93 % des Belges ne croient pas les revendications de durabilité

Europe as seen from space

Presque aucun de nos compatriotes ne croit les entreprises sur parole lorsqu’il s’agit de durabilité. C’est ce qu’écrivent Wim Vermeulen dans l’ouvrage De Duurzame Belg. Cela n’a rien de bien étrange lorsqu’on sait que, dans les chiffres, 60 % des revendications en question ne sont pas étayées. Les dommages de réputation (voire plus) guettent, avertit l’UBA.

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Il n’y a pas que la réputation qui soit en jeu : 42 % des revendications sont formulées avec tant de ‘négligence’ qu’il y a un motif suffisant pour intenter un procès. Il s’avère que cela se fait de plus en plus, car ces quatre dernières années le nombre de procès climatiques a quadruplé. Souvent, ils ont été couronnés de succès. Récemment, L’Affaire Climat ASBL a gagné son procès contre le gouvernement fédéral et les régions (découvrez le détail ici) et le procès intenté contre Shell aux Pays-Bas, entre autres par l’association pour la protection de l’environnement Milieudefensie, a aussi été remporté (lisez plus ici).

La décennie de l’action

Nous vivons aujourd’hui dans la ‘décennie de l’action’, disent les Nations Unies. António Guterres, le Secrétaire général de l’ONU, a qualifié le rapport IPCC récent de « code rouge pour l’humanité ». Il est toujours temps d’agir, mais l’action doit être immédiate et des plus répandues. Cela vaut aussi – ou notamment – pour les entreprises. Pour la génération actuelle des travailleurs, la responsabilité est donc grande.

« Chaque entreprise, quelle que soit sa taille ou son activité, a un rôle à jouer dans la lutte contre le réchauffement climatique », dit María Mendiluce, CEO de la We Mean Business Coalition, qui a cofondé le SME Climate Hub, une plateforme d’action climatique pour les petites et moyennes entreprises au Royaume Uni. « Le temps est venu pour chaque entreprise de participer. Tous les pas que font les grandes et petites entreprises pour réduire les émissions de CO₂ auront un impact collectif pour nous amener au ‘nett zero’. »

La communication est la clé

80 % du succès d’une transition durable se trouve dans sa communication, dit l’UBA à l’occasion de sa masterclass sur la durabilité. Il faut rapidement frapper de grands coups dans ce domaine : armées du bon storytelling, les marques et les entreprises se doivent de regagner la confiance du consommateur en vue de marcher ensemble contre le changement climatique.

Il s’agit aussi d’une autre communication, à savoir celle entre les entreprises et les décideurs politiques. « Augmentez votre impact en encourageant d’autres – petites et moyennes – entreprises à participer. La voix collective du monde de l’entreprise est vitale pour donner la confiance nécessaire aux décideurs politiques en vue d’accélérer l’action climatique », exhorte Mendiluce.

Où commencer avec l’entrepreneuriat durable ?

Ce qui aiderait, c’est que chaque entreprise diminue au plus vite les propres émissions de CO₂ (pour ensuite le communiquer aux gens de la bonne manière, comme nous l’avions déjà écrit.

  1. Les bureaux et autres immeubles

Pour beaucoup d’entreprises, une des façons les plus efficaces de s’attaquer aux émissions de CO₂ est de réduire l’empreinte écologique d’un immeuble de bureaux ou d’un entrepôt. À commencer par une isolation adéquate des murs et des toitures. Passez d’une chaudière à gaz à une alternative pauvre en carbone, telle qu’une pompe à chaleur, ou produisez vous-même de l’énergie durable en installant des panneaux solaires. Mettez en place un système qui règle le chauffage et la ventilation de la façon la plus efficace qui soit et passez à l’éclairage LED.

  1. Les voyages d’affaires et les déplacements domicile-travail

Les voyages d’affaires peuvent être une source importante d’émissions de carbone. Beaucoup de progrès peuvent être réalisés dans ce domaine en instaurant des directives et une politique claires, en évitant les voyages (à l’aide de la vidéo) et en utilisant des moyens de transport plus durables, tel que le train.

Parmi les mesures plus facilement réalisables, citons l’utilisation de plus de véhicules électriques et des transports en commun. En Belgique, il y a aussi incontestablement des possibilités pour augmenter le trafic cycliste.

  1. Des pensions professionnelles plus durables

Une autre façon de réduire les émissions est d’écologiser vos fonds de pension. Les entreprises devraient étudier la cession de tout placement dans les combustibles fossiles. Dans quelques années, celles qui ne s’y mettent pas dès maintenant ne pourront plus payer les pensions de leurs employés. C’est ce qu’a affirmé Wim Vermeulen à l’occasion de l’UBA Masterclass ‘The Sustainability Trilemma’ (lisez plus ici : UBA Masterclass).

  1. Les emballages

Diminuez les emballages. Étudiez les options recyclées ou compostables, tant pour les propres produits (si d’application) que pour les fournisseurs et la chaîne d’approvisionnement. Ils peuvent même être responsables de bien plus que vos propres émissions directes.

  1. Formez votre personnel et impliquez-le dans vos objectifs de durabilité

Il est également important que les entreprises forment leur personnel sur les sujets du changement climatique et de la réduction des émissions de CO₂. Tous les départements, de l’achat aux RH, doivent être alphabétisés sur le CO₂ et se rendre compte de leur impact. Le directeur des achats doit aussi être attentif à la réduction des émissions, plutôt que de n’avoir d’yeux que pour la réduction des coûts.

Impliquez vos propres gens, car de nombreuses actions qui s’imposent ont besoin de leur soutien. Des décisions du genre ‘diminuons le chauffage d’un degré’ doivent être validées par l’équipe toute entière, sinon elles susciteront le mécontentement.

L’investissement d’aujourd’hui est le bénéfice de demain

Ce qui pose un défi, c’est bien évidemment l’impact actuel des investissements ‘verts’ sur la marge bénéficiaire de l’entreprise. C’est une des raisons majeures pour lesquelles les entreprises cotées en Bourse effectuent la transition de manière plus lente que les entreprises familiales, par exemple. Jusqu’à ce jour. Car les actionnaires commencent de plus en plus souvent à sanctionner toute politique d’entreprise non-durable, comme le dit aussi Piet Colruyt dans le documentaire ‘The Decade of Action’: “All companies should become impact companies”.

Les investissements pour réduire les émissions de CO₂ peuvent être considérables et certaines, comme les panneaux solaires et les lampes LED, prendront plus de 10 ans pour générer un retour sur investissement financier. « Ça n’a toutefois aucun sens de travailler dur pour maximiser ses salaires et ses bénéfices d’exploitation si l’on finit sur une planète où personne ne peut vivre »,  dixit Michael O’Hara, Managing Director chez Data Solutions.

Sources : Digiday, UBA

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