{"id":37908,"date":"2020-10-29T11:35:55","date_gmt":"2020-10-29T10:35:55","guid":{"rendered":"https:\/\/wemedia.be\/magazinemedia\/?p=37908"},"modified":"2020-10-29T11:35:55","modified_gmt":"2020-10-29T10:35:55","slug":"les-gens-recherchent-une-information-fiable-cela-peut-il-se-faire-sans-payer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wemedia.be\/magazinemedia\/fr\/nieuws\/les-gens-recherchent-une-information-fiable-cela-peut-il-se-faire-sans-payer\/","title":{"rendered":"Les gens recherchent une information fiable\u00a0: cela peut-il se faire sans payer\u00a0?"},"content":{"rendered":"

Un public m\u00e9dia fragment\u00e9, une prolif\u00e9ration de la d\u00e9sinformation, un manque de capacit\u00e9 de distinction entre le vrai et le faux et des m\u00e9dias qui subsistent avec difficult\u00e9 et \u00e9chouent financi\u00e8rement. Telle est la sombre image que peint l\u2019\u00e9tude IPSOS Trust Misplaced*. Il y a toutefois toujours des \u00e9l\u00e9ments positifs, le plus important \u00e9tant que la plupart des gens sont bel et bien \u00e0 la recherche d\u2019une information fiable.\u00a0 \u00a0<\/em><\/p>\n

Lisez aussi :\u00a0\u00ab\u00a0Beaucoup de m\u00e9dias ne peuvent plus se permettre un journalisme pertinent pour la d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb<\/a><\/strong><\/p>\n

La plupart des gens obtiennent leur information d\u2019un seul m\u00e9dia<\/strong><\/h2>\n

Une grande majorit\u00e9 de gens s\u2019informe r\u00e9guli\u00e8rement aupr\u00e8s d\u2019un seul m\u00e9dia. Du coup, il est plus probable qu\u2019ils se verront pr\u00e9senter une image plus coh\u00e9rente de l\u2019actualit\u00e9 et du monde.<\/p>\n

Bon nombre d\u2019entre eux puisent toutefois aussi leur information aupr\u00e8s de plusieurs m\u00e9dias. Les sources qui croissent le plus, comme les m\u00e9dias sociaux, sont les plus fragment\u00e9es. Le probl\u00e8me, dans ce contexte, c\u2019est qu\u2019il est plus difficile de trouver une coh\u00e9rence lorsqu\u2019il y a tant de voix, dixit le rapport.<\/p>\n

Les gens surestiment leurs connaissances m\u00e9diatiques<\/strong><\/h2>\n

De nos jours, la capacit\u00e9 de distinguer le vrai du faux fait \u00e9minemment partie des connaissances m\u00e9diatiques. Les gens se surestiment et ont environ deux fois plus confiance en leur propre capacit\u00e9 de distinguer le vrai du faux (59 %) qu\u2019en celle des autres dans leur propre pays (30 %).<\/p>\n

Cette confiance exag\u00e9r\u00e9e en soi, combin\u00e9e \u00e0 un manque de confiance en autrui, produit un m\u00e9lange toxique, d\u00e9clare le rapport. Il peut avoir pour cons\u00e9quence que toute information partag\u00e9e par des gens en lesquels on a moins confiance, soit jug\u00e9e et rejet\u00e9e comme \u2018probablement fausse\u2019, m\u00eame si elle est factuelle.<\/p>\n

En m\u00eame temps, il peut en d\u00e9couler que les gens examinent l\u2019information de fa\u00e7on moins critique si celle-ci provient de sources famili\u00e8res ou lorsqu\u2019elle est partag\u00e9e sur les m\u00e9dias sociaux par des gens de confiance.<\/p>\n

L\u2019information gratuite est la plus lue<\/strong><\/h2>\n

Environ deux personnes sur trois sont d\u2019accord avec l\u2019affirmation que \u00ab\u00a0je ne lis que l\u2019information \u00e0 laquelle j\u2019acc\u00e8de gratuitement\u00a0\u00bb. Il s\u2019av\u00e8re que la Belgique se situe pr\u00e8s de la moyenne (voir graphique). Deux tiers des r\u00e9pondants estiment qu\u2019ils ont \u00ab\u00a0facilement acc\u00e8s \u00e0 une information provenant de sources de confiance\u00a0\u00bb.<\/p>\n

Il est probable que les co\u00fbts de certaines sources d\u2019information font partie du probl\u00e8me. \u00c0 une \u00e9poque o\u00f9 tant de gens, aux quatre coins du monde, peinent \u00e0 r\u00e9gler leurs factures, le fait de payer pour quelque chose que l\u2019on peut aussi obtenir gratuitement, en apparence, semble peut-\u00eatre extravagant.<\/p>\n

Trois personnes sur dix, environ, disent qu\u2019elles sont pr\u00eates \u00e0 payer pour l\u2019information. En g\u00e9n\u00e9ral, il s\u2019agit de gens qui ont aussi les moyens de le faire. Il s\u2019av\u00e8re donc qu\u2019une majorit\u00e9 ne voit pas la n\u00e9cessit\u00e9 de payer pour l\u2019information, ce qui pose un gros probl\u00e8me \u00e0 qui cherche \u00e0 proposer de la qualit\u00e9.<\/p>\n

L\u2019information gratuite comble le vide que laisse l\u2019information de qualit\u00e9<\/strong><\/h2>\n

Le probl\u00e8me, c\u2019est que l\u2019information de qualit\u00e9 inf\u00e9rieure est presque toujours gratuite. Il est certain qu\u2019une information de qualit\u00e9 sup\u00e9rieure est disponible. M\u00eame les sites dot\u00e9s de paywalls offrent souvent un acc\u00e8s \u00e0 certains r\u00e9cits, par mois sans abonnement. Cependant, les blogs qui diffusent des th\u00e9ories de complot et les sites qui substituent les opinions \u00e0 l\u2019information sont presque toujours directement accessibles et se tapissent rarement derri\u00e8re un paywall.<\/p>\n

Si les gens ne sont donc pas dispos\u00e9s \u00e0 payer pour une information de qualit\u00e9, ou s\u2019ils ont le sentiment que \u00e7a n\u2019est pas dans leurs moyens, elle dispara\u00eetra largement de la sc\u00e8ne. Les contenus gratuits de qualit\u00e9 inf\u00e9rieure seront toujours l\u00e0 pour combler le vide.<\/p>\n

Les gens recherchent la v\u00e9rit\u00e9<\/strong><\/h2>\n

Les gens recherchent-ils activement la v\u00e9rit\u00e9\u00a0? La r\u00e9ponse semble \u00eatre un \u2018oui\u2019 retentissant. Dans la plupart des pays, les gens v\u00e9rifient r\u00e9guli\u00e8rement si l\u2019information qu\u2019ils lisent, visionnent ou \u00e9coutent provient de sources fiables.<\/p>\n

L\u00e0 aussi, la Belgique se trouve dans le ventre mou. Sommes-nous moins m\u00e9fiants envers les m\u00e9dias que dans d\u2019autres pays\u00a0? \u00c7a se pourrait fort bien. En Belgique, la confiance dans les m\u00e9dias est toujours relativement \u00e9lev\u00e9e. \u00c0 juste titre, probablement, vu la mani\u00e8re dont nos m\u00e9dias sont r\u00e9gul\u00e9s et contr\u00f4l\u00e9s, chose qui vaut d\u2019ailleurs aussi pour de nombreux pays ouest-europ\u00e9ens.<\/p>\n

Il est dans la nature de l\u2019\u00eatre humain d\u2019avoir confiance dans un contenu dont il pense qu\u2019il est vrai, mais souvent il croit qu\u2019il est vrai parce qu\u2019il renforce sa vision du monde. Cela pose bel et bien probl\u00e8me dans des pays moins r\u00e9gul\u00e9s, o\u00f9 l\u2019\u00e9tat contr\u00f4le les m\u00e9dias, voire o\u00f9 les m\u00e9dias manquent de neutralit\u00e9.<\/p>\n

\u00c0 propos de Trust Misplaced\u00a0: ce rapport est une collaboration entre Ipsos et The Trust Project, un consortium international sans but lucratif, install\u00e9 aux Etats-Unis et regroupant des organisations d\u2019information qui d\u00e9veloppent des standards de transparence. Sa mission consiste \u00e0 \u00ab\u00a0renforcer le d\u00e9vouement du journalisme \u00e0 la transparence, l\u2019exactitude, l\u2019inclusion et l\u2019honn\u00eatet\u00e9, pour que le public puisse faire des choix d\u2019information inform\u00e9s.\u00a0\u00bb Les \u2018indicateurs de confiance\u2019 qu\u2019il a d\u00e9velopp\u00e9s, sont utilis\u00e9s par Google, Facebook et Bing pour mettre en avant des contenus fiables dans les requ\u00eates de recherche et sur les m\u00e9dias sociaux. Apr\u00e8s une phase qualitative parmi les membre du Trust Project*, l\u2019\u00e9tude a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e par Ipsos aupr\u00e8s de quelque 19.000 r\u00e9pondants dans 27 pays.<\/em><\/span><\/p>\n

Source : IPSOS<\/a><\/p>\n

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