{"id":46148,"date":"2023-11-20T12:16:22","date_gmt":"2023-11-20T11:16:22","guid":{"rendered":"https:\/\/wemedia.be\/magazinemedia\/?p=46148"},"modified":"2023-11-20T12:16:23","modified_gmt":"2023-11-20T11:16:23","slug":"nic-newman-lavenir-appartient-aux-editeurs-qui-se-concentrent-sur-la-qualite-la-fiabilite-et-les-modeles-commerciaux-innovants","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wemedia.be\/magazinemedia\/fr\/nieuws\/nic-newman-lavenir-appartient-aux-editeurs-qui-se-concentrent-sur-la-qualite-la-fiabilite-et-les-modeles-commerciaux-innovants\/","title":{"rendered":"Nic Newman : \u00ab\u00a0L’avenir appartient aux \u00e9diteurs qui se concentrent sur la qualit\u00e9, la fiabilit\u00e9 et les mod\u00e8les commerciaux innovants\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n

Fin septembre, Nic Newman du Reuters Institute for the Study of Journalism s’est charg\u00e9 de la premi\u00e8re keynote de MAGnify. Il a pr\u00e9sent\u00e9 les r\u00e9sultats (belges) du dernier Digital News Report, traduits en cinq d\u00e9fis et autant de raisons de se r\u00e9jouir.<\/strong><\/p>\n\n\n\n

Le Digital News Report 2023<\/a> est une \u00e9tude internationale \u00e0 grande \u00e9chelle qui compte 93 000 personnes interrog\u00e9es dans 46 pays. Tant la partie g\u00e9n\u00e9rale que la partie belge de l’\u00e9tude ont fourni un grand nombre d’informations fascinantes, avec une tendance plut\u00f4t positive malgr\u00e9 la s\u00e9rie d’obstacles.<\/p>\n\n\n\n

Les d\u00e9fis<\/h4>\n\n\n\n
1. Changements d’audience<\/h5>\n\n\n\n

Nic Newman<\/a> a commenc\u00e9 par examiner de plus pr\u00e8s les sources d’information pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es des Belges. Il a imm\u00e9diatement \u00e9voqu\u00e9 le d\u00e9clin des canaux traditionnels : 58 % regardent encore les journaux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s, contre 75 % en 2016. Au cours de la m\u00eame p\u00e9riode, la port\u00e9e de la presse \u00e9crite a chut\u00e9 de 45 % \u00e0 25 %. Dans le m\u00eame temps, la port\u00e9e des m\u00e9dias sociaux et des autres sources d’information en ligne est rest\u00e9e relativement stable. La seule cat\u00e9gorie qui a fortement augment\u00e9, passant de 2 % \u00e0 6 %, est celle des personnes qui \u00e9vitent compl\u00e8tement les nouvelles …<\/p>\n\n\n\n

Les diff\u00e9rences entre les g\u00e9n\u00e9rations sont tr\u00e8s int\u00e9ressantes. Par exemple, il est frappant de constater que 41 % des jeunes de 18 \u00e0 24 ans consid\u00e8rent les m\u00e9dias sociaux comme leur principale source d’information aujourd’hui. En deuxi\u00e8me position, on trouve les sites web et les applications d’information en ligne, avec une part de 28 %. \u00ab\u00a0Les jeunes sont moins attach\u00e9s aux marques d’information\u00a0\u00bb, conclut Newman. Les trois g\u00e9n\u00e9rations suivantes (25-34, 35-44 et 45-55) pr\u00e9f\u00e8rent les sites et applications en ligne, bien que les m\u00e9dias sociaux gagnent \u00e9galement en importance au sein de ces groupes. La t\u00e9l\u00e9vision reste le canal pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de 49 % des plus de 55 ans. L’imprim\u00e9 obtient encore des parts de 6 %, 8 %, 8 %, 4 % et 11 % respectivement dans ces cinq groupes d’\u00e2ge cons\u00e9cutifs.<\/p>\n\n\n\n

2. Changements d’appareils<\/h5>\n\n\n\n

En 2016, 39 % de nos compatriotes se disaient utilisateurs actifs de smartphones. Ce pourcentage est d\u00e9sormais pass\u00e9 \u00e0 63 %, tandis que les ordinateurs ont fait le chemin inverse. Pour 33 % (et 47 % des Belges de moins de 35 ans), le smartphone repr\u00e9sente \u00ab\u00a0la premi\u00e8re source d\u2019information de la journ\u00e9e\u00a0\u00bb, soit plus du double par rapport \u00e0 2016. \u00ab\u00a0Cette \u00e9volution a des implications majeures pour le contenu, les formats et les mod\u00e8les commerciaux\u00a0\u00bb, souligne Nic Newman. \u00ab\u00a0\u00c9tant donn\u00e9 que les distractions sont de plus en plus nombreuses, il est de plus en plus difficile de capter et de retenir l’attention.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n

3. L’incertitude des m\u00e9dias sociaux<\/h5>\n\n\n\n

Le paysage des m\u00e9dias sociaux lui-m\u00eame n’est pas non plus immobile. En termes de diffusion de l’information, il ne reste plus grand-chose de l’avance de Facebook. En termes de port\u00e9e, elle est pass\u00e9e de 42 % \u00e0 28 % en sept ans. Le contenu sous forme de vid\u00e9o gagne clairement du terrain, comme en t\u00e9moigne la croissance de YouTube, Instagram et TikTok. Dans les groupes d’\u00e2ge plus jeunes, ce changement de pouvoir (\u00e0 venir) est d\u00e9j\u00e0 une r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

L’\u00e9tude s’est \u00e9galement pench\u00e9e sur les personnes ou les organisations auxquelles nous accordons le plus d’attention par plateforme. Sur Facebook et X, il s’agit des grands m\u00e9dias et des journalistes, mais sur Instagram, Snapchat, TikTok et YouTube, ce sont les \u00ab\u00a0personnalit\u00e9s\u00a0\u00bb qui remportent la palme. Sur TikTok, les gens ordinaires obtiennent \u00e9galement un score remarquable. La question se pose de savoir si (et dans quelle mesure) les marques d’information traditionnelles doivent r\u00e9agir \u00e0 ces \u00e9volutions.<\/p>\n\n\n\n

4. La perte d’attention<\/h5>\n\n\n\n

Dans la plupart des pays, l’int\u00e9r\u00eat pour l’information diminue sensiblement : par rapport \u00e0 l’Espagne (-34%) et au Royaume-Uni (-27%), par exemple, le d\u00e9clin belge (de 59% \u00e0 41%) est encore relativement limit\u00e9, mais la situation n’est pas rose pour autant.<\/p>\n\n\n\n

En particulier, le nombre \u00ab\u00a0selective news avoiders \u00bb a fortement augment\u00e9, passant de 22 % en 2017 \u00e0 32 % six ans plus tard. Ces personnes semblent particuli\u00e8rement d\u00e9tester le d\u00e9ballage des grandes histoires (politiques) et recherchent une couverture de l’actualit\u00e9 qui soit positive, propose des solutions et explique clairement des questions complexes.<\/p>\n\n\n\n

5. Mod\u00e8les d’entreprise<\/h5>\n\n\n\n

Nic Newman a fait \u00e9tat d’une ann\u00e9e difficile pour l’industrie de l’information. En raison du contexte \u00e9conomique difficile, de nombreux citoyens repensent leurs d\u00e9penses et les abonnements aux journaux figurent parfois parmi les victimes de ces restrictions de budget. En Belgique, \u00e0 peine 15% du public est pr\u00eat \u00e0 payer pour des informations en ligne, un chiffre qui contraste fortement avec l’\u00e9volution des pr\u00e9f\u00e9rences en termes d’appareils et de canaux.<\/p>\n\n\n\n

Opportunit\u00e9s<\/h4>\n\n\n\n

1. Mod\u00e8les d’entreprise<\/h5>\n\n\n\n

Pourtant, il y a aussi de nombreux signes positifs. Par exemple, un grand nombre de personnes sont dispos\u00e9es \u00e0 mettre la main au portefeuille pour des informations de tr\u00e8s haute qualit\u00e9 ou distinctives, et le journalisme de niche ainsi que les agr\u00e9gateurs d’informations se portent bien.<\/p>\n\n\n\n

2. Renforcer la confiance<\/h5>\n\n\n\n

\u00ab\u00a0Dans un monde incertain, la confiance est un facteur crucial.\u00a0\u00bb \u00c0 cet \u00e9gard, les m\u00e9dias traditionnels obtiennent de bien meilleurs r\u00e9sultats que les canaux de m\u00e9dias sociaux. Alors qu’\u00e0 peine 44 % de nos compatriotes font g\u00e9n\u00e9ralement confiance aux informations, les marques d’information traditionnelles tournent autour de 65 % et parfois m\u00eame au-dessus de 70 %. \u00ab\u00a0La fiabilit\u00e9 est donc un facteur sur lequel les m\u00e9dias devraient continuer \u00e0 se concentrer\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Nic Newman dans son discours d’ouverture.<\/p>\n\n\n\n

3. Perte de confiance dans les algorithmes des m\u00e9dias sociaux<\/h5>\n\n\n\n

Le public s’inqui\u00e8te de plus en plus des recommandations personnalis\u00e9es par des algorithmes. De plus en plus de personnes (70 % contre 51 % en 2016) se m\u00e9fient des chambres d’\u00e9cho et des bulles de filtres sur les m\u00e9dias sociaux et pr\u00e9f\u00e8rent une certaine diversit\u00e9 de points de vue. En d’autres termes, la porte est grande ouverte pour une presse de qualit\u00e9 et fiable.<\/p>\n\n\n\n

4. Les \u00e9diteurs innovent<\/h5>\n\n\n\n

Selon Nic Newman, la crise du corona a montr\u00e9 que des formes innovantes de journalisme peuvent avoir un impact important. Pensez aux explications, aux visualisations de donn\u00e9es, aux v\u00e9rifications de faits, au journalisme de service et aux podcasts avec des experts. Depuis, les \u00e9diteurs ont continu\u00e9 \u00e0 innover en mati\u00e8re de types de contenu, de canaux et de mod\u00e8les commerciaux. Les podcasts sont apparemment au premier rang des priorit\u00e9s du secteur. Toutes les id\u00e9es n’ont pas le m\u00eame succ\u00e8s, mais dans l’ensemble, les innovations aident les marques d’information \u00e0 aller de l’avant.<\/p>\n\n\n\n

5. L’intelligence artificielle<\/h5>\n\n\n\n

Bien que l’IA comporte \u00e9galement des risques, cette technologie offre des opportunit\u00e9s pour la pratique du journalisme. Les possibilit\u00e9s sont nombreuses : automatiser les recommandations, g\u00e9n\u00e9rer des transcriptions et des sous-titres, transformer des bases de donn\u00e9es en sujets d’actualit\u00e9, robotiser le journalisme, optimiser les processus internes… \u00ab\u00a0En utilisant l’IA \u00e0 bon escient, les gens peuvent se concentrer sur des t\u00e2ches que les robots ne peuvent pas prendre en charge.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n

A retenir<\/h4>\n\n\n\n

Nic Newman a conclu sa pr\u00e9sentation par quatre conclusions :<\/p>\n\n\n\n