Adieu, Steps. Bienvenu, DZ Magazine. Depuis la relève, le magazine lifestyle a sorti son troisième numéro. Nous jetons un regard rétrospectif et regardons de l’avant avec Pascal Kerkhove, Directeur Rédaction des titres De Zondag et De Krant van West-Vlaanderen. Qu’est-ce qui le fait tellement vibrer dans la presse régionale ?
Le 27 mars a vu la publication du troisième numéro de DZ Magazine, le magazine lifestyle qui, depuis le début de cette année, accompagne le journal du dimanche De Zondag. Il s’agit du parachèvement d’un trajet initié il y a plus de trois ans sous l’impulsion de Pascal Kerkhove, Directeur Rédaction des titres De Zondag et De Krant van West-Vlaanderen.
« Nous aurions signé des deux mains pour avoir les réactions suscitées par DZ Magazine », dit-il. « Nous sommes toujours dans la phase de lancement et ça s’est très bien passé. Ce n’est pas un hasard. Nous avions soigneusement préparé ce projet : quel est le concept de fond du magazine, comment le relier à De Zondag, comment le lancer sur le marché publicitaire, comment l’encarter dans De Zondag ? »
De tout grands noms en couverture
De Zondag a aussi déjà consacré une première étude quantitative à DZ Magazine, qui confirme les échos reçus par l’équipe même. « Le magazine est apprécié et les gens se repèrent facilement dans ses pages », explique Pascal Kerkhove. « Notre ambition se réalise : nous voulions ajouter quelque chose à la puissance hebdomadaire du Zondag, apporter une plus-value sur le fond et rajeunir. »
À l’image du Zondag, DZ Magazine compte 16 éditions régionales, mais, contrairement au journal, ce qui les distingue se situe uniquement dans les annonces et la publicité native. Le contenu rédactionnel est le même pour toute la Flandre. Pascal Kerkhove : « Nous travaillons à chaque fois autour d’un thème prédéfini. Dans le numéro de mars, il s’agissait du luxe, avec comme invités en couverture le chef à trois étoiles Gert De Mangeleer et Joachim Boudens, son compagnon d’armes chez Hertog Jan. Dans un prochain numéro, le thème sera ‘living’ et l’invitée, cette fois, sera Sofie Van de Velde, connaisseur en œuvres d’art. Vous constaterez que nous parvenons toujours à décrocher des noms de tout premier plan. »
Un choix délibéré pour le concept mensuel
Selon Pascal Kerkhove, le nombre de pages augmente de numéro en numéro grâce au nombre de publicités croissant. Réfléchit-on à une accélération du rythme de parution pour en faire un bimensuel, voire un hebdomadaire ? « Pas pour l’instant », répond-il. « Nous avons opté pour un rythme et un concept mensuels et ne pouvons pas passer comme ça à une dynamique hebdomadaire. Si le marché le demande, nous le ferons, mais pas sans adapter le concept. »
« Steps et les Streekkranten se sont heurtés à leurs limites »
Bien que le concept soit nouveau, DZ Magazine emboîte aussi le pas à un prédécesseur : Steps. Après avoir existé pendant des décennies, ce titre a disparu au début de cette année. « Steps s’était heurté aux limites de son modèle, comme l’avait fait De Streekkrant », dit Pascal Kerkhove. « C’étaient deux titres qui donnaient le lead à l’annonceur. Ça a longtemps bien fonctionné, mais l’essor de l’Internet, entre autres, a créé d’autres besoins. À l’image du Zondag, DZ Magazine surveille soigneusement l’équilibre entre la rédaction et les publicités. Je suis aussi convaincu que plus le contenu rédactionnel est de qualité, plus les annonceurs seront enthousiastes. Ils se retrouvent dans un bon contexte et enregistrent une large audience. »
Le fruit d’une rédaction unifiée
Pour Pascal Kerkhove, le lancement de DZ Magazine est l’apothéose provisoire d’un trajet d’innovation approfondie chez De Zondag. En 2018, les rédactions du journal du dimanche et du Krant van West-Vlaanderen ont en effet été fusionnées ; c’est désormais aussi chose faite avec l’équipe marketing et l’équipe de vente de Flandre-Occidentale.
« Ça n’a pas été un processus facile », se souvient le Directeur Rédaction. « C’étaient deux mondes, chacun avec son propre mode de fonctionnement. En réunissant les rédactions, on note toutefois un focus accru sur la qualité. En tant que journaliste, on peut désormais aussi obtenir via De Zondag une visibilité nationale… »
Le journalisme régional : le plus beau et le plus ardu
La presse régionale n’a rien de nouveau pour Pascal Kerkhove. Il a en effet travaillé pendant 17 ans pour Gazet van Antwerpen, dont 7 ans comme rédacteur en chef. « À mes yeux, c’est à la fois le mode journalistique le plus beau et le plus difficile », dit-il. « On est vraiment pertinent dans la vie des gens et on a donc un impact considérable, justement parce qu’il s’agit de l’actualité des environs immédiats. Chaque jour, nous transposons l’actualité mondiale vers le salon des gens. Pensez à la guerre en Ukraine et à l’élan qui voit bon nombre de Flamands accueillir des Ukrainiens chez eux. »
Future-proof
C’est justement pour ces raisons que la presse régionale a un bel avenir devant elle, selon Pascal Kerkhove. « Prenez De Krant van West-Vlaanderen. Il fonctionne selon le modèle hybride qui fait que le journal ne paraît plus sur papier qu’une seule fois par semaine. Beaucoup d’autres journaux sont toujours aux prises avec ce problème. Par ailleurs, il règne en Flandre-Occidentale un même sentiment qu’au Limbourg : nous les Ouest-Flandriens, nous les Limbourgeois. Het Belang van Limburg est un bel exemple de la façon puissante dont on intègre ce sentiment pour remporter des succès. Ce fut et c’est l’inspiration parfaite pour notre journal renouvelé. »
Selon Kerkhove, il n’y a d’ailleurs pas que la presse régionale qui soit future-proof. « Je relève énormément de qualité et d’expertise dans le paysage éditorial belge tout entier. C’est aussi ce qui explique pourquoi les groupes média ont tant de succès lorsqu’il font le pas vers l’étranger. Nous sommes en outre très flexibles. Nous nous adaptons rapidement, ce qui est aussi nécessaire dans un univers qui est marqué par de nouvelles habitudes de lecture et évolue sans cesse. »
« S’il y a un point sur lequel il faut ouvrir l’œil », conclut le Directeur Rédaction, « c’est notre propre personne. Nous devons continuer à faire preuve de suffisamment de réflexion et d’autocritique. Notre crédibilité, c’est tout. Nous ne pouvons la galvauder. »