« Tant que le Belge aura une brique dans le ventre, l’avenir de notre plateforme sera assuré »

Soetkin De Vreese

Un magazine, un site Web, une chaîne TV, des médias sociaux, des packs éducationnels numériques et, bientôt, des livres. Soetkin De Vreeze est la rédactrice en chef de ce qui est sans doute la marque média la plus multimédia dans notre pays. Faites connaissance avec Dobbit, et avec sa rédac’ chef.

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Un magazine B2C chez un éditeur B2B. Une des marques média les plus multimédia que compte notre pays. Un acteur national qui opère depuis une maison d’édition à Zedelgem. Il y a d’innombrables raisons qui font que Dobbit n’est pas un titre comme les autres…

« Professional Media Group (PMG) a été lancé à partir de Dobbit. Les magazines professionnels s’y sont ajoutés, conférant un statut de franc-tireur à Dobbit », explique Soetkin, qui depuis six ans déjà tient les rênes du magazine, de la chaîne TV, du site Web et des canaux de médias sociaux. « C’est toujours un franc-tireur au sein de la maison d’édition. J’estime qu’il représente quelque 20 % du chiffre d’affaires, et 10 à 15 % du personnel. De plus, c’est notre titre le plus connu auprès du grand public. »

À l’origine, Dobbit était destiné aux bricoleurs, mais entre-temps le titre s’est développé en une plateforme pour constructeurs et rénovateurs. Depuis peu, son approche a encore été élargie à l’entretien de la maison et de ses appareils. Soetkin De Vreese : « Beaucoup de gens ne connaissent plus le b.a.-ba domestique. Avant, ça se transmettait au sein de la famille. Aujourd’hui, c’est beaucoup moins le cas. »

Échange de contenus

Le fait que Dobbit fait partie du portefeuille d’un éditeur B2B a aussi ses avantages.  « Nous sommes en mesure d’échanger des contenus et des experts », dit une Soetkin De Vreeze enthousiaste. « Certes, il est dommage que nos titres professionnels sont surtout des magazines et des sites Web, mais cela leur donne l’avantage de pouvoir apprendre de nous, par exemple dans le domaine de la vidéo. »

Il est clair que l’échange est au cœur des activités chez PMG. « Au sein des canaux Dobbit, nous nous efforçons aussi de placer toutes les informations sur chaque canal. Ce que nous proposons en vidéo peut aussi paraître en ligne, en version adaptée, ou dans un des 12 magazines professionnels liés à la construction. Nous tâchons ainsi de desservir notre public cible de la meilleure façon qui soit. En fait, il s’agit là d’un des aspects principaux de mon job. »

Une audience de 260.000

Ce public cible est d’ailleurs assez grand. Via ses différents canaux, Dobbit touche en permanence quelque 260.000 constructeurs et rénovateurs actifs, et ce, tant dans le nord que dans le sud du pays.

Ce nombre est relativement stable, même s’il y a des fluctuations en fonction du canal. Soetkin De Vreese : « Ces dernières années, Dobbit TV a connu une croissance relative, le nombre d’abonnés du magazine est resté stable et la vente au numéro a affiché une légère tendance à la baisse. Nous la compensons cependant en croissant en ligne. »

Là où, jadis, le contenu en ligne était gratuit, Dobbit travaille depuis quelques années avec des abonnements, qui combinent souvent le print et l’on-line.

Bientôt des livres

Dobbit est une des marques média les plus diversifiées en Belgique. À partir de 2022, d’autres canaux pourraient encore venir s’y ajouter. « Nous publierons bientôt nos deux premiers livres », raconte Soetkin De Vreese. « Un article éclaire une seule facette d’un sujet donné et dans un magazine on peut relever un segment spécifique, mais un livre vous permet de décortiquer tout un thème de A à Z. »

En outre, Dobbit vend ses plans par étapes à la pièce et pour les écoles techniques aussi il y a une offre de packs éducationnels numériques que les professeurs peuvent créer eux-mêmes. Enfin, Dobbit fournit aussi du contenu à des parties externes.

Son propre projet de rénovation

Il est temps de s’intéresser de plus près à Soetkin De Vreese, qui travaille chez PMG depuis une dizaine d’années. Après ses débuts en ‘sales’, elle a évolué vers le marketing, pour ensuite passer du côté rédactionnel, d’abord en tant qu’assistante, puis comme rédactrice en chef.

« Je suis de nature très curieuse », dit-elle pour expliquer sa prédilection pour un rôle rédactionnel. « J’adore donc apprendre de nouvelles choses sans cesse, et avoir la possibilité de les partager. Cela me fait très plaisir lorsqu’on me présente des problèmes du genre ‘nous sommes en train de faire telle chose, mais ne savons pas vraiment comment nous y prendre’ et de pouvoir aider sur base de ces interrogations. »

Il n’était pas nécessairement écrit dans les étoiles que sa curiosité la mènerait à la construction, même si, avec le recul, certaines choses semblaient prédestinées. « Mon grand-père était entrepreneur », dit Soetkin, « et dans ma famille, bon nombre de gens travaillent toujours ‘dans le bâtiment’. Moi-même, j’ai récemment acheté une maison, que je suis en train de rénover. »

Les médias de construction restent nécessaires

Pour elle, son avenir ne se situe pas nécessairement dans les médias de construction, mais la diversité des canaux média est bel et bien une condition sine qua non. « Cette interaction entre les canaux m’est vraiment indispensable. »

Quant à savoir s’il existe beaucoup de jobs pouvant offrir une telle diversité, ça c’est bien sûr une autre question. la concentration des médias a aussi frappé Soetkin De Vreeze. « Il se passe sans doute plus, mais avec moins de gens. La demande de contenu, elle, ne diminue pas. »

Cette concentration se voit aussi dans la niche de la construction. En décembre 2021, Je vais construire sort son dernier numéro. Du coup, il ne reste plus que Livios, Gael Maison (tous deux chez DPG Media) et Dobbit. Soetkin De Vreese espère que la concurrence sera maintenue (« Elle vous permet de rester affûtée ») et reste optimiste à propos du futur de l’information dédiée à la construction.  « Plusieurs éléments sont en jeu », dit-elle. « Construire devient plus complexe, ce qui fait que l’on aura sans doute davantage besoin de connaissances techniques spécialisées. Du coup, tout devient toutefois tellement cher que le maître d’œuvre se voit de plus en plus souvent obligé de mettre la main à la pâte ou, à tout le moins, d’avoir les connaissances techniques nécessaires pour savoir comment un professionnel s’y prend. Il y a de toute façon aussi un tas d’amateurs qui aiment tout simplement bricoler. Tant que le Belge aura une brique dans le ventre, on sera dans le bon. »

Dobbit rédactrice en chef / hoofdredacteur Soetkin De Vreese
Soetkin De Vreeze, rédactrice en chef Dobbit

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