Halewijn en bonne voie vers l’intégration « print-digital »

Complémentarité accrue entre print et digital, élargissement du lectorat… les projets sont nombreux et stratégiques pour Laurence Festraets, arrivée en août dernier au poste de CEO des Editions Halewijn et éditrice de l’hebdomadaire « Kerk & Leven » – pendant des décennies le magazine le plus lu en Flandres – ainsi que du site web « kerknet.be ».

Halewijn est actif tant sur le web que dans un journal papier. Comment s’articulent ces deux supports ?

Ces deux types de support sont complémentaires. Les gens accordent de l’importance au papier si celui-ci présente des articles de fond, qui approfondissent tel ou tel sujet. De plus, le journal papier permet une expérience différente: on dépose la publication sur la table de salon, puis on y revient pour poursuivre sa lecture, par exemple. Au contraire, le digital est, lui, davantage adapté à une actualité plus chaude et immédiate, qui se consomme dans l’instant.

Le digital permet-il aussi de toucher une autre tranche d’âge que le papier ?

Notre hebdomadaire touche effectivement un lectorat plus âgé, alors que le digital devient la porte d’entrée privilégiée vers notre univers si on vise à rajeunir le lectorat. Raison pour laquelle il faut donc développer ce fameux axe « cross-media »: le « digital first » pour la réactivité, puis le papier pour l’approfondissement.

Cet axe « cross-media » est neuf chez Halewijn. Quelles en ont été les étapes initiales ?

Nous avons fusionné les rédaction web et papier. Nous n’envoyons plus deux journalistes sur un même événement, mais un seul. Qui se charge des aspects digitaux « en temps réel », puis d’un article-papier pour développer le sujet.

Et puis, un changement de vocabulaire s’est aussi opéré dans la foulée…

De fait ! On ne parle plus d’« abonnement », mais bien de « relation-client » !

Après la fusion des rédactions, quelles sont les étapes suivantes de l’intégration digital et print ?

Nous allons travailler encore davantage sur notre identité et sur les valeurs communes entre print et digital. Puis, aussi, travailler sur nos spécificités.

Quelles sont-elles ?

Notre journal qui compte 132.000 abonnés est décliné en 360 éditions différentes par semaine, qui se différencient sur le terrain de l’actualité locale. Par ailleurs, je classerais les thématiques suivies par notre public en trois catégories: l’Eglise, la spiritualité, et les sujets de société. Nos lecteurs sont également très friands des sujets liés au patrimoine.

La désaffection des églises exerce-t-elle un impact négatif sur la diffusion du journal ?

Oui, dans le sens où la baisse de fréquentation des églises impacte directement notre diffusion. De là cette nécessité de se tourner vers de nouvelles cibles et de trouver d’autres angles d’attaque, en passant notamment par le digital.

Cette multiplication des « angles d’attaque » va-t-elle aussi permettre d’attirer les annonceurs ?

Aujourd’hui, notre site compte 245.000 visiteurs uniques par mois, mais n’est pas encore enregistré au CIM. Une fois qu’il le sera, oui, l’objectif sera d’attirer des annonceurs, bien que notre modèle ne soit pas dépendant de la publicité. Le journal est depuis longtemps commercialisé.

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