{"id":45774,"date":"2023-06-05T17:32:16","date_gmt":"2023-06-05T15:32:16","guid":{"rendered":"https:\/\/wemedia.be\/magazinemedia\/?p=45774"},"modified":"2023-07-27T16:36:57","modified_gmt":"2023-07-27T14:36:57","slug":"the-makers-sarah-crew-the-bulletin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wemedia.be\/magazinemedia\/fr\/nieuws\/the-makers-sarah-crew-the-bulletin\/","title":{"rendered":"The Makers : Sarah Crew (The Bulletin)"},"content":{"rendered":"\n

Qualifiez-la de femme \u00e0 tout faire ou de touche-\u00e0-tout cr\u00e9ative, le fait est que la professionnelle Sarah Crew (The Bulletin) maintient plus de balles en l\u2019air qu\u2019une jongleuse accomplie. En tant que r\u00e9dactrice en chef, \u00e9ditrice et responsable des partenariats commerciaux et des publicit\u00e9s, elle se charge actuellement tant du volet contenu que du volet commercial de The Bulletin, la plateforme anglophone en ligne d\u00e9di\u00e9e aux expats. Il n\u2019y a donc pas de meilleure interlocutrice pour converser sur les magazines (en ligne).<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n

The Bulletin existe depuis 61 ans et pendant tout ce temps, il a subi diverses m\u00e9tamorphoses : d\u2019une newsletter \u00e0 un magazine print hebdomadaire \u00e0 succ\u00e8s, puis \u00e0 un magazine en ligne. Sarah Crew, la r\u00e9dactrice en chef et \u00e9ditrice actuelle, peut se pr\u00e9valoir d\u2019un parcours tout aussi mouvement\u00e9 qu\u2019int\u00e9ressant. Apr\u00e8s des \u00e9tudes de Master en journalisme, elle s\u2019est retrouv\u00e9e dans le journalisme imprim\u00e9 au Royaume-Uni et en Australie. C\u2019est l\u2019amour qui l\u2019a ensuite fait venir en Belgique. En 2005, apr\u00e8s une pause journalistique de 17 ans, elle a rejoint The Bulletin. \u00ab Ce magazine faisait office de bible pour moi \u00bb, dit-elle en riant. \u00ab En tant qu\u2019expat, c\u2019\u00e9tait le moyen id\u00e9al de se tenir au courant des activit\u00e9s et \u00e9v\u00e9nements \u00e0 Bruxelles. Il aidait les \u00e9trangers, et donc moi aussi, \u00e0 mieux comprendre et conna\u00eetre tout ce qui se trame et se passe en Belgique. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

Trois jobs pour le prix d\u2019un<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Initialement, Crew combinait pas moins de trois boulots au sein du magazine. \u00ab Je m\u2019occupais de la r\u00e9ception, j\u2019aidais \u00e0 r\u00e9diger l\u2019agenda culturel et je donnais un coup de main c\u00f4t\u00e9 publicit\u00e9s.  Je n\u2019avais plus pratiqu\u00e9 le journalisme pendant 17 ans et j\u2019estimais donc qu\u2019il \u00e9tait normal que je recommence tout en bas de l\u2019\u00e9chelle et que je d\u00e9panne l\u00e0 o\u00f9 cela s\u2019av\u00e9rait n\u00e9cessaire. En outre, ce fut id\u00e9al pour me roder et me familiariser avec les diff\u00e9rents aspects du titre. Heureusement, j\u2019ai r\u00e9ussi \u00e0 gravir les \u00e9chelons et apr\u00e8s un peu plus d\u2019un an je suis devenue r\u00e9dactrice de l\u2019agenda \u2018What\u2019s on\u2019, o\u00f9 j\u2019\u00e9tais responsable d\u2019environ 14 pages du magazine. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

Si la carri\u00e8re de Crew \u00e9tait en phase ascendante, The Bulletin, justement, \u00e9tait pris dans une spirale contraire et en 2007 le magazine a fini par tomber dans l\u2019escarcelle de Mediahuis. R\u00e9sultat ? La version print a syst\u00e9matiquement \u00e9t\u00e9 d\u00e9graiss\u00e9e et \u00e0 cause du march\u00e9 publicitaire en baisse, le titre num\u00e9rique a vu sa publication se r\u00e9duire d\u2019une parution trimestrielle \u00e0 annuelle. Fin 2021, lorsque Mediahuis a d\u00e9cid\u00e9 de d\u00e9brancher le syst\u00e8me de survie, le chapitre print a pris fin d\u00e9finitivement.<\/p>\n\n\n\n

Une marque m\u00e9dia en ligne<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

La fin du magazine imprim\u00e9 n\u2019a toutefois pas entra\u00een\u00e9 la disparition de The Bulletin, car Crew a d\u00e9cid\u00e9 de prendre les r\u00eanes. Nouvelle patronne, nouvelles r\u00e8gles ? \u00ab Quand j\u2019ai commenc\u00e9 en 2005, nous avions une \u00e9quipe de 25 collaborateurs \u00e0 temps plein et un tas de free-lances. Depuis d\u00e9but 2022, je suis la seule \u00e0 travailler full-time pour The Bulletin, appuy\u00e9e par des free-lances, m\u00eame si depuis cette ann\u00e9e nous nous agrandissons \u00e0 nouveau syst\u00e9matiquement. Compar\u00e9 \u00e0 avant ? Une petite \u00e9quipe jouit d\u2019un grand atout : celui de la flexibilit\u00e9. Je ne dois en effet plus me concerter avec d\u2019autres d\u00e9partements, par exemple celui du marketing ou des accounts.  Par contre, la charge de travail et le stress sont aujourd\u2019hui bien plus \u00e9lev\u00e9s. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

Il s\u2019av\u00e8re que sur le plan du contenu aussi, The Bulletin prend d\u00e9sormais un autre cap. \u00ab Les jours de semaine, nous publions au moins quatre r\u00e9cits d\u2019actualit\u00e9, nous avons une newsletter quotidienne du lundi au vendredi inclus, ainsi qu\u2019une newsletter hebdomadaire le samedi \u2013 m\u00eame si, parfois, cette derni\u00e8re est d\u00e9j\u00e0 diffus\u00e9e le vendredi apr\u00e8s-midi \u2013 contenant plut\u00f4t des r\u00e9cits que de l\u2019actualit\u00e9. \u00bb Crew nuance imm\u00e9diatement ses propos en indiquant qu\u2019il n\u2019est plus aussi facile qu\u2019avant de proposer des contenus uniques. \u00ab  Aujourd\u2019hui, nous tendons g\u00e9n\u00e9ralement l\u2019oreille vers d\u2019autres canaux, tant en Flandre qu\u2019en Wallonie, car nous ne sommes pas toujours dans une position qui nous permet de partir activement \u00e0 la recherche de l\u2019information par nos propres moyens. En outre, il est impossible de proposer un m\u00eame volume de contenus en ligne que dans un magazine imprim\u00e9. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

L\u2019interaction avec les lecteurs<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Le nombre d\u2019articles d\u2019actualit\u00e9 a beau avoir diminu\u00e9 au fil des ans, Crew part toujours bel et bien \u00e0 la recherche de contenus accrocheurs. \u00ab Je suis peut-\u00eatre vieux-jeu, mais nous ne visons pas uniquement les articles qui g\u00e9n\u00e8rent beaucoup de clics, poussant aussi des r\u00e9cits dont nous estimons qu\u2019ils sont importants pour la communaut\u00e9 internationale. Un exemple ? Des informations pratiques pour les nouveaux venus et des r\u00e9cits destin\u00e9s aux fugitifs en Belgique. En outre, nous consacrons beaucoup d\u2019attention et d\u2019\u00e9nergie \u00e0 l\u2019interaction avec les lecteurs. Nous organisons ainsi des concours et des \u00e9v\u00e9nements et avons l\u2019intention d\u2019\u00e9largir encore ce volet. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

S\u2019arr\u00eater, c\u2019est reculer, dans le monde m\u00e9dia aussi, donc que r\u00e9serve l\u2019avenir \u00e0 The Bulletin ? \u00ab Je veux que nous restions pertinents pour tous nos lecteurs \u2013 expats, migrants \u00e9conomiques, fugitifs et \u2013 mais oui \u2013 Belges aussi \u2013, qui d\u00e9barquent en Belgique et cherchent \u00e0 lire des articles en anglais. Plus que jamais, nous nous devons de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 notre communaut\u00e9 de lecteurs internationale et \u00e0 la fa\u00e7on dont celle-ci a \u00e9volu\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Pour bon nombre de nos lecteurs, l\u2019anglais n\u2019est en effet pas la langue maternelle et nous ne pouvons donc pas tomber dans le pi\u00e8ge de devenir trop anglocentriste. \u00c0 l\u2019avenir, je souhaite en outre \u00e0 nouveau miser davantage sur les contenus propres. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

La famille, \u00e7a compte<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

C\u2019est plus grand, mais tout de m\u00eame intime. Car le grand secret et succ\u00e8s r\u00e9side dans l\u2019esprit de groupe, r\u00e9v\u00e8le Crew. \u00ab Quand j\u2019ai commenc\u00e9 en 2005, The Bulletin donnait le sentiment d\u2019une sorte de famille. La plupart des expats qui arrivent en Belgique n\u2019ont pas de r\u00e9seau sur lequel s\u2019appuyer. Pour beaucoup de gens, The Bulletin \u00e9tait (et est) d\u00e8s lors plus qu\u2019un simple lieu de travail : il offrait un support 24\/7, et ce, \u00e0 diff\u00e9rents niveaux. Cette solidarit\u00e9, je la ressens toujours, entre autres chez des ex-coll\u00e8gues qui offrent spontan\u00e9ment leur plume \u00e0 l\u2019occasion d\u2019\u00e9ditions anniversaire du magazine en ligne etc. Sans oublier que c\u2019est un chouette job. Je suis une journaliste dans l\u2019\u00e2me et entrer en contact avec tant de gens et \u00e9crire sur la Belgique me botte \u00e9norm\u00e9ment. M\u00eame si cela ne me rendra pas riche. \u00bb (rires<\/em>)<\/p>\n\n\n\n

Un retour au print ?<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Enfin, un retour au print serait-il dans le domaine du possible, compte tenu des finances ? \u00ab Ce n\u2019est pas une question de vouloir, mais de pouvoir financi\u00e8rement. Il est h\u00e9las devenu extr\u00eamement difficile de r\u00e9aliser des b\u00e9n\u00e9fices avec un magazine imprim\u00e9. Cette derni\u00e8re d\u00e9cennie, tous les m\u00e9dias ont d\u00fb se r\u00e9inventer \u00e0 cause de la r\u00e9volution num\u00e9rique. Heureusement, les journalistes ont souvent facile \u00e0 s\u2019adapter. D\u2019un point de vue pratique, j\u2019ai tendance \u00e0 dire que l\u2019avenir du journalisme se situe en ligne, mais les temps sont incertains et on ne sait donc jamais. Si nous parvenions \u00e0 trouver un partenaire externe, ce serait g\u00e9nial de pouvoir reproposer du print. Car honn\u00eatement ? Bien s\u00fbr que \u00e7a nous manque ! \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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