Bien qu’elle adore les magazines papier, Zoé Gascoin s’occupe de tout ce qui touche au numérique chez Flair. En tant que Social Media Manager et rédactrice Web, elle fournit et crée des vidéos et des récits dans le but de toucher un public plus jeune. Il n’y a qu’une seule exigence : conserver l’ADN de Flair. Nous avons fait le test ADN à travers un entretien.
Surfer sur les bonnes vagues et tendances : voilà comment Zoé Gascoin décrit ses activités quotidiennes. Tout comme prendre la bonne vague nécessite à la fois une dose d’habileté et de chance, la publication d’un contenu en ligne populaire requiert elle aussi un certain feeling naturel difficile à définir, se lance Zoé.
« Cela fait près d’un an que je bosse chez Flair et que je suis responsable du matériel vidéo. Concrètement, je publie des vidéos et des récits sur notre site Web et je tiens à jour la page TikTok en Instagram. Parfois, un contenu obtient deux vues, mais il peut tout aussi bien en générer vingt mille. Il n’y a – hélas – pas de recette miracle ou de code secret pour prédire si une vidéo deviendra virale. »
Une intuition naturelle
Ce n’est donc pas une formule magique, mais bien une intuition naturelle qui, d’après Zoé, constitue la base de ce qui fait un(e) gestionnaire des médias sociaux avisé(e). Selon elle, pour obtenir un contenu digital approprié il s’agit d’observer ce qui vit au sein du public, de suivre les tendances et de produire un contenu qui frappe les esprits sans perdre de son – mais oui – flair.
« Les réseaux sociaux ressemblent un peu au bouche-à-oreille : plus votre communauté est grande, plus il y aura de gens qui vous écoutent. Sur TikTok, nous nous efforçons d’interpeler un public plus jeune que le lectorat du magazine Flair. En ligne, nous ciblons donc un autre public, tout en maintenant le style du magazine. Notre but est de toucher le public Flair qui ne lit pas de magazines et de lui proposer de l’information. De cette façon, la chaîne Flair devient entière et notre magazine imprimé, notre site Web et nos réseaux sociaux se complètent parfaitement. Ils se recoupent, tout en offrant un contenu adapté à chaque média spécifique. »
Dans ce cadre, il n’est en tout cas pas question d’un classement fixe. Ainsi, à l’ère numérique, de nombreux contenus partent également de sites Web ou de réseaux sociaux, ne se retrouvant dans le magazine que dans un second temps, dixit Zoé. « De nos jours, une grande partie du contenu en ligne est aussi reprise dans le magazine imprimé. Il se peut cependant tout aussi bien que certains articles n’apparaissent que sur le site Web : les vlogs rédactionnels, dans lesquels nous offrons un regard sur la vie des journalistes de notre rédaction, en sont un bon exemple. »
La prolifération de plateformes et de collaborateurs ne risque-t-elle pas de créer des îlots et de la concurrence au sein de l’organisation Flair ? Pas du tout, selon Gascoin, qui affirme qu’elle collabore sans cesse et est en contact permanent avec les journalistes du magazine imprimé. « Lorsque nos journalistes écrivent sur – mettons – de nouveaux restaurants ou des produits de beauté, je leur demande des vidéos pour que nous puissions également mettre à jour nos plateformes numériques, comme Instagram. En outre, je jouis aussi énormément de la liberté que me procure notre canal TikTok. Je ressens une grande confiance de la part de mes collègues et je ne dois pas constamment attendre l’approbation de supérieurs pour publier une vidéo. La seule tâche et responsabilité qui pèse sur mes épaules est de continuer à développer notre communauté. »
Packs sociaux
Qui dit nouvelles communautés et plateformes, dit nouvelles opportunités. Dans un paysage média en mutation, il est important pour Flair, comme pour d’autres magazines, de continuer à opérer les bons choix, non seulement en termes de contenu, mais aussi sur le plan commercial. Un exemple d’une telle démarche récente sont les ‘social packs’, les marques payant pour être présentes sur les différentes plateformes sous la forme d’un article ou d’une vidéo.
Ces packs font que Zoé est aujourd’hui souvent en contact avec des commerciaux pour vérifier si tous les nez pointent dans la même direction. « En cas de partenariats éventuels, nous nous efforçons toujours de découvrir quelles sont les attentes des marques qui souhaitent s’associer à nous. Ce faisant, nous insistons toujours sur le fait que la publicité doit être subtile et qu’elle doit rester pertinente pour notre public. Nous ne voulons en effet promouvoir que ce qui correspond à notre core business, tels que les produits de beauté ou des boissons comme Aperol : des marques qui sont effectivement consommées par nos lecteurs. »
Grâce à ces annonces payantes et ces packs sociaux, il semblerait en tout cas que Flair n’est pas en manque de sources de revenus. Même s’il s’avère que les règles et les lois en la matière deviennent aussi de plus en plus strictes. « Dans le domaine de l’influence, nous sommes aujourd’hui obligés d’indiquer clairement s’il s’agit d’un partenariat, d’une publicité ou d’une invitation et nous nous y tenons. À l’avenir, nous souhaitons en effet continuer à miser sur le développement de relations avec les marques. »
Inciter à l’achat
La question de savoir comment Zoé envisage l’avenir de Flair et du média magazine en général marque le début d’une apologie finale du secteur. « J’adore les magazines papier comme Elle, Voyage Voyage et GEO. Et Flair, bien sûr, car avant de venir travailler ici, je lisais le magazine chaque semaine. Lorsque j’entends que l’industrie des magazines est en difficulté et que les ventes des titres papier sont en baisse, mon cœur se serre. J’espère vraiment que nous trouverons des solutions et que le secteur pourra survivre. À l’image du livre, dont on avait autrefois sonné le glas, j’espère que les magazines aussi continueront à exister. »
Pour terminer, nous souhaitons savoir si, en plus de l’espoir qu’elle nourrit, Zoé entrevoit des possibilités concrètes de maintenir le secteur en vie. Dans cette réponse aussi, son amour et son enthousiasme pour le papier ressortent. « Il faut pousser les gens à commander les magazines papier. Par exemple, quand je navigue sur le site Web de Voyage Voyage, je trouve toujours beaucoup de photos et de couvertures de leur magazine, ce qui me donne invariablement envie d’acheter la version papier aussi. Chez Flair, nous appliquons également ce principe. Sur notre site Web, nous annonçons ainsi la couverture chaque mercredi : nous montrons aux gens ce que contiendra notre magazine et nous nous ingénions à leur donner envie de l’acheter. Si vous exploitez chaque média de la bonne manière, ils peuvent se renforcer mutuellement. » Il ne reste donc plus qu’à compter les jours jusqu’à mercredi, pour le prochain Flair physique !
AVEZ-VOUS DÉJÀ LU CECI ?