Un « Eventail » de bonnes raisons qui ont allégé la crise !

Ce n’est pas que le magazine « L’Eventail » ne connait pas la crise de la presse, mais son impact sur ce titre est en tout cas limité, entre autres grâce à son nouveau site. Explications avec Martin Boonen, Rédacteur en Chef Digital de ces pages qui déclinent art de vivre et goût du luxe avec toute une série de thématiques aussi diverses que variées.

Dans un contexte où la presse magazine francophone ne se porte pas au mieux, comment va « L’Eventail » ?

La crise nous touche, bien entendu, mais les dégâts restent très limités.

Pour quelle raison ?

Pour une double raison, qui tient à notre double positionnement, en fait ! Nous sommes un magazine généraliste, qui parle d’art, de mode, de culture, d’économie, de déco et de design ou de gastronomie, notamment. Mais, et c’est bien là notre spécificité, toujours sous l’angle du luxe. Notre public possède un certain pouvoir d’achat, il ne nous déserte donc pas.

Cette fidélité se ressent-elle également au niveau de votre déclinaison numérique ?

Absolument ! Notre site est passé d’un modèle complètement ouvert à un modèle en partie payant, et nous constatons que notre lectorat suit globalement le mouvement pour accéder à des contenus qu’il juge suffisamment de qualité pour en payer l’accès. Dès que le contenu proposé s’avère consistant, nous voyons bien que les gens sont prêts à payer pour y avoir accès.

Il faut dire que votre positionnement reste très spécifique…

De fait ! Nous n’avons aucun concurrent direct sur ce mélange d’informations passées par le prisme de l’excellence ! Ce qui fait que le traitement que nous pratiquons est toujours, de facto, exclusif. Ceci concourt certainement aussi à susciter une impulsion d’achat.

Sur le total de ce que vous traitez sur le site, certaines thématiques attirent-elles plus que d’autres ?

Clairement ! Tout ce qui touche à la vie du gotha récolte une majorité de clics. Attentifs aux signaux que nous envoient nos lecteurs, nous travaillons donc particulièrement cette thématique. Viennent ensuite les sujets dédiés à la gastronomie, à l’œnologie et à la culture. L’avantage d’un site internet par rapport à un média papier, c’est la possibilité de coller au plus près de l’actualité. En ça, nous proposons une offre complémentaire au magazine imprimé. Cependant, nos sujets sont bien souvent intemporels et leur durée de vie s’étale sur des années.

Le site poursuit-il l’objectif final de grossir sa liste de clients payants ou de pousser à l’achat du magazine-papier ?

Le site est d’abord une offre de contenu complémentaire à celui du magazine papier. Print et digital se renforcent mutuellement. D’un point de vue commercial, le site poursuit en fait un double objectif : doper la vente d’abonnements et satisfaire les exigences d’une clientèle plus contemporaine et plus jeune. D’un côté parce que notre lectorat vieilli et ensuite parce que nos lecteurs sont traditionnellement très fidèles : plus tôt nous arriverons à les capter, plus vite nous garantirons l’avenir du titre.

« L’Eventail » privilégie donc les abonnements à la vente au numéro ?

Je n’irais pas jusque-là : ces deux canaux sont importants. En fait, nous cherchons surtout à être le plus indépendant possible des résultats de la régie publicitaire. Lorsque le marché des annonceurs tremble comme ce fut le cas lors de la crise sanitaire, les ventes en kiosques et les abonnements ont continué à constituer des rentrées financières importantes qui nous ont permis de poursuivre l’activité quasiment normalement. L’avantage de l’abonnement par rapport à la vente en kiosque, c’est qu’elle nous garantit des revenus pour une période donnée. C’est plus confortable pour nous et c’est la raison pour laquelle, ils constituent l’un de nos chevaux de bataille.

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