Et si plus personne ne cliquait sur votre site ?

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Le train de l’IA file à vive allure et modifie considérablement la manière dont les gens recherchent des informations. La « recherche zéro » fait son apparition et les éditeurs de magazines doivent en tenir compte.

‘AI search ends for news, here is what’s next’. C’est le titre révélateur du dernier rapport de l’INMA. La fédération internationale des éditeurs de presse y décrit l’évolution rapide des moteurs de recherche. Ceux-ci, Google en tête, voient leur part de marché diminuer rapidement. Selon Statcounter, en mars 2025, la part de marché de Google est tombée sous la barre des 90 % pour la première fois en dix ans. Cela indique que les alternatives grignotent rapidement la portée du moteur de recherche.

Et pour Paula Felps, l’autrice du dernier rapport de l’INMA, ce n’est que le début. Elle s’attend à ce que la portée de la recherche organique soit réduite à presque zéro dans les deux ou trois prochaines années.

L’IA comme cause

La cause ? Les gens choisissent plus en plus de s’informer à partir de résumés et de réponses générés par l’IA. Déjà à l’heure actuelle, plus de la moitié des recherches n’aboutissent plus à un clic sur le site web original où se trouve l’information. Bientôt, ce ne seront donc plus des moteurs de recherche, mais des assistants personnels qui répondront à nos questions.

Cette nouvelle réalité, appelée « zero-search » ou « zero-click », est initiée par Google lui-même. Avec AI Overview (AIO) – qui a récemment commencé à fonctionner en Belgique – le géant fournit désormais ses propres réponses approfondies basées sur des requêtes de recherche qui contiennent également du contexte. Les AIO occupent pratiquement la moitié de l’écran, ce qui rend inutile, voire difficile, de cliquer sur un site web.

L’impact sur les éditeurs n’est pas négligeable

Selon le rapport de l’INMA, cette évolution a des conséquences majeures pour les éditeurs, même si la manière dont elle devrait être réglementée en termes de droits d’auteur n’est pas encore tout à fait claire. Un tiers des éditeurs de presse sont menacés de perturbation parce qu’ils n’utilisent pas suffisamment les formules d’abonnement en ligne ou parce qu’ils dépendent trop du trafic provenant de la recherche (qui est compensé par les recettes publicitaires). Pour les éditeurs de niche, les risques seraient encore plus grands. En effet, ils dépendent d’un contenu intemporel et hautement spécialisé générant une part proportionnellement importante de leur trafic. Et c’est précisément ce type de contenu que l’on trouve souvent dans les moteurs de recherche.

Un autre risque, moins immédiat, est la notoriété de marque des magazines. Toute personne effectuant une recherche et tombant sur la marque d’un magazine parmi les réponses commencera avec le temps à connaître cette marque et à la considérer comme un gage de confiance. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, puisque la source n’est pas explicitement mentionnée.

La solution ? Elle n’est pas simple. D’une part, il est clair que la dépendance à l’égard d’un seul canal pour le trafic constitue un risque. Un éventail aussi large que possible de canaux utilisés par le public cible éliminera une partie de ce risque. Remarque : il existe également une tendance au « zero-click » dans les médias sociaux.

D’autre part, une partie de la solution réside dans l’intensification des relations directes avec votre public. Les newsletters, les applications et les plateformes propres peuvent y contribuer. Mais, bien sûr, ils ne fournissent pas un afflux de nouveaux contacts intéressés (puisqu’ils s’adressent essentiellement à des contacts déjà existants).

Quoi qu’il en soit, l’évolution de l’IA est si rapide qu’il est important de rester constamment à l’écoute et d’essayer d’anticiper les évolutions futures.

Télécharger le rapport (gratuit pour les membres de l’INMA uniquement) : https://www.inma.org/report/as-search-ends-for-news-here-is-whats-next

AVEZ-VOUS DÉJÀ LU CECI ?