2020 fut certainement l’année de l’accélération numérique pour nos magazines grand public. Le coronavirus nous a infligé de sérieux coups, mais, au final, nous a rendus plus indépendants. Le coup dur a surtout été porté aux recettes publicitaires, dont la chute a atteint jusqu’à 40% certains mois. Les annonceurs ont investi encore plus dans les grandes entreprises technologiques où les prix sont tout simplement plus bas, même si la qualité du contact y est manifestement inférieure. Néanmoins, cette crise nous a aussi rendus plus résistants. Le mouvement de masse des consommateurs vers les canaux numériques a poussé nos entreprises à adopter encore plus rapidement les innovations et les investissements numériques. Sur le marché des lecteurs, cela a entraîné une forte augmentation des abonnés. Pour de nombreux groupes de presse, les revenus du marché des lecteurs sont déjà plus élevés que ceux de la publicité, même si cela ne compense pas encore les pertes dues au déclin de cette dernière. Cette évolution rend nos éditeurs moins dépendants du marché publicitaire.
Les consommateurs pourront certainement compter sur une flexibilité et une qualité encore plus grandes de la part des éditeurs à l’avenir, grâce à une combinaison encore meilleure de publications numériques et imprimées.

XAVIER BOUCKAERT – PRÉSIDENT DÉPARTEMENT B2C

LEO VAN DORSSELAER – PRÉSIDENT BUREAU SPECIAL INTERES
Pour les éditeurs de magazines Special Interest, il est évident que 2020 ne fut pas une année fructueuse. Nos éditeurs sont généralement de petites entreprises dont le chiffre d’affaires et les ressources sont assez limités, qui ne sont pas en mesure de réaliser à la vitesse de l’éclair les grands investissements nécessaires à la numérisation. Par ailleurs, pour les produits de la presse spécialisée, le numérique n’est pas toujours la forme de publication privilégiée par le public. En conséquence, notre secteur a beaucoup souffert de la chute des investissements publicitaires qui constituent toujours une part importante de notre modèle économique. Heureusement, nous avons un lectorat fidèle et stable qui ne cesse de croître. Le grand défi pour notre secteur reste de trouver de nouvelles formes de distribution et de nouveaux canaux de promotion dans lesquels combiner nos forces et nos ressources. Nous étudions également les initiatives gouvernementales visant à soutenir les éditeurs dans leur besoin de numérisation.