Par les temps qui courent, nous sommes submergés de nouveaux mots de jargon, souvent liés à la technologie. Mais que signifient-ils au juste ? Et que pouvez-vous en faire ? Magazine Media est heureux de vous servir de guide en donnant la parole à des experts en la matière. L’observatrice de tendances Kristel Vanderlinden aborde le sujet de l’intelligence organoïde. Accrochez-vous !
Qu’est-ce que l’organoid intelligence ?
Depuis fin 2022, la société toute entière est envoûtée par l’intelligence artificielle. Ce que l’on perd parfois de vue à cet égard, c’est que l’IA est extrêmement polluante. Les centres de données qu’elle nécessite émettent beaucoup de CO2. Sans parler des coûts. L’IA n’est donc pas durable et nous risquons en outre de nous retrouver coincés dans la révolution technologique…
Cependant, l’envie irrésistible de faire mieux plus vite et d’accroître notre intelligence ne disparaîtra pas. C’est pourquoi l’intelligence organoïde est née. L’ambition : augmenter notre propre intelligence en ajustant notre cerveau.
Les scientifiques recherchent des manières de stimuler notre matière grise. Cela va loin. Ainsi, on a déjà extirpé un bout de cervelle d’un corps pour l’entraîner à jouer au ‘pong’. La question qui se pose est la suivante : ‘Quid si nous pouvions cloner un cerveau et le faire croître de manière naturelle ?’ Nous n’en sommes pas tellement éloignés.
Pourquoi l’organoid intelligence est-elle une tendance ?
Elle fait actuellement l’objet de nombreuses recherches. De plus, elle s’inscrit dans la tendance de la biologie générative, de la biologie médicale synthétique. Entre-temps, les plus grands acteurs ont eux aussi sauté dans le train en marche. Ainsi, Google a repris DeepMind, une entreprise spécialisée dans ce domaine.
Comme je l’ai déjà indiqué, l’IA, mais aussi bientôt l’informatique quantique, consomme d’énormes quantités d’énergie. Ce n’est pas tenable.
La question qui se pose autour de l’intelligence organoïde, comme pour l’intelligence artificielle, est celle de l’éthique. Quid si l’on copie le cerveau d’un raciste ? On disséminera alors ces idées auprès de celui ou celle qui recevra le cerveau copié…
Que peuvent faire les éditeurs et les annonceurs avec l’organoid intelligence ?
Ces dernières années, les éditeurs et les agences ont fortement misé sur les innovations numériques et technologiques. Peut-être, dans les années à venir, devront-ils changer leur fusil d’épaule et miser sur la transformation biotechnologique, qui se produit simultanément.
Pour les spécialistes du marketing, c’est un peu plus éloigné de ce qui les occupe en ce moment. Cependant, si l’on regarde un peu plus loin dans l’avenir, je vois des opportunités. Aujourd’hui, de nombreuses marques misent sur l’assistance virtuelle, avec des chatbots par exemple. À l’avenir, ces derniers pourraient devenir de véritables compagnons. Il ne s’agirait plus d’une petite boîte ou d’un chatbot, mais de quelque chose ou de quelqu’un avec un visage…
Comme pour les assistants vocaux, on finit par se poser la question de savoir comment évolueront le SEO et le SEA. Il ne s’agit alors plus d’intégrer la première page des résultats de recherche de Google, mais d’occuper la première place. Lorsqu’il prend de grandes décisions stratégiques dans ce contexte, un spécialiste du marketing ferait bien de garder cela à l’esprit.