« En Belgique, nous discutons des tendances majeures dans le média magazine, mais notre petite taille fait que, souvent, nous devons être encore plus inventifs et rentables. » Cette année, Karen Hellemans, directrice de publication chez Roularta et rédactrice en chef de Libelle, a assisté au congrès magazine FIPP. Nous avons cherché à savoir ce qui l’avait marquée.
« Un boost », répond Karen Hellemans quand on lui demande ce que le congrès FIPP lui a procuré. « À chaque fois, je fais le plein d’énergie en entendant ce qui occupe les collègues d’autres pays et en participant aux discussions en marge de l’événement. »
Ce n’était en effet pas la première fois que Karen Hellemans assistait au congrès magazine FIPP. « Avant, il y avait un congrès numérique et un congrès mondial », se souvient-elle. « L’un à Berlin, tandis que l’autre voyageait, faisant entre autres escale à Rome. Maintenant, ils ont apparemment fusionné. »
Les grandes tendances sur le radar en Belgique
Cette année, aux yeux de Karen Hellemans, le congrès s’est surtout placé sous le signe de tendances qui se dessinent depuis quelque temps déjà, telles que la data, les abonnements numériques et l’inclusion et la diversité. « J’ai été frappée par le fait qu’en Belgique nous avons toutes ces évolutions sur le radar », dit-elle. « Nous en discutons, évaluons les pros et les contres, sommes assurément tous préoccupés par elles, mais de par notre échelle plus modeste il existe tout de même aussi des différences avec d’autres pays. Nous sommes obligés d’être encore plus inventifs, plus efficaces aussi en termes de coûts. Comme défis majeurs, je vois la protection de la valeur du contenu dans un paysage médiatique qui évolue de plus en plus rapidement et l’attraction de talents, surtout pour les développements numériques auxquels nous sommes confrontés en tant que secteur. »
Google aux amphétamines
Un sujet que nous n’avions pas encore cité sortait évidemment du lot lors du congrès FIPP : l’IA. « J’ai suivi un tas de sessions dédiées à l’intelligence artificielle lors de cette édition », dit la directrice de publication et rédactrice en chef à ce sujet. « C’est une nouvelle évolution majeure dans les médias, qui nous oblige à penser différemment. Dans ce contexte, une citation de Juan Señor me reste à l’esprit : ‘This time we’ve gotta get it right’. Il y a vingt ans, les médias ont commis l’erreur de trop mettre leur contenu à disposition gratuitement. Aujourd’hui, il est important que nous protégions le contenu. L’IA ne peut être utile que sur base du contenu. Selon Señor, l’IA est basée pour un tiers sur l’input de créateurs de médias, pour un tiers sur les informations de Wikipedia et pour un tiers sur des études académiques. Señor a ajouté le conseil important de ne pas se précipiter. Ne pas faire vite, mais bien, telle est sa devise. Enfin, il m’est resté la considération que l’IA fonctionne sur la base d’informations déjà publiées. Google aux amphétamines, a dit un des orateurs. À nous d’étudier où nous pouvons faire la différence avec une machine. »
Le lecteur au centre
Cette fois encore, les technologies sont donc au cœur du congrès FIPP. « Ces nouvelles technologies sont toutefois ni plus, ni moins que des ressources qui nous aident à encore mieux accomplir notre tâche principale, qui est de satisfaire aux attentes de nos lecteurs », conclut Karen Hellemans. « Le lecteur trouve-t-il que notre contenu a de la valeur ? Nous fait-il confiance ? Le lecteur a-t-il une bonne relation avec nous ? Tout ce qui peut aider dans ce sens, nous devons l’embrasser. »
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