Kristof Pitteurs (Bruzz) : « Le print est notre média le plus visible »

Kristof Pitteurs - Bruzz

Il ou elle est l’enseigne de son titre, observe tout d’un regard à 360° et a une opinion tranchée sur le paysage média. Le rédacteur en chef est la plaque tournante d’un magazine. Dans le cas de Kristof Pitteurs (Bruzz), on peut même parler de plaque tournante d’un mix de plateformes.

Lisez aussi : Print ? Presse ? Ou médias de lecture ?

Bruzz you are the cityDepuis la mi-2017, Kristof Pitteurs est le rédacteur en chef de Bruzz, la marque média bruxelloise présente tant en print et en ligne qu’en télévision et en radio, et ce, en néerlandais. C’est déjà une façon dont Bruzz marque sa différence. Peu d’autres médias dans notre pays disposent d’une palette de canaux aussi diverse. Une autre façon provient du focus géographique. Bruzz est sans aucun doute le plus grand média n’ayant d’yeux et d’oreilles que pour la vie dans une ville belge spécifique.

Il n’est donc pas étonnant que dans ce rôle, Kristof Pitteurs – qui a déjà beaucoup d’expérience en TV, mais qui a débuté sa carrière dans la presse écrite – se sente comme un poisson dans l’eau. « Ça me donne beaucoup d’énergie d’être actif chaque jour dans cette métropole », dit-il. « Il m’arrive de qualifier Bruzz de terrain de jeu. Non seulement nous disposons de quatre canaux du tonnerre, mais les possibilités ne cessent de s’étoffer. Pensez aux podcasts ou aux médias sociaux, ou encore à Bruzz Ket, notre canal pour et par les enfants de 9 à 13 ans. »

Print = média le plus visible

Au sein du vaste mix de plateformes, l’hebdomadaire, fort de son tirage de 55.000 exemplaires, occupe une place substantielle. « Il est aussi important que nos autres piliers », affirme Kristof Pitteurs. « À l’image de la télévision, nous l’utilisons surtout pour approfondir, analyser et brosser les contextes. L’information rapide passe par notre site. »

Il est frappant de constater que Pitteurs qualifie le print de média le plus visible. « On le voit étalé dans un kiosque en ville ou sur son paillasson », dit-il. C’est un atout qui profite aussi à nos autres médias. »

L’hebdomadaire est en effet proposé tant via des points de distribution que par abonnement. « Nous constatons que les deux sont très complémentaires », explique Kristof Pitteurs. « Les abonnés sont évidemment un public plus fidèle, mais ils sont souvent aussi un peu plus âgés. Généralement, les lecteurs se mettent à emporter le magazine quelque part, et après un certain temps ils sollicitent un abonnement. Nous menons dès lors régulièrement des actions de souscription dans le magazine. » L’abonnement à Bruzz est gratuit pour qui vit à Bruxelles et payant pour qui vit en dehors de la capitale.

Beaucoup d’attention pour de beaux magazines de qualité

Kristof Pitteurs croit dur comme fer dans le print. « Video killed the radio star, entendait-on jadis », rappelle-t-il. « Et ça fait déjà un siècle que l’on sonne le glas du print. Il existe toutefois toujours et je suis convaincu qu’un bel avenir l’attend. Cela signifie cependant qu’il faut constamment le réinventer. J’oserais même dire quasi tous les mois, dans notre cas. »

Pourtant, le rédacteur en chef n’est pas persuadé que le print existera toujours : « Le jour où les éditeurs trouveront le moyen d’offrir des ‘long reads’ en ligne en toute convivialité, ça pourrait soudain aller très vite. Jje ne crois cependant pas que ce soit pour demain. Mieux encore, je remarque qu’un nouveau type de magazines commence à percer. Soudain, il y a beaucoup d’attention pour de beaux magazines de qualité comme Bahamontes. Il y a cinq ans, je n’aurais pas oser en rêver. »

« Un journaliste ne doit pas maîtriser chaque média »

Revenons-en à Bruzz. La mission la plus importante que Pitteurs s’était vu confier était de faire croître la marque et de veiller à ce que les médias dont elle est née (TV Brussel, FM Brussel et Brussel Deze Week) se fondent dans l’arrière-plan. En quelques années, c’est ‘mission accomplie’. « Ils s’enchevêtrent toujours davantage », remarque le rédacteur en chef. « La marque Bruzz s’est rapidement fait connaître et compte de nombreux fans. Le plus grand défi se situait plutôt en interne : piloter les différents canaux à partir d’une seule rédaction. »

« Cela fait longtemps que nous sommes revenus de l’idée que chaque journaliste doit maîtriser chaque média », dit Pitteurs, en référence à l’évolution qui se dessine aujourd’hui dans d’autres médias. « Nous visons à ce qu’un journaliste soit capable d’endosser deux rôles. Cela se vérifie aussi dans la pratique. Bon nombre de nos collaborateurs jouent effectivement un double rôle, à l’image, par exemple, du reporter TV qui officie aussi la moitié du temps comme présentateur du journal radio. »

En outre, une série d’interventions se sont avérées importantes. Ainsi, Klaus Van Isacker, le prédécesseur de Pitteurs, a installé la ‘table centrale’. Celle-ci se trouve au beau milieu de la rédaction ; tout le monde qui dirige une plateforme spécifique y a une place.  Quand on reçoit une information, c’est là qu’il est immédiatement décidé quelle sera la plateforme sur laquelle elle sera abordée et de quelle manière ; le journaliste peut alors se lancer sur sa trace.

« Il faut en outre veiller à ce que les gens ne réfléchissent plus cantonnés dans leur propre silo », ajoute Kristof Pitteurs. « C’est un travail de longue haleine. » Il pointe un dernier élément en évoquant un système de rédaction et de planification central. « Celui-ci nous manque encore actuellement », dit Pitteurs. « C’est justement parce que nous disposons d’autant de médias qu’il n’est pas évident de trouver le bon système. Là, nous envisageons d’en développer un nous-mêmes, en collaboration avec d’autres médias régionaux. » Ça doit permettre de jouer davantage encore la carte de la puissance multimédia de Bruzz.

Kristof Pitteurs - Bruzz Kristof Pitteurs, Bruzz

A lire aussi :