L’IA sonne-t-elle le glas des magazines ? Ou le début d’une renaissance ? C’est la question que se pose Florent Diverchy, Marketing Intelligence Manager chez Produpress/Azerion et membre du conseil d’administration de WE MEDIA.
Une relation d’amour-haine. On ne saurait mieux décrire l’attitude des éditeurs vis-à-vis de l’IA. Pour beaucoup, le côté sombre de la situation saute aux yeux. Alors que jusqu’à présent les éditeurs cherchaient à survivre dans un contexte numérique où les moteurs de recherche s’emparaient d’une grande partie de leur contenu, l’IA crée une situation encore plus complexe.
Les moteurs de recherche peuvent désormais simplement combiner des pans entiers de contenu dans leurs réponses. Pensez à Google qui utilise l’IA pour créer une réponse basée sur de multiples sources, ce qui rend inutile de cliquer sur des liens. WE MEDIA a récemment publié un article stupéfiant montrant que les éditeurs subissent une baisse considérable du trafic sur leurs sites depuis l’avènement d’AI Overview. En ligne, des pourcentages allant de 30 à 70 % circulent.
La question est bien sûr de savoir si les éditeurs seront rémunérés pour leur contenu. Et si oui, comment ? La rémunération se fera-t-elle par le biais des droits voisins ? Une société de gestion collective telle que Reprobel assurera-t-elle la collecte ? Ou n’y aura-t-il rien du tout ?
Mais le tableau n’est pas entièrement noir. L’IA offre également aux éditeurs la possibilité – enfin ? – de s’engager pleinement dans le liquid content. L’avenir n’appartient plus aux types de médias, mais aux médias qui parviennent à être présents sur le plus grand nombre de canaux possible, là où se trouve leur public cible.
Et soyons honnêtes, les magazines ne sont pas les meilleurs élèves de la classe. Certains ont franchi le pas du numérique un peu mieux que d’autres, et dans le domaine de l’événementiel, il y a des réalisations impressionnantes, mais au-delà ?
C’est pourquoi je trouve l’évolution des podcasts si intéressante. Pour la première fois, de nouveaux médias rentrent en concurrence les uns avec les autres : les stations de radio et de télévision ainsi que la presse y voient un moyen de distribuer leur contenu d’une manière différente pour toucher davantage de personnes.
Et c’est là que les éditeurs peuvent capitaliser sur les opportunités de l’IA. Un outil d’IA qui convertit un texte en langage parlé, par exemple. À l’étranger, des éditeurs comme la BBC font déjà de grands progrès dans ce domaine.
Mais je vois aussi des initiatives naître dans notre pays. C’est ce qui est ressorti de MIX Flanders, la journée d’inspiration organisée récemment par le gouvernement flamand pour faire le point sur les projets médiatiques soutenus par le programme Vlaamse Veerkracht. Podgrond vise à devenir un portail pour tous les podcasts flamands, tandis que Vlaamse Voice développe un outil pour fournir des voix flamandes en synthèse vocale (et non plus les voix néerlandaises qui sont souvent un obstacle au succès en Flandre).
Mon conseil aux éditeurs ? Suivre de près ces évolutions et y participer dans la mesure du possible. Expérimentez ! Ce sera un outil utile pour faire connaître les magazines et les marques magazines aux jeunes. En effet, ce n’est qu’après avoir réussi à regénérer une notoriété vers ce public jeune que l’on pourra commencer à les convertir vers nos médias.
Chez Produpress, nous découpons nos vidéos d’essais de voitures avec l’IA pour les poster sur TikTok. Récemment, une vidéo a ainsi été visionnée plus de 3 millions de fois. 3 millions de personnes qui interagissent avec Le Moniteur Automobile
Cela prouve que l’IA peut être un outil indispensable dans la quête d’innovation des éditeurs de magazines. Et comme le gouvernement soutient activement ces projets innovatifs, n’hésitez plus. Lancez-vous !
Curieux de connaître l’avis de Bruno Koninckx sur l’innovation dans le secteur des magazines ? Cliquez ICI.
AVEZ-VOUS DEJA LU CECI ?