{"id":41237,"date":"2021-10-21T15:07:03","date_gmt":"2021-10-21T13:07:03","guid":{"rendered":"https:\/\/wemedia.be\/magazinemedia\/?p=41237"},"modified":"2021-10-21T15:12:06","modified_gmt":"2021-10-21T13:12:06","slug":"les-medias-sociaux-en-tant-que-source-dinformation-paradoxal-et-inevitable","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wemedia.be\/magazinemedia\/fr\/nieuws\/les-medias-sociaux-en-tant-que-source-dinformation-paradoxal-et-inevitable\/","title":{"rendered":"Les m\u00e9dias sociaux en tant que source d\u2019information : paradoxal et in\u00e9vitable"},"content":{"rendered":"

En Belgique et aux Pays-Bas, la confiance dans les m\u00e9dias est grande compar\u00e9e \u00e0 certains autres pays europ\u00e9ens (occidentaux). Aux quatre coins de l\u2019Europe, les plateformes de m\u00e9dias sociaux suscitent le moins de confiance chez les gens, mais entre-temps leur utilisation \u00e0 des fins d\u2019information ne cesse de cro\u00eetre, surtout chez les jeunes. Dans son Digital News Report 2021, Reuters s\u2019est plong\u00e9 dans le sujet.<\/em><\/p>\n

Lisez aussi :\u00a0Instagram rattrape d\u00e9finitivement Facebook en tant que m\u00e9dia pour jeunes<\/a><\/strong><\/p>\n

Les jeunes ont une autre fa\u00e7on de g\u00e9rer les contenus d\u2019information que les moins jeunes. Comme cette g\u00e9n\u00e9ration a grandi \u2018branch\u00e9e m\u00e9diatiquement\u2019 quasi partout dans le monde, elle dispose d\u2019une large panoplie de sources d\u2019information num\u00e9riques et ne tient en principe aucun fait d\u2019actualit\u00e9 automatiquement pour vrai.<\/p>\n

L\u2019information n\u2019est pas la raison principale<\/strong><\/h2>\n

Il ne s\u2019agit toujours que d\u2019une minorit\u00e9 des utilisateurs de m\u00e9dias sociaux (sauf sur Facebook et Twitter) qui consomme l\u2019actualit\u00e9 via ces canaux. Comme l\u2019utilisation des m\u00e9dias sociaux ne cesse de cro\u00eetre globalement et devient int\u00e9grale (pensez au commerce social ou connect\u00e9), le contact avec l\u2019information, recherch\u00e9 ou non, est un th\u00e8me majeur pour l\u2019avenir des organisations d\u2019information.<\/p>\n

\"Graph<\/strong><\/h2>\n

Rester au courant des derni\u00e8res nouvelles n\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement pas le motif premier de l\u2019utilisation des m\u00e9dias sociaux, confirme Reuters. Les jeunes se servent souvent d\u2019un moteur de recherche pour se rendre sur un site d\u2019information ou rechercher des nouvelles. Ils se rendent rarement directement sur des sites ou des applis d\u2019information. Cela vaut surtout pour ceux qui s\u2019int\u00e9ressent tr\u00e8s peu \u00e0 l\u2019actualit\u00e9.<\/p>\n

Pour la pertinence soci\u00e9tale des organisations d\u2019information, toucher ces groupes-l\u00e0 est justement essentiel. Compte tenu du temps que les gens consacrent aux r\u00e9seaux sociaux et des dangers des fausses informations et de la propagande politique, les journalistes et les organisations d\u2019information doivent trouver des moyens de s\u2019adapter \u00e0 ces environnements plus informels, affirme Reuters dans le rapport.<\/p>\n

Quels m\u00e9dias sociaux les gens utilisent-ils pour suivre l\u2019actualit\u00e9\u00a0?<\/strong><\/h2>\n

Dans l\u2019\u00e9tude de Reuters, Facebook est bien plus souvent cit\u00e9 comme un r\u00e9seau o\u00f9 les gens tombent sur l\u2019actualit\u00e9. Un questionnement plus approfondi r\u00e9v\u00e8le cependant qu\u2019il ne s\u2019agit g\u00e9n\u00e9ralement pas d\u2019une plateforme o\u00f9 les gens partent \u00e0 la recherche de l\u2019information. Il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019un apprentissage fortuit d\u2019informations pour ensuite y r\u00e9agir et en d\u00e9battre.<\/p>\n

YouTube est pour beaucoup un endroit o\u00f9 l\u2019on peut trouver des perspectives alternatives ou, simplement, un environnement sympa et divertissant. D\u2019autres r\u00e9seaux, comme Instagram, Snapchat et TikTok, sont l\u00e0 pour le divertissement et l\u2019amusement, avec \u2013 en prime \u2013 aussi un brin d\u2019information.<\/p>\n

Par contre, Twitter est souvent beaucoup plus per\u00e7u comme une destination primaire pour l\u2019information. Dans le monde occidental, la plateforme est beaucoup utilis\u00e9e par des journalistes et politiciens d\u00e9sireux d\u2019\u00eatre les premiers \u00e0 diffuser une information. Du coup, le service attire des utilisateurs mus par un int\u00e9r\u00eat marqu\u00e9 pour l\u2019actualit\u00e9. N\u00e9anmoins, dans un pays comme le Royaume-Uni il ne s\u2019agit toujours que de 3 % de la population totale \u00e0 peine qui se sert consciemment de la plateforme \u00e0 de fins d\u2019information (21 % des utilisateurs Twitter).<\/p>\n

Quelles sont les sources qui se d\u00e9fendent bien sur les m\u00e9dias sociaux\u00a0?<\/h2>\n

Tant sur Facebook que sur Twitter, la majorit\u00e9 des consommateurs d\u2019information disent qu\u2019ils sont le plus enclins \u00e0 pr\u00eater de l\u2019attention aux m\u00e9dias et journalistes r\u00e9guliers. Beaucoup d\u2019utilisateurs appr\u00e9cient toutefois aussi les perspectives alternatives qu\u2019ils y trouvent.<\/p>\n

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Sur YouTube, l\u2019attention est g\u00e9n\u00e9ralement r\u00e9partie de mani\u00e8re \u00e9gale entre les sources d\u2019information et de divertissement, dont les c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s, les politiciens et les gens ordinaires.<\/p>\n

Ce sont justement ceux qui ont moins confiance en l\u2019information qui seront plus enclins \u00e0 rechercher des sources alternatives. Ils pr\u00eatent moins d\u2019attention aux \u00e9missions d\u2019information r\u00e9guli\u00e8res.<\/p>\n

De quoi s\u2019agit-il\u00a0?<\/h2>\n

Une grande partie de l\u2019information circulant sur Instagram, Snapchat et TikTok est li\u00e9e \u00e0 des th\u00e8mes comme la sante, la mode et la sexualit\u00e9. Il s\u2019agit bien moins de sujets d\u2019actualit\u00e9 \u2018traditionnels\u2019 comme la politique ou l\u2019\u00e9conomie.<\/p>\n

Le focus sur le fun et le divertissement ne signifie pas pour autant que les jeunes ne seraient pas pr\u00eats \u00e0 discuter de choses \u2018s\u00e9rieuses\u2019 sur ces plateformes. \u00a0Que du contraire\u00a0: du changement climatique \u00e0 Black Lives Matter, il existe beaucoup de jeunes qui se servent de leur cr\u00e9ativit\u00e9 pour accro\u00eetre la prise de conscience autour des probl\u00e8mes qui les pr\u00e9occupent.<\/p>\n

Influenceurs et c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s\u00a0: \u00a0bon ou mauvais\u00a0?<\/h2>\n

Les stars et les influenceurs jouent parfois un r\u00f4le cl\u00e9 dans ces discussions. Dans le meilleur des cas, ils accroissent la prise de conscience en prenant position sur des questions importantes\u00a0; dans le pire des cas, ils diffusent des informations qui sont fausses ou trompeuses.<\/p>\n

Il s\u2019av\u00e8re ainsi qu\u2019ils comptent parmi les diffuseurs principaux d\u2019informations erron\u00e9es via les m\u00e9dias sociaux sur les vaccins et le lien avec les r\u00e9seaux 5G, dixit Reuters. L\u2019institut se demande d\u00e8s lors si, afin d\u2019enrayer cette tendance, les journalistes et les organisations d\u2019information ne pourraient pas jouer un r\u00f4le plus important sur ces plateformes.<\/p>\n

InstaFactcheck et TikTokNews<\/strong><\/h2>\n

Les organisations d\u2019information commencent \u00e0 saisir l\u2019importance d\u2019une participation aux environnements de m\u00e9dias sociaux. Divers journalistes s\u2019y sont d\u00e9j\u00e0 essay\u00e9s. Le ‘TikTok man’ du Washington Post, Dave Jorgenson, par exemple, cr\u00e9e r\u00e9guli\u00e8rement des parodies amusantes li\u00e9es \u00e0 l\u2019actualit\u00e9. Quant au Guardian, il produit sur Instagram le segment ‘Fake or for Real?’, dans lequel un jeune journaliste \u00e9pluche les affirmations de la semaine \u00e0 l\u2019aide de la fonctionnalit\u00e9 \u2018quiz\u2019 de la plateforme.<\/p>\n

Certains r\u00e9seaux, comme Snapchat, pr\u00e9voient un espace s\u00e9par\u00e9 pour l\u2019information. Sur Instagram et TikTok, par contre, les r\u00e9cits d\u2019information se m\u00e9langent aux vid\u00e9os et aux images partag\u00e9es par d\u2019autres utilisateurs. Pour les organisations d\u2019information traditionnelles, cela cr\u00e9e un environnement inhabituel et difficilement navigable.<\/p>\n

Comme les algorithmes sont principalement aliment\u00e9s par la popularit\u00e9 et la pertinence, un contenu doit \u00eatre tr\u00e8s attrayant pour toucher un large public. C\u2019est sans doute encore plus important pour les r\u00e9dactions qui exploitent activement TikTok (ou qui comptent le faire), o\u00f9 les utilisateurs passent le plus clair de leur temps \u00e0 \u2018feuilleter\u2019 les centaines de vid\u00e9os sur la page \u2018Pour vous\u2019.<\/p>\n

Faire du journalisme sur les m\u00e9dias sociaux peut passer par l\u2019adaptation toute b\u00eate de contenus existants \u00e0 l\u2019aide de nouveaux formats, mais peut aussi demander une toute nouvelle approche avec un contenu sur mesure, un agenda diversifi\u00e9 et plus de libert\u00e9 r\u00e9dactionnelle pour de plus jeunes journalistes.<\/p>\n

Source : Reuters Digital News Report 2021\u00a0<\/a><\/p>\n

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