L’audience des magazines numériques croît fortement aux États-Unis

Aux États-Unis, les éditions digitales des magazines se portent particulièrement bien. C’est ce qui ressort d’une étude récente de Press Gazette. Sur le marché belge des magazines, le mouvement de rattrapage numérique n’en est pas au même point. Mais il semblerait que, chez nous aussi, la recette d’un avenir prospère se fonde sur une interaction entre le physique et le numérique.

L’audience numérique des magazines aux États-Unis progresse fortement, tandis que le print peine quelque peu. Ce sont les principales conclusions que Press Gazette a su tirer d’une analyse des 50 magazines américains majeurs, sur base d’informations émanant de l’Alliance for Audited Media (AAM).

Comparé à la même période en 2021, le nombre de publications numériques des marques étudiées  a crû de pas moins de 28 pour cent dans la première moitié de cette année. Entre-temps, les magazines physiques ont enregistré une baisse de quelque 8 pour cent, mais ils restent importants et continuent à être fort prisés par le public.

Quelle est la situation chez nous ?

En raison de la grande variation entre les titres, il est difficile d’affirmer avec certitude si le marché belge des magazines est logé à la même enseigne ou non. À un niveau plus large, les chiffres CIM révèlent qu’il ne règne en tout cas pas de crise du print en Belgique et il convient donc de taxer la situation de plutôt stable. En ce qui concerne l’audience numérique de l’information en général, il faut souligner que l’effet post-corona complique l’analyse : aujourd’hui, l’énorme boost pour l’on-line qu’a engendré la pandémie en Belgique s’est à nouveau aplani.

Le rapport le plus récent sur la concentration des médias publié par le Régulateur Flamand pour les Médias (VRM) avance que les éditeurs de magazines ont plus difficile à numériser leurs marques que les marques de presse quotidienne. « Les éditions digitales des magazines enregistrent toujours des chiffres de vente considérablement inférieurs. » Fort heureusement, en pensant à des initiatives comme l’appli Mes Magazines de Roularta, le VRM parle d’une perspective plutôt prometteuse pour l’avenir.

Les magazines papier continuent à avoir la cote

Les conclusions d’une étude de marché anglosaxonne de YouGov permettent de jeter une lumière quelque peu différente sur les constats du rapport du VRM et apportent la nuance et la positivité nécessaires : là où, de nos jours, les utilisateurs média préfèrent consommer leur information quotidienne en ligne, les magazines au format papier restent fort prisés. L’expérience lean back unique est même appréciée par bon nombre de jeunes, logiquement la catégorie d’âge la plus numérisée.

Sur le marché belge des lecteurs aussi, le magazine papier traditionnel a toujours la préférence. Dans ce sens, les insights de l’étude de marché sont peu surprenants, car ce n’est évidemment pas un secret que le contenu magazine n’est pas comparable à l’information quotidienne dans les journaux ; il est de fait que les magazines sont consommés d’une autre façon.

Le terme ‘magazine’ est-il toujours approprié ?

L’édition multiplateforme semble donc être l’avenir des éditeurs, et ils en sont aussi conscients : une étude de la Professional Publishers Association a démontré que la grande majorité d’entre eux estime que ‘magazine’ est un label trop réducteur et donc lacunaire pour couvrir leurs activités.

L’automne dernier dans Trends, Philippe Belpaire, General Manager du leader belge du marché, Roularta Media Group, a lui aussi relevé l’importance de l’interaction entre le physique et le numérique. « Le print, qui vise le confort du lecteur, reste provisoirement la clé de l’audience. Dans quelques années, la balance pourrait toutefois basculer complètement en faveur de l’audience digitale. En combinant les deux, nous y sommes déjà préparés. »

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