Les médias sociaux en tant que source d’information : paradoxal et inévitable

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En Belgique et aux Pays-Bas, la confiance dans les médias est grande comparée à certains autres pays européens (occidentaux). Aux quatre coins de l’Europe, les plateformes de médias sociaux suscitent le moins de confiance chez les gens, mais entre-temps leur utilisation à des fins d’information ne cesse de croître, surtout chez les jeunes. Dans son Digital News Report 2021, Reuters s’est plongé dans le sujet.

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Les jeunes ont une autre façon de gérer les contenus d’information que les moins jeunes. Comme cette génération a grandi ‘branchée médiatiquement’ quasi partout dans le monde, elle dispose d’une large panoplie de sources d’information numériques et ne tient en principe aucun fait d’actualité automatiquement pour vrai.

L’information n’est pas la raison principale

Il ne s’agit toujours que d’une minorité des utilisateurs de médias sociaux (sauf sur Facebook et Twitter) qui consomme l’actualité via ces canaux. Comme l’utilisation des médias sociaux ne cesse de croître globalement et devient intégrale (pensez au commerce social ou connecté), le contact avec l’information, recherché ou non, est un thème majeur pour l’avenir des organisations d’information.

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Rester au courant des dernières nouvelles n’est généralement pas le motif premier de l’utilisation des médias sociaux, confirme Reuters. Les jeunes se servent souvent d’un moteur de recherche pour se rendre sur un site d’information ou rechercher des nouvelles. Ils se rendent rarement directement sur des sites ou des applis d’information. Cela vaut surtout pour ceux qui s’intéressent très peu à l’actualité.

Pour la pertinence sociétale des organisations d’information, toucher ces groupes-là est justement essentiel. Compte tenu du temps que les gens consacrent aux réseaux sociaux et des dangers des fausses informations et de la propagande politique, les journalistes et les organisations d’information doivent trouver des moyens de s’adapter à ces environnements plus informels, affirme Reuters dans le rapport.

Quels médias sociaux les gens utilisent-ils pour suivre l’actualité ?

Dans l’étude de Reuters, Facebook est bien plus souvent cité comme un réseau où les gens tombent sur l’actualité. Un questionnement plus approfondi révèle cependant qu’il ne s’agit généralement pas d’une plateforme où les gens partent à la recherche de l’information. Il s’agit plutôt d’un apprentissage fortuit d’informations pour ensuite y réagir et en débattre.

YouTube est pour beaucoup un endroit où l’on peut trouver des perspectives alternatives ou, simplement, un environnement sympa et divertissant. D’autres réseaux, comme Instagram, Snapchat et TikTok, sont là pour le divertissement et l’amusement, avec – en prime – aussi un brin d’information.

Par contre, Twitter est souvent beaucoup plus perçu comme une destination primaire pour l’information. Dans le monde occidental, la plateforme est beaucoup utilisée par des journalistes et politiciens désireux d’être les premiers à diffuser une information. Du coup, le service attire des utilisateurs mus par un intérêt marqué pour l’actualité. Néanmoins, dans un pays comme le Royaume-Uni il ne s’agit toujours que de 3 % de la population totale à peine qui se sert consciemment de la plateforme à de fins d’information (21 % des utilisateurs Twitter).

Quelles sont les sources qui se défendent bien sur les médias sociaux ?

Tant sur Facebook que sur Twitter, la majorité des consommateurs d’information disent qu’ils sont le plus enclins à prêter de l’attention aux médias et journalistes réguliers. Beaucoup d’utilisateurs apprécient toutefois aussi les perspectives alternatives qu’ils y trouvent.

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Sur YouTube, l’attention est généralement répartie de manière égale entre les sources d’information et de divertissement, dont les célébrités, les politiciens et les gens ordinaires.

Ce sont justement ceux qui ont moins confiance en l’information qui seront plus enclins à rechercher des sources alternatives. Ils prêtent moins d’attention aux émissions d’information régulières.

De quoi s’agit-il ?

Une grande partie de l’information circulant sur Instagram, Snapchat et TikTok est liée à des thèmes comme la sante, la mode et la sexualité. Il s’agit bien moins de sujets d’actualité ‘traditionnels’ comme la politique ou l’économie.

Le focus sur le fun et le divertissement ne signifie pas pour autant que les jeunes ne seraient pas prêts à discuter de choses ‘sérieuses’ sur ces plateformes.  Que du contraire : du changement climatique à Black Lives Matter, il existe beaucoup de jeunes qui se servent de leur créativité pour accroître la prise de conscience autour des problèmes qui les préoccupent.

Influenceurs et célébrités :  bon ou mauvais ?

Les stars et les influenceurs jouent parfois un rôle clé dans ces discussions. Dans le meilleur des cas, ils accroissent la prise de conscience en prenant position sur des questions importantes ; dans le pire des cas, ils diffusent des informations qui sont fausses ou trompeuses.

Il s’avère ainsi qu’ils comptent parmi les diffuseurs principaux d’informations erronées via les médias sociaux sur les vaccins et le lien avec les réseaux 5G, dixit Reuters. L’institut se demande dès lors si, afin d’enrayer cette tendance, les journalistes et les organisations d’information ne pourraient pas jouer un rôle plus important sur ces plateformes.

InstaFactcheck et TikTokNews

Les organisations d’information commencent à saisir l’importance d’une participation aux environnements de médias sociaux. Divers journalistes s’y sont déjà essayés. Le ‘TikTok man’ du Washington Post, Dave Jorgenson, par exemple, crée régulièrement des parodies amusantes liées à l’actualité. Quant au Guardian, il produit sur Instagram le segment ‘Fake or for Real?’, dans lequel un jeune journaliste épluche les affirmations de la semaine à l’aide de la fonctionnalité ‘quiz’ de la plateforme.

Certains réseaux, comme Snapchat, prévoient un espace séparé pour l’information. Sur Instagram et TikTok, par contre, les récits d’information se mélangent aux vidéos et aux images partagées par d’autres utilisateurs. Pour les organisations d’information traditionnelles, cela crée un environnement inhabituel et difficilement navigable.

Comme les algorithmes sont principalement alimentés par la popularité et la pertinence, un contenu doit être très attrayant pour toucher un large public. C’est sans doute encore plus important pour les rédactions qui exploitent activement TikTok (ou qui comptent le faire), où les utilisateurs passent le plus clair de leur temps à ‘feuilleter’ les centaines de vidéos sur la page ‘Pour vous’.

Faire du journalisme sur les médias sociaux peut passer par l’adaptation toute bête de contenus existants à l’aide de nouveaux formats, mais peut aussi demander une toute nouvelle approche avec un contenu sur mesure, un agenda diversifié et plus de liberté rédactionnelle pour de plus jeunes journalistes.

Source : Reuters Digital News Report 2021 

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