Un magazine est le fruit du travail de dizaines de personnes. Outre les gens de la rédaction et du département commercial, il en existe un tas d’autres qui, bien qu’ils s’affairent dans les coulisses, sont essentiels pour le succès d’un titre. Pensez aux collaborateurs d’un institut de formation en interne. Dagmar Faddegon nous entraîne dans les coulisses de Campus DPG Media, qui reste unique en Belgique.
« Notre mission consiste, entre autres, à introduire l’innovation journalistique au sein des rédactions de DPG Media. En fait, la meilleure façon de nous décrire est de dire que nous sommes le centre de formation journalistique. » La parole est à Dagmar Faddegon, Responsable de programme chez Campus DPG Media.
L’institut a été créé en 2012 et est toujours unique dans le paysage média au Benelux. « En matière de formations et de développement, les exigences au sein des entreprises sont toujours plus élevées, en particulier en Belgique », explique Dagmar Faddegon. « C’est la même chose dans les médias. Cependant, l’apprentissage et le développement sont souvent aux mains des RH. Chez DPG Media, le Campus est sous la responsabilité du Directeur journalistique Philippe Remarque. Chez nous, les RH gèrent l’Academy. Celle-ci organise des programmes de formation qui sont pertinents pour chaque division au sein de DPG Media ; outre les rédactions, pensez au marketing, aux ventes et à l’informatique. Il s’agit alors de formations dans les domaines du leadership, de la diversité, ou encore du développement personnel.
Suivre les développements dans le métier
L’an dernier, Campus DPG Media a proposé 150 programmes uniques destinés aux créateurs de médias des canaux concernés. Bon nombre de programmes sont organisés à plusieurs reprises. À cet effet, le Campus peut faire appel à une équipe de huit personnes, dont Dagmar Faddegon.
« Je suis responsable d’une partie de notre offre de formation », dit-elle. « Je veille à rester au parfum des développements dans mon métier et – durant les mois d’été surtout – je discute avec les rédactions en chef pour déterminer où se situent les besoins. » Faddegon se focalise sur les médias d’information néerlandais du groupe, mais aussi sur les magazines et les titres spécialisés.
« Pour vous donner une idée : j’ai moi-même travaillé en tant que créatrice média chez DPG Media et durant cette période, j’ai suivi plus de formations que durant le reste de ma carrière. »
Faciliter le développement, le partage de connaissances et le brainstorming
« Sur la base de tout l’input, nous développons une offre régulière », poursuit Dagmar Faddegon. « Celle-ci court en trois vagues durant l’année. Quiconque est intéressé par une formation, peut s’inscrire. Pour finaliser l’inscription, nous en discutons alors avec son rédacteur ou sa rédactrice en chef. Les programmes varient par exemple de techniques d’interview au montage vidéo via smartphone. En outre, nous organisons des séances d’entraînement sur mesure pour une rédaction ou une partie de celle-ci, et nous recommandons une série de formations. Enfin, les créateurs de médias ont le loisir, chaque mardi midi, de suivre un lunch webinar. » Chacun de ces webinars aborde un thème spécifique, et ce, de manière condensée.
Il s’agit donc d’une offre particulièrement large, dans laquelle chaque créateur de médias de DPG Media peut trouver son bonheur. Faddegon : « Le journalisme ne cesse d’évoluer rapidement et nous estimons qu’il est important d’offrir à notre cible suffisamment de points de référence. Ainsi, les gens peuvent décider par eux-mêmes si certains développements sont pertinents pour le titre pour lequel ils bossent et ils peuvent choisir de s’y atteler eux-mêmes. Depuis quelques années, nous travaillons beaucoup avec la NAT, la Nieuws Analyse Team. Celle-ci s’occupe de la data. Pensez à : quels sont les articles que terminent les gens ? Quels gros titres sont les plus parlants ? Quels sont les articles qui poussent les lecteurs à s’abonner ? Ce type de données est relativement nouveau dans le journalisme. En collaboration avec la NAT, nous partageons nos connaissances dans ce domaine avec les rédactions. »
Dagmar Faddegon estime que dire qu’elle rend les journalistes meilleurs, c’est lui accorder trop de mérite. « Les journalistes s’améliorent eux-mêmes. Moi, je facilite le développement, le partage de connaissances et les brainstormings », clarifie-t-elle. Pour exemple, elle cite la journée d’inspiration à l’attention des concepteurs. Celle-ci est née du constat de carence d’offre pour cette cible, raconte-t-elle. « Cela a donné lieu à un premier événement, auquel ont participé plus de 70 concepteurs. Aujourd’hui, nous planifions aussi des journées d’inspiration pour les journalistes régionaux, les chefs et les créateurs de magazines. »
Adapter le mode de parution
De par son job, Faddegon s’immerge donc quotidiennement dans les magazines en Belgique et aux Pays-Bas. « Je m’efforce d’en suivre un maximum et je dispose dès lors de l’appli magazines tijdschriften.nl », indique-t-elle. « Je n’ai pas d’abonnements individuels, avec pour seule exception Volkskrant Magazine. Je reçois chaque jour le journal par voie digitale, mais le journal du week-end avec le magazine me parvient toujours sur papier. Quel bonheur de pouvoir m’isoler avec ces longs récits et une tasse de café. Les vacances, pour moi, sont également une occasion idéale de plonger dans les magazines. »
Reste la question à 1.000 euros : que pense Dagmar au sujet de l’avenir des magazines ? « Je ne peux pas prédire l’avenir, mais il m’est impossible d’imaginer qu’un jour ils ne seraient plus là », dit-elle. « Des marques comme Libelle, Margriet et Donald Duck sont tellement solides. Je les vois se développer continuellement, par exemple à coups d’applis, d’éditions numériques et d’événements en live. Vtwonen est un bel exemple d’un magazine qui, outre un produit imprimé, dispose aussi d’un programme TV, d’une propre collection et de formations en ligne. J’ai donc toute confiance dans la force et la créativité des créateurs de magazines. »
Dagmar Faddegon termine par une anecdote. « J’ai récemment eu la visite d’un neveu. Subrepticement, il a emporté un numéro de Donald Duck. Ça dit tout, non ? », s’exclame-t-elle en souriant.
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