{"id":45865,"date":"2023-03-14T17:12:37","date_gmt":"2023-03-14T16:12:37","guid":{"rendered":"https:\/\/wemedia.be\/magazinemedia\/?p=45865"},"modified":"2023-07-27T17:51:12","modified_gmt":"2023-07-27T15:51:12","slug":"15-ans-de-mediaspecs-aujourdhui-nos-podcasts-sont-gratuits-mais-a-terme-ils-deviendront-payants","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wemedia.be\/magazinemedia\/fr\/nieuws\/15-ans-de-mediaspecs-aujourdhui-nos-podcasts-sont-gratuits-mais-a-terme-ils-deviendront-payants\/","title":{"rendered":"15 ans de MediaSpecs : \u00ab Aujourd\u2019hui, nos podcasts sont gratuits, mais \u00e0 terme ils deviendront payants \u00bb"},"content":{"rendered":"\n

Quels mod\u00e8les d\u2019affaires et de diversification les groupes m\u00e9dia utiliseront-ils dans les ann\u00e9es \u00e0 venir ? Lors du s\u00e9minaire marquant les 15 ans de MediaSpecs, Matthias Langenaeker, Strategic Intelligence Lead chez Publicis Groupe, est entr\u00e9 en d\u00e9bat avec deux PDG chevronn\u00e9s du monde m\u00e9dia belge : Fran\u00e7ois le Hodey (IPM Group) et Peter Quaghebeur (Mediafin). Voici un rapport bas\u00e9 sur les cinq th\u00e8mes abord\u00e9s.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n

Focus sur le march\u00e9 des lecteurs<\/h2>\n\n\n\n

Un premier point soulev\u00e9 lors de la table-ronde concerne la fa\u00e7on dont, chez les groupes d\u2019information, le num\u00e9rique a influenc\u00e9 le rapport entre les revenus lecteurs et les recettes publicitaires<\/strong>. Fran\u00e7ois le Hodey<\/a> voit la presse payante tenir bon. \u00ab Au d\u00e9but de la digitalisation, les groupes de presse quotidienne ont connu beaucoup de stress et d\u2019anxi\u00e9t\u00e9 pour l\u2019avenir. Aujourd\u2019hui, nous voyons toutefois que les \u00e9diteurs de journaux sont toujours les plus grands employeurs de journalistes et les premiers cr\u00e9ateurs de contenu. Chez IPM, nous employons 450 journalistes et vendons toujours 100.000 journaux papier par jour. En outre, nous comptons mensuellement 2 millions de visiteurs sur nos sites d\u2019information, que nous pouvons segmenter en fonction du degr\u00e9 d\u2019implication et des centres d\u2019int\u00e9r\u00eats. Nous pouvons ensuite proposer ces donn\u00e9es aux annonceurs. La publicit\u00e9 num\u00e9rique repr\u00e9sente une grande partie de notre chiffre d\u2019affaires. Par ailleurs, nous avons l\u2019ambition de transformer ces 2 millions de lecteurs en 200.000 abonn\u00e9s. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

Peter Quaqhebeur<\/a> constate que la d\u00e9cision de Mediafin<\/a> de miser syst\u00e9matiquement sur les abonn\u00e9s payants<\/strong> a port\u00e9 ses fruits. \u00ab En 2010, Mediafin \u00e9tait le premier \u00e9diteur de journaux sur le continent europ\u00e9en \u00e0 introduire un paywall sur son site Web, et ce, dans un march\u00e9 \u00e9duqu\u00e9 \u00e0 coups d\u2019actualit\u00e9s gratuites en ligne. Nous avons encore renforc\u00e9 notre paywall l\u2019an dernier, et ce, contrairement \u00e0 bon nombre d\u2019autres \u00e9diteurs ou sites Web, o\u00f9, trop souvent, le contenu est toujours offert gratuitement. Cela demande du courage, mais nous constatons que le nombre d\u2019abonn\u00e9s chez Mediafin est en hausse. Quand j\u2019ai commenc\u00e9 chez Mediafin il y a deux ans, il y avait 60.000 abonn\u00e9s. Nous nous sommes fix\u00e9s pour objectif d\u2019atteindre les 100.000 abonn\u00e9s. Aujourd\u2019hui, nous en sommes \u00e0 80.000. Le rapport entre revenus publicitaires et revenus issus des abonnements \u00e9volue aussi. Avant la pand\u00e9mie du coronavirus, il \u00e9tait de 55 % (publicit\u00e9s) vs. 45 % (lecteurs). Aujourd\u2019hui, ce rapport s\u2019est invers\u00e9. Cette tendance se dessine aussi au niveau international. Chez The New York Times, la part de la publicit\u00e9 ne repr\u00e9sente plus que 20 % du chiffre d\u2019affaires total. L\u2019\u00e9volution visant \u00e0 tirer davantage d\u2019argent du march\u00e9 des lecteurs est tr\u00e8s claire. Les gens sont pr\u00eats \u00e0 payer en \u00e9change de contenus de qualit\u00e9. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

De nouveaux mod\u00e8les de cible et de diversification<\/h2>\n\n\n\n

\u00ab Les ventes en print reculent bel et bien, mais dans vingt ans le papier existera toujours<\/strong> \u00bb, assure Quaghebeur. \u00ab Par contre, nous cr\u00e9ons toujours plus de contenu et cherchons des canaux pour le diffuser de fa\u00e7on judicieuse. La cr\u00e9ation de podcasts est une mani\u00e8re d\u2019amener notre contenu vers un public plus jeune. 60 % des auditeurs de nos podcasts ont moins de 39 ans. Cela nous permet de leur faire d\u00e9couvrir notre marque. Aujourd\u2019hui, les podcasts sont gratuits, mais \u00e0 terme ils deviendront payants. \u2018You get them hooked, and then you get them to pay.\u2019 \u00bb<\/p>\n\n\n\n

\u00ab La marque est sacrosainte \u00bb, confirme le Hodey. \u00ab Les groupes de presse quotidienne ont beaucoup de succ\u00e8s dans le maintien de la pertinence de leur marque aupr\u00e8s des diff\u00e9rentes g\u00e9n\u00e9rations. La plus grande transformation est celle du papier au num\u00e9rique. Nous sommes actifs dans le digital avec des textes \u00e9crits, de l\u2019image, de la vid\u00e9o, de l\u2019audio, \u2026 L\u2019essence reste la promesse de marque. Lorsqu\u2019on a des marques fortes, l\u2019art de travailler en omnicanal et une bonne connaissance des modes de diffusion des contenus, on a un super avenir devant soi. J\u2019admire la r\u00e9silience et la capacit\u00e9 d\u2019innovation des groupes de presse quotidienne. Nous avons \u00e9t\u00e9 un des premiers secteurs \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9volution num\u00e9rique et cela nous a oblig\u00e9s \u00e0 devenir forts et agiles. Je suis convaincu que les groupes dits classiques resteront extr\u00eamement importants. Ce sont aujourd\u2019hui les seuls acteurs \u00e0 encore disposer de r\u00e9dactions pour produire du contenu couvrant toutes les facettes de la soci\u00e9t\u00e9. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

Peter Quaghebeur mart\u00e8le une nouvelle fois l\u2019importance de la marque<\/strong>. \u00ab Dans le secteur m\u00e9dia, comme dans d\u2019autres d\u2019ailleurs, les entreprises reviennent \u00e0 des marques ou \u00e0 des concepts existants pour r\u00e9aliser une croissance organique, surtout si ces marques ont une certaine histoire. Il est devenu difficile de lancer une marque \u00e0 partir de z\u00e9ro. Ensuite, vous devez rester proche de votre ADN de marque en tant que groupe m\u00e9dia. Il y a aujourd\u2019hui tant de d\u00e9fis et de nouvelles tendances \u00e9mergentes. On ne peut pas faire l\u2019erreur de sauter dans chaque train proverbial qui passe. Restez fid\u00e8le \u00e0 vos valeurs et votre t\u00e9l\u00e9spectateur, auditeur, lecteur ou surfeur vous r\u00e9compensera. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

L\u2019(in)utilit\u00e9 des m\u00e9dias sociaux<\/h2>\n\n\n\n

Pour bon nombre d\u2019entre nous, et surtout pour les jeunes, les m\u00e9dias sociaux sont la source par excellence pour qui cherche \u00e0 s\u2019informer. C\u2019est ce qui ressort par exemple chaque ann\u00e9e des Digital News Reports de Reuters<\/a>. Matthias Langenaeker<\/a> a demand\u00e9 au patron d\u2019IPM s\u2019il entrevoyait des possibilit\u00e9s \u00e0 ce niveau. Fran\u00e7ois le Hodey est cat\u00e9gorique : il n\u2019y voit pas de mod\u00e8le d\u2019affaires pour IPM Group, mais \u0153uvre quand m\u00eame pour un \u00e9cosyst\u00e8me de diff\u00e9rents acteurs belges, et parle d\u2019une d\u00e9pendance mutuelle. \u00ab Chaque segment de l\u2019industrie de la communication et du contenu d\u00e9pend des autres. \u00c0 quoi ressemblerait le march\u00e9 publicitaire belge si les r\u00e9dactions \u00e9taient r\u00e9duites de moiti\u00e9 ou ne feraient plus que curer du contenu ? Si, demain, nous n\u2019avons plus les moyens de cr\u00e9er cette richesse de contenu, cela entra\u00eenera un appauvrissement du march\u00e9 publicitaire, mais aussi de la soci\u00e9t\u00e9. Les annonceurs ont tendance \u00e0 opter pour la solution la moins ch\u00e8re, et non pour la qualit\u00e9. C\u2019est une erreur. Plus que jamais, la qualit\u00e9 est la cl\u00e9. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

La muraille de Chine entre r\u00e9daction et publicit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n

Logiquement, le point suivant du d\u00e9bat portait sur la mani\u00e8re d\u2019assurer la coexistence de contenus journalistiques de qualit\u00e9 et d\u2019int\u00e9r\u00eats commerciaux<\/strong>. Fran\u00e7ois le Hodey dit que l\u2019ind\u00e9pendance r\u00e9dactionnelle est cruciale si l\u2019on veut garantir la qualit\u00e9 des marques d\u2019IPM Group sur le long terme. \u00ab Nous employons des journalistes, pas des influenceurs. Nous demandons \u00e9videmment parfois aux r\u00e9dactions d\u2019imaginer et de d\u00e9velopper des contenus journalistiques autour de certains th\u00e8mes qui soient int\u00e9ressants pour les annonceurs. En outre, il y a du contenu partenaire, cr\u00e9\u00e9 en dehors de la r\u00e9daction et \u00e9tiquet\u00e9 comme de la publicit\u00e9. Celui-ci doit cependant aussi \u00eatre qualitatif. Il s\u2019agit de trouver un bon \u00e9quilibre entre tous ces contenus. La relation entre notre r\u00e9gie, le d\u00e9partement marketing et nos r\u00e9dactions est aujourd\u2019hui tr\u00e8s mature, ce qui permet une collaboration organique. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

Peter Quaghebeur dit, lui aussi, que l\u2019ind\u00e9pendance journalistique est sacrosainte<\/strong>. \u00ab Dans ma carri\u00e8re, je n\u2019ai jamais vu de muraille de Chine aussi haute entre r\u00e9daction et r\u00e9gie publicitaire que chez Mediafin. En revanche, je dois veiller \u00e0 ce que mes 300 collaborateurs, dont 180 journalistes, \u0153uvrent dans le m\u00eame objectif et collaborent aussi. Cet objectif commence avec la r\u00e9daction. Nous ne faisons aucune concession \u00e0 cet \u00e9gard et s\u00e9parons strictement le marketing et la r\u00e9daction. Quaghebeur voit par contre des fissures appara\u00eetre dans la muraille de Chine d\u2019autres groupes m\u00e9dia. \u00ab Je trouve que le journal sur VTM pr\u00e9sente les signes d\u2019une \u00e9volution f\u00e2cheuse. Le dernier sujet aborde souvent le programme qui suit le journal. La publicit\u00e9 pour The Masked Singer n\u2019a tout de m\u00eame rien \u00e0 voir avec la couverture de l\u2019actualit\u00e9 ! \u00c0 terme, c\u2019est n\u00e9faste pour votre marque. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

L\u2019IA, d\u00e9clencheur d\u2019un nouveau mod\u00e8le d\u2019affaires ?<\/h2>\n\n\n\n

Le d\u00e9bat s\u2019est cl\u00f4tur\u00e9 par un regard sur l\u2019avenir<\/strong>, plus pr\u00e9cis\u00e9ment sur ce qui rend les deux \u00e9diteurs positifs. \u00ab Il y a beaucoup d\u2019incertitudes pour l\u2019avenir, mais \u00e7a me rassure que, plus que jamais, la soci\u00e9t\u00e9 a besoin de ce en quoi nous sommes forts \u00bb, dixit le Hodey. Au niveau de la publicit\u00e9, il faut tenir \u00e0 l\u2019\u0153il quels sont les m\u00e9dias cruciaux. D\u2019apr\u00e8s moi, les piliers pour les ann\u00e9es \u00e0 venir sont la qualit\u00e9 du contenu et les communaut\u00e9s, la confiance, la s\u00e9curit\u00e9 de marque et l\u2019importance de la communication image, pour laquelle nous sommes le partenaire id\u00e9al. \u00bb
Peter Quaghebeur a confiance en la qualit\u00e9 des collaborateurs dans le vaste secteur des m\u00e9dias<\/strong>. \u00ab Nous sommes un petit pays et devons donc \u00eatre cr\u00e9atifs pour survivre. Nous disposons toutefois de m\u00e9dias tr\u00e8s qualitatifs. Il n\u2019y qu\u2019\u00e0 voir l\u2019expansion des groupes de presse quotidienne belges \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. En outre, le monde change \u00e0 la vitesse grand V. ChatGPT et l\u2019intelligence artificielle sont des th\u00e8mes pertinents. \u00c0 l\u2019heure actuelle, chaque groupe m\u00e9dia se pose la question de savoir si, \u00e0 l\u2019avenir, il aura encore besoin d\u2019autant de journalistes, traducteurs et cr\u00e9ateurs de contenu. Je suis toutefois persuad\u00e9 que nous nous adapterons aussi \u00e0 ce d\u00e9fi et que nous lui trouverons de nouvelles solutions. Je vois les choses d\u2019un \u0153il positif pour les prochaines g\u00e9n\u00e9rations. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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