{"id":28026,"date":"2019-12-12T12:04:56","date_gmt":"2019-12-12T11:04:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.magazinemedia.be\/?p=28026"},"modified":"2019-12-19T14:07:00","modified_gmt":"2019-12-19T13:07:00","slug":"les-marques-magazine-digital-only-coup-fute-ou-erreur-fatale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wemedia.be\/magazinemedia\/fr\/nieuws\/les-marques-magazine-digital-only-coup-fute-ou-erreur-fatale\/","title":{"rendered":"Les marques magazines \u2018digital only\u2019: coup fut\u00e9 ou erreur fatale\u00a0?"},"content":{"rendered":"

De temps \u00e0 autre, des marques magazines disparaissent dans les supermarch\u00e9s et chez les marchands de journaux pour ne se perp\u00e9tuer que par voie num\u00e9rique. Chez nous, le ph\u00e9nom\u00e8ne reste assez circonscrit, mais au niveau international il s\u2019agit aussi de grands noms comme Marie Claire, Company et Glamour. Le \u2018digital only\u2019 semble \u00eatre une bonne id\u00e9e, vu le glissement des lecteurs du print vers Internet, les applis et les m\u00e9dias sociaux. Mais est-ce bien vrai\u00a0? Quels sont les effets \u00e0 long terme pour la marque m\u00e9dia\u00a0?<\/em><\/p>\n

A lire aussi :\u00a0Le print est de retour sans jamais \u00eatre parti<\/a><\/strong><\/p>\n

Malgr\u00e9 la num\u00e9risation des processus, pour les cr\u00e9ateurs de magazines d\u2019aujourd\u2019hui le papier, l\u2019impression et la distribution constituent toujours d\u2019\u00e9normes frais fixes\u00a0; des frais que d\u2019autres m\u00e9dias, plus volatiles, n\u2019ont pas. Du coup, il est de plus en plus ardu, surtout \u00e0 la lumi\u00e8re des rentr\u00e9es publicitaires en baisse, d\u2019\u00eatre rentable et de concurrencer les autres m\u00e9dias sur le march\u00e9 consommateur et publicitaire. Pourtant, certains magazines font d\u00e9j\u00e0 marche arri\u00e8re num\u00e9rique pour red\u00e9marrer en print.<\/p>\n

Moins d\u2019engagement en digital<\/strong><\/h3>\n

Une des raisons de ce retour aux sources est d\u00e9taill\u00e9e dans une nouvelle \u00e9tude de cas consacr\u00e9e au magazine de musique britannique culte NME. Apr\u00e8s avoir arr\u00eat\u00e9 le print en mars 2018 (apr\u00e8s 66 ans et un tirage record de 300.000 exemplaires), l\u2019engagement des lecteurs s\u2019est effondr\u00e9. Face \u00e0 une offre \u00e9gale, les gens consacraient beaucoup moins de temps au titre en digital\u00a0; dans ce cas-ci jusqu\u2019\u00e0 72 % en moins.<\/p>\n

\"Graph<\/a><\/p>\n

Ceci est comparable \u00e0 ce qui, deux ans auparavant, s\u2019\u00e9tait produit du c\u00f4t\u00e9 du journal The Independent. Dans un premier temps, lors du passage de marques magazine et d\u2019information au \u2018digital only\u2019, l\u2019attention semble tout simplement dispara\u00eetre partiellement. Les chercheurs indiquent n\u00e9anmoins que pour l\u2019instant aucune conclusion ne peut \u00eatre tir\u00e9e quant \u00e0 l\u2019effet sur l\u2019audience.<\/p>\n

Le print est un pli qu\u2019on a pris<\/strong><\/h3>\n

La force de l\u2019habitude semble jouer un r\u00f4le en print, tant pour les magazines que pour les journaux, o\u00f9 elle se manifeste encore plus. Quand l\u2019information est all\u00e9e en ligne, le rituel du moment quotidien sacrosaint de la lecture du journal a disparu. En ligne, cette exp\u00e9rience produit n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 recr\u00e9\u00e9e, mais en m\u00eame temps les lecteurs se sont vu offrir l\u2019acc\u00e8s \u00e0 toutes sortes d\u2019autres sources. Par contre, chaque marque m\u00e9dia a aussi l\u2019occasion de se reporter \u00e0 l\u2019attention de chacun via tous les canaux imaginables et d\u2019augmenter sa pr\u00e9sence dans la vie des lecteurs.<\/p>\n

La nouvelle g\u00e9n\u00e9ration mobile<\/strong><\/h3>\n

Quelle que soit la puissance du print, face \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration mobile les marques m\u00e9dia sont forc\u00e9es de d\u00e9velopper de nouvelles strat\u00e9gies et de nouveaux touchpoints. Bien que les jeunes aient clairement besoin de moments off-line ou d\u2019une d\u00e9tox digitale (lire plus ici<\/a>) et que les magazines jouent un r\u00f4le important \u00e0 ce niveau,\u00a0 il faut d\u2019abord que les marques magazine se forgent une pr\u00e9sence aupr\u00e8s de cette g\u00e9n\u00e9ration via d\u2019autres canaux.<\/p>\n

Dans le cas de NME, le passage au \u2018digital only\u2019 est sans doute la raison pour laquelle le magazine existe encore aujourd\u2019hui et qu\u2019entre-temps il est \u00e0 nouveau rentable. Apr\u00e8s plus de six mois, le nombre d\u2019utilisateurs mensuels uniques \u00e9tait plus \u00e9lev\u00e9 que jamais. Pour de nombreux magazines, aller en ligne permet d\u2019augmenter son public (mondial) et, en outre, de mettre sur pied d\u2019autres activit\u00e9s d\u2019int\u00e9r\u00eat commercial, tel que l\u2019e-commerce.<\/p>\n

D\u2019une conversation mensuelle \u00e0 une pr\u00e9sence continue<\/strong><\/h3>\n

En 2017, le magazine de mode Glamour a r\u00e9duit le nombre d\u2019\u00e9ditions imprim\u00e9es britanniques \u00e0 deux par an, devenant ainsi un titre \u2018digital first\u2019. Ce n\u2019\u00e9tait pas parce que les tirages \u00e9taient en chute libre\u00a0: Glamour se portait tr\u00e8s bien, avec une augmentation de tirage annuelle de 7 %. Si ce pas a \u00e9t\u00e9 franchi, c\u2019\u00e9tait en premier lieu pour pr\u00e9parer la marque magazine \u00e0 l\u2019avenir, dixit l\u2019\u00e9diteur.<\/p>\n

D\u2019une part, l\u2019inspiration est venue de l\u2019int\u00e9r\u00eat des annonceurs pour les marques num\u00e9riques (lire aussi\u00a0: Les marketeurs se regardent trop souvent dans la glace<\/a>), d\u2019autre part du constat que le public cible principal de Glamour, les Millennials, vit sa vie \u00e0 travers son smartphone. Du fait de r\u00e9orienter son attention du print au digital, la marque s\u2019est vue capable de passer de conversations mensuelles \u00e0 une pr\u00e9sence continue dans la vie des lecteurs.<\/p>\n

L\u2019exp\u00e9rience de lecture optimale et l\u2019engagement le plus \u00e9lev\u00e9<\/strong><\/h3>\n

La cl\u00e9 du succ\u00e8s semble d\u00e8s lors r\u00e9sider dans le bon mix. Quelle est la combinaison qui produira l\u2019exp\u00e9rience de lecture optimale et l\u2019engagement le plus \u00e9lev\u00e9\u00a0? Pour la plupart des \u00e9diteurs et des marques m\u00e9dia, ce n\u2019est pas une question exclusive, mais inclusive. Le r\u00f4le du print change aux yeux des lecteurs, et donc aussi au sein du mix des marques. Cela a in\u00e9vitablement un impact sur la fr\u00e9quence, les formules r\u00e9dactionnelles et des aspects comme la distribution et le choix du papier. Ainsi, le print conserve toute son importance pour Glamour, mais l\u2019ancien format a bel et bien disparu. Les \u00e9ditions semestrielles arborent le \u2018look & feel\u2019 de premi\u00e8re qualit\u00e9 du magazine \u00e0 conserver.<\/p>\n

Le Si\u00e8cle d\u2019or de l\u2019\u00e9dition<\/strong><\/h3>\n

Entre-temps, le nombre de m\u00e9dias \u2018digital only\u2019 ne cesse de cro\u00eetre, mais la conviction que la technologie sera la mort des m\u00e9dias imprim\u00e9s a \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9e au royaume des fables. D\u2019aucuns parlent du nouveau Si\u00e8cle d\u2019or de l\u2019\u00e9dition\u00a0: \u00ab\u00a0Nous n\u2019arr\u00eatons pas de d\u00e9velopper de nouveaux instruments et mod\u00e8les d\u2019affaires pour prosp\u00e9rer, ind\u00e9pendamment de la plateforme sur laquelle nous le faisons\u00a0; un avenir lucratif est toujours possible et il importe peu qu\u2019il se construise sur du papier, des pixels ou \u2013 de pr\u00e9f\u00e9rence \u2013 les deux\u00a0\u00bb, dit Bo Sacks.<\/p>\n

\u00ab\u00a0But always remember: technology isn\u2019t going to kill print media. When used effectively, technology can help digital and print in different ways, allowing both to thrive as we move forward in the ever-changing landscape of the media world.\u00a0\u00bb Sergey Bludov, SVP, Media & Entertainment, DataArt<\/span><\/p><\/blockquote>\n

Source\u00a0: What\u2019s New in Publishing<\/a><\/p>\n

D’autres articles interessantes :<\/em><\/p>\n