sur la lutte contre la publicité pour les jeux de hasard.

Notre secteur continuera à faire pression pour une meilleure réglementation qui trouve le juste équilibre dans la lutte contre l’addiction au jeu de hasard et l’utilisation responsable de la publicité pour ces jeux de hasard.

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