{"id":40192,"date":"2021-06-21T08:15:40","date_gmt":"2021-06-21T06:15:40","guid":{"rendered":"https:\/\/wemedia.be\/magazinemedia\/?p=40192"},"modified":"2021-07-02T10:53:50","modified_gmt":"2021-07-02T08:53:50","slug":"ce-quon-apprend-au-berceau-dure-jusquau-tombeau-ou-sont-les-magazines-pour-jeunes-en-belgique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wemedia.be\/magazinemedia\/fr\/nieuws\/ce-quon-apprend-au-berceau-dure-jusquau-tombeau-ou-sont-les-magazines-pour-jeunes-en-belgique\/","title":{"rendered":"Ce qu\u2019on apprend au berceau, dure jusqu\u2019au tombeau\u00a0! O\u00f9 sont les magazines pour jeunes en Belgique\u00a0?"},"content":{"rendered":"

La Gen Z et la Gen Alpha qui lui succ\u00e8de (ceux n\u00e9s apr\u00e8s 2010) ne lisent plus. On ne les retrouve plus que sur TikTok et ils ne consomment que des contenus vid\u00e9o. Voil\u00e0 comment chez nous le secteur voit les plus jeunes \u2018consommateurs\u2019. Outre For Girls Only<\/a> de De Deeluitgeverij<\/a>, la Belgique a peu \u00e0 offrir \u00e0 ce groupe cible. La situation est diff\u00e9rent dans d’autres pays. Pourquoi plus de magazines jeunesse pour les 7 \u00e0 14 ans y paraisse ? Que pouvons-nous apprendre des exemples internationaux ?<\/em><\/p>\n

Lisez aussi :\u00a0SMI Barometer Belgique\u00a0: 85 % des jeunes suivent au moins 1 influenceur<\/a><\/strong><\/p>\n

It\u2019s the advertising, stupid!<\/h2>\n

Les \u00e9chos qui nous sont r\u00e9cemment venus des Pays-Bas ne semblent que confirmer l\u2019id\u00e9e que les jeunes ne lisent pas\u00a0: Audax arr\u00eate la publication de CosmoGirl, Girlz et Hitkrant. Le motif\u00a0? Les magazines n\u2019ont pas r\u00e9ussi \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer suffisamment de revenus pour l\u2019\u00e9diteur. Cela semble pourtant relever d\u2019une d\u00e9saffectation des annonceurs plut\u00f4t que d\u2019un manque d\u2019int\u00e9r\u00eat de la part des jeunes lecteurs. \u00c7a aussi, \u00e7a ressort d\u2019une \u00e9tude d\u2019audience.<\/p>\n

Le probl\u00e8me des magazines pour jeunes semble d\u2019abord se situer sur le march\u00e9 publicitaire, un sort que partagent certains autres magazines depuis l\u2019an dernier. Personne ne nie que les tirages diminuent en print, mais quelle en est la signification\u00a0? Chez CosmoGirl, il n\u2019\u00e9tait nullement question d\u2019une baisse substantielle de l\u2019audience l\u2019an dernier et chez Girlz celle-ci \u00e9tait m\u00eame en hausse (source\u00a0: NOM Media).<\/p>\n

Pourquoi les \u00e9diteurs investiraient-ils dans le march\u00e9 des jeunes\u00a0?<\/h2>\n

L\u2019int\u00e9r\u00eat pour et le besoin de contenus de qualit\u00e9 ont plut\u00f4t augment\u00e9, nous r\u00e9v\u00e8lent des enregistrements tous azimuts dans d\u2019autres pays. Sur Instagram, les deux titres pour filles aux Pays-Bas ont d\u00e8s lors connu une forte hausse l\u2019an dernier. Il n\u2019y a que le format, le lieu et le mode de consommation magazine des jeunes qui aient chang\u00e9. L\u2019heure d\u2019une offre plus contemporaine a sonn\u00e9.<\/p>\n

Il y a encore d\u2019autres arguments valables pour qui veut investir dans le contenu magazine pour jeunes. Un des plus concluants est sans doute le r\u00f4le que peuvent jouer les magazines dans l\u2019\u00e9ducation et la formation. La lecture est une aptitude pertinente qui aide les jeunes \u00e0 progresser dans leurs \u00e9tudes et leur carri\u00e8re. Une s\u00e9rie d\u2019\u00e9tudes d\u00e9montrent que lire sur le papier am\u00e9liore la compr\u00e9hension, le pouvoir d\u2019analyse et la m\u00e9morisation. De plus, \u00e7a aide le lecteur \u00e0 d\u00e9velopper de l\u2019empathie pour des th\u00e8mes et des personnes.<\/p>\n

Les magazines pr\u00e9sentent un seuil de lecture plus bas<\/h2>\n

Il s\u2019av\u00e8re que les \u00e9tudiants d\u2019aujourd\u2019hui ont d\u00e9j\u00e0 plus difficile \u00e0 \u2018lire en profondeur\u2019 des textes, ce qui aboutit \u00e0 une moindre compr\u00e9hension et empathie, un m\u00e9morisation m\u00e9diocre et la perte de leur capacit\u00e9 d\u2019analyse critique. Ils pr\u00e9f\u00e8rent \u00e9viter toute mati\u00e8re complexe et sont aussi plus sensibles \u00e0 la d\u00e9sinformation et aux fake news.<\/p>\n

Lisez aussi :\u00a0La lecture digitale (lire\u00a0: diagonale) modifie notre cerveau<\/a><\/strong><\/p>\n

C\u2019est l\u00e0 que se situent les opportunit\u00e9s pour les \u00e9diteurs de magazines dans notre pays. Lire un magazine ou une bande dessin\u00e9e demande moins d\u2019effort de la part du \u2018cerveau num\u00e9ris\u00e9\u2019. Ces supports pr\u00e9sentent d\u00e8s lors un seuil moins important lorsqu\u2019il convient d\u2019inciter les jeunes \u00e0 lire. Cependant, il s\u2019agit alors d\u2019appliquer un mod\u00e8le d\u2019affaires profitable, logiquement bas\u00e9 sur des flux de revenus issus des lecteurs\/utilisateurs et des partenariats de marque. Compte tenu de l\u2019\u00e2ge du public cible, cela va \u00e9videmment de pair avec une s\u00e9rie d\u2019inconv\u00e9nients et de points sensibles.<\/p>\n

D\u00e9velopper l\u2019affinit\u00e9 \u00e0 la marque \u00e0 un \u00e2ge pr\u00e9coce<\/h2>\n

Les cibles plus jeunes \u00ab\u00a0ont souvent une affinit\u00e9 avec une marque pr\u00e9sente dans leur foyer quand ils grandissaient\u00a0\u00bb, dit Reuters Institute for the Study of Journalism. En 2019, l\u2019institut a r\u00e9alis\u00e9 une \u00e9tude pour sonder les comportements g\u00e9n\u00e9rationnels dans la consommation m\u00e9dia. Gr\u00e2ce \u00e0 cet effet g\u00e9n\u00e9rationnel, certains magazines survivent depuis d\u00e9j\u00e0 de nombreuses d\u00e9cennies.<\/p>\n

Dans un secteur ax\u00e9 sur les relations, une affinit\u00e9 et un usage acquis depuis l\u2019\u00e2ge le plus tendre sont un cadeau \u00e0 vie. Les Gen Z ne feuill\u00e8teront sans doute pas l\u2019exemplaire HUMO ou Knack de leurs parents, mais suivront plut\u00f4t les versions digitales, les canaux YouTube et les podcasts de la marque.\u00a0 Cela offre la possibilit\u00e9 \u00e0 ces publications h\u00e9rit\u00e9es de se forger une relation avec un public natif num\u00e9rique plus jeune sur des plateformes sociales populaires.<\/p>\n

Les enfants de la g\u00e9n\u00e9ration Gen Alpha, qui ont moins de 13 ans, ne peuvent pas cr\u00e9er leur propres comptes de m\u00e9dias sociaux et les parents limitent aussi souvent leur temps d\u2019\u00e9cran. Voil\u00e0 pourquoi les produits imprim\u00e9s et les environnements s\u00fbrs en ligne sont essentiels pour qui veut toucher ces cibles tout en recueillant l\u2019approbation des parents.<\/p>\n

Le bon mod\u00e8le d\u2019affaires, une offre adapt\u00e9e<\/h2>\n

De cette fa\u00e7on, les jeunes d\u00e9veloppent une affinit\u00e9 \u00e0 la marque, non seulement par nostalgie, mais \u00e0 travers des liens directs avec l\u2019\u00e9diteur m\u00eame. Avec la bonne approche, cette affinit\u00e9 avec des marques magazine \u2018h\u00e9rit\u00e9es\u2019 \u00e9tablies peut aussi \u00eatre exploit\u00e9e de nos jours, comme le prouvent de grandes marques de la trempe de The New York Times, Time, The Week et America\u2019s Test Kitchen.<\/p>\n

Malgr\u00e9 le fait que les jeunes enfants ont rarement la possibilit\u00e9 de d\u00e9penser leurs propres sous et que la loi les prot\u00e8ge contre un marketing par trop agressif, ces \u00e9diteurs ont d\u00e9couvert que les revenus d\u2019abonnements et de sponsoring peuvent constituer une base saine pour un business centr\u00e9 sur les jeunes. Comment s\u2019y prennent-ils\u00a0?<\/p>\n

Conseil n\u00b0 1\u00a0: les jeunes n\u2019aiment pas se retrouver sur la touche<\/h2>\n

Une conviction partag\u00e9e par tous les \u00e9diteurs est qu\u2019il faut donner l\u2019occasion aux jeunes de participer \u00e0 la cr\u00e9ation de contenu afin de faire partie int\u00e9grante de la communaut\u00e9. Pour ce faire, The Week Jr. a par exemple mis sur pied un Junior Council de 12 lecteurs qui font eux-m\u00eames des interviews et r\u00e9digent des r\u00e9cits pour le magazine.<\/p>\n

Time a cr\u00e9\u00e9 un programme de mentorat baptis\u00e9 Kid Reporter Program, qui permet \u00e0 10 lecteurs d\u2019apprendre les ficelles du m\u00e9tier du journalisme et de contribuer aux magazines Time et Time for Kids.<\/p>\n

America\u2019s Test Kitchen Kids dispose d\u2019un r\u00e9seau de plus de 14.000 testeurs de recettes qui se font envoyer des recettes pour les essayer chez eux et donner du feedback. Seules les recettes que 80 % d\u2019entre eux ou plus souhaitent cuisiner, sont publi\u00e9es.<\/p>\n

Quelques exemples \u00e0 succes<\/h2>\n
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  1. The New York Times Kids<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n

    L\u2019\u00e9dition New York Times Kids est n\u00e9e d\u2019une exp\u00e9rience unique en 2017 qui avait transform\u00e9 une partie du Sunday Times en un journal pour enfants. La r\u00e9action des lecteurs a amen\u00e9 l\u2019\u00e9diteur \u00e0 cr\u00e9er une section pour enfants mensuelle, r\u00e9currente et permanente. Seule la quatri\u00e8me de couverture de l\u2019\u00e9dition Kids contiendra de temps en temps de la publicit\u00e9. Le NYT planche sur le projet de rendre la marque multi-plateformes avec une nouvelle appli pour enfants incluant un journalisme informatif et des \u2018comment faire\u2019 ax\u00e9s sur l\u2019information.<\/p>\n

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    1. Time for Kids<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n

      Cela fait plus d\u2019un quart de si\u00e8cle que Time s\u2019investit dans le march\u00e9 pour jeunes. \u2018Time for Kids\u2019 a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 en 1995 comme une offre \u00e0 l\u2019attention des \u00e9coles, comprenant une \u00e9dition imprim\u00e9e r\u00e9dig\u00e9e pour les enfants et des feuilles de travail et plans de cours pour les profs. Depuis le d\u00e9but de la pand\u00e9mie, Time diffuse aussi ces contenus par voie digitale pour \u00eatre utilis\u00e9s dans des classes virtuelles.<\/p>\n

      \u00c0 l\u2019origine, l\u2019\u00e9dition num\u00e9rique \u00e9tait gratuite et subsidi\u00e9e par des partenariats avec des soci\u00e9t\u00e9s technologiques comme Google, HP et AT&T. Entre-temps, un mod\u00e8le d\u2019abonnements a \u00e9t\u00e9 introduit et Time for Kids compte 93.000 abonn\u00e9s num\u00e9riques.<\/p>\n

      Le magazine a aussi trouv\u00e9 le chemin de YouTube et les r\u00e9dacteurs ont ludifi\u00e9 le site Web. De ce fait, les enfants gagnent aujourd\u2019hui des prix lorsqu\u2019ils lisent des r\u00e9cits et exercent des activit\u00e9s. En 2020, le site a accueilli plus de 4 millions de visiteurs uniques.<\/p>\n

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      1. America\u2019s Test Kitchen<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n

        Les programmes culinaires ont \u00e9galement d\u00e9couvert le jeune public depuis quelque temps d\u00e9j\u00e0. America\u2019s Test Kitchen a mis la main \u00e0 la p\u00e2te en 2018, avec un livre de cuisine pour jeunes chefs, qui a caracol\u00e9 en t\u00eate des listes de bestsellers pendant des semaines. D\u2019autres livres de cuisine et un abonnement \u2018Cook Box\u2019 mensuel ont suivi sous le nom de Young Chefs\u2019 Club.<\/p>\n

        Ces derniers permettaient surtout \u00e0 l\u2019entreprise de toucher les parents et cela ne suffit pas pour construire la relation directe avec la cible que l\u2019on convoite tellement. En 2020, on a donc lanc\u00e9 le podcast Mystery Recipe et cette ann\u00e9e a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par le lancement d\u2019un cana YouTube avec deux \u00e9missions de recettes.<\/p>\n

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        1. The Week Jr.<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n

          Un an apr\u00e8s son lancement, en mars 2020, The Week Jr. Compte d\u00e9j\u00e0 100.000 abonn\u00e9s. De l\u2019\u00e9dition imprim\u00e9e, entendons-nous bien. Cette ann\u00e9e, ces revenus seront encore compl\u00e9t\u00e9s de partenariats, explique l\u2019\u00e9diteur. Il est ben et bien possible de faire de la publicit\u00e9, mais la plupart des annonces concernent des promotions de livres pour jeunes de 8 \u00e0 14 ans et les revenus issus des lecteurs constituent la plus grande part du flux mon\u00e9taire total.<\/p>\n

          Finalement, chez The Week Jr., la relation est quand m\u00eame surtout ax\u00e9e sur les parents, qui proc\u00e8dent au paiement de l\u2019abonnement et \u00e0 d\u2019autres achats \u00e9ventuels pour leurs enfants.<\/p>\n

          Source : Digiday\u00a0<\/a><\/p>\n

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