{"id":17029,"date":"2018-08-30T08:44:49","date_gmt":"2018-08-30T06:44:49","guid":{"rendered":"http:\/\/www.magazinemedia.be\/?p=17029"},"modified":"2018-09-25T12:13:39","modified_gmt":"2018-09-25T10:13:39","slug":"nichons","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wemedia.be\/magazinemedia\/fr\/nieuws\/nichons\/","title":{"rendered":"Nichons"},"content":{"rendered":"

Un bon titre ne manque jamais de capter l\u2019attention. Danny Devriendt, Managing Director d\u2019IPG Dynamic, le sait mieux que quiconque, puisque c\u2019est un fan inv\u00e9t\u00e9r\u00e9 des magazines. D\u00e9couvrez son histoire d\u2019amour\u2026<\/em><\/p>\n

Je vais avoir 50 ans. Il existe deux types d\u2019hommes de la cinquantaine. Ceux qui ont vu leurs premiers seins dans Playboy<\/em> et ceux qui ont vu leurs premiers seins dans National<\/em> Geographic<\/em>. Pour les plus jeunes d\u2019entre nous\u00a0: je suis issu d\u2019une \u00e9poque o\u00f9 Internet n\u2019existait pas encore. Mon Wikipedia<\/em> pesait une tonne, comprenait 27 tomes (un par lettre de l\u2019alphabet plus un atlas) et occupait les troisi\u00e8me et quatri\u00e8me planches de notre biblioth\u00e8que. Un jour, j\u2019en ai coup\u00e9 et coll\u00e9<\/em> quelques images pour un expos\u00e9. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, nous avions vraiment un trou b\u00e9ant dans notre \u00e9ducation\u00a0: en page 245. En page 246 aussi.<\/p>\n

Mais je m\u2019\u00e9gare. J\u2019allais vous parler de nichons. Je suis un amateur de #pairesdeseinsnusdansNationalGeographic. De nichons magazine, dans un noir et blanc styl\u00e9, sur papier glac\u00e9. J\u2019avais douze ans. Voire treize. J\u2019\u00e9tais content pour les filles dans ma classe. Au moins, elles portaient des v\u00eatements. Les filles et les femmes dans National Geographic<\/em> n\u2019avaient pas de quoi se payer des v\u00eatements. Ou alors, il faisait trop chaud. En tout cas, elles devaient marcher longtemps pour trouver de l\u2019eau. Certaines n\u2019avaient pas assez \u00e0 manger. Elles vivaient dans des huttes, ou des maisons en carton et en t\u00f4le ondul\u00e9e. Les photographes de National Geographic<\/em> m\u2019ont appris que les femmes fortes peuvent porter la nudit\u00e9 comme un uniforme, et que la dignit\u00e9 n\u2019avait rien \u00e0 voir avec les v\u00eatements qu\u2019on a sur le corps.<\/p>\n

La premi\u00e8re fois que je suis vraiment tomb\u00e9 amoureux, c\u2019\u00e9tait en 1985. En juin. J\u2019avais 16 ans. Elle \u00e9tait sale, crasseuse. Contrairement \u00e0 Devin DeVasquez, (<\/em>playmate juin \u201885), elle \u00e9tait enti\u00e8rement habill\u00e9e. J\u2019ai compl\u00e8tement craqu\u00e9 pour ses yeux verts, en couverture de National Geographic<\/em>. Je l\u2019ai appel\u00e9e \u2018la fille afghane\u2019. J\u2019ai d\u00fb attendre 17 ans avant d\u2019apprendre son nom\u00a0: \u00a0Sharbat Gula<\/em>.<\/p>\n

\"Cover<\/a><\/p>\n

Une fen\u00eatre sur le monde<\/strong><\/h3>\n

National Geographic<\/em> m\u2019a appris \u00e0 conna\u00eetre les gens et les peuples, ainsi que les animaux et leur habitat. Life Magazine<\/em> m\u2019a offert un regard sur la photographie et le storytelling. Time <\/em>m\u2019a montr\u00e9 ce qu\u2019il se passait dans le monde et Newsweek <\/em>n\u2019\u00e9tait jamais du m\u00eame avis. Charlie Hebdo<\/em> m\u2019a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la force d\u2019une vision et la l\u00e9talit\u00e9 d\u2019une caricature. Depuis 1993, je n\u2019ai rat\u00e9 aucun num\u00e9ro de Wired<\/em>. En 2000 est venu s\u2019y ajouter le New Yorker<\/em>.<\/p>\n

Les magazines ont peint l\u2019image du monde que je porte en moi. Ils la parach\u00e8vent toujours aujourd\u2019hui, semaine apr\u00e8s semaine, mois apr\u00e8s mois. \u00a0Les magazines m\u2019ont permis de voyager dans ma t\u00eate et m\u2019ont montr\u00e9 que le contexte, la culture et l\u2019encadrement explicatif donnent un sens aux choses et aux gens. Les magazines m\u2019ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 pour la premi\u00e8re fois la force condens\u00e9e des mots et des images. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019a germ\u00e9 ma passion pour le r\u00e9cit.<\/p>\n

Virtuel, \u00e7a n\u2019en est pas moins vrai<\/strong><\/h3>\n

J\u2019aime toujours les magazines papier. M\u00eame si je leur suis infid\u00e8le. G\u00e9n\u00e9ralement, je les lis sur ma tablette. Avec autant d\u2019attention que nagu\u00e8re. Ils forment un rendez-vous fixe. Une mise \u00e0 niveau de mon savoir. Je ne me sens pas entier sans avoir t\u00e9l\u00e9charg\u00e9 toutes ces connaissances dans mon cerveau. Dans ma t\u00eate, tout est soigneusement class\u00e9 par mois, et par rubrique.<\/p>\n

J\u2019ai la foi<\/strong><\/h3>\n

Je me surprends, en anticl\u00e9rical convaincu, \u00e0 attribuer \u00e0 mes magazines une puissance biblique. Je les cite, je les sors de mon chapeau dans mes keynotes et mes pitchs m\u00e9dia. J\u2019ai foi<\/em> en eux. Car ce qui est contenu dans mes magazines est vrai.<\/p>\n

Dans 50 jours, ma petite fille Tara aura 3 ans. Je lui offrirai un abonnement \u00e0 Pomme d’Api. <\/em>Ce sera son premier magazine \u00e0 elle. M\u00eame si, aujourd\u2019hui d\u00e9j\u00e0, elle vit dans un ch\u00e2teau fort bourr\u00e9 d\u2019ann\u00e9es de magazines. Elle pose toutes les bonnes questions. Aujourd\u2019hui d\u00e9j\u00e0, en feuilletant elle sillonne un oc\u00e9an de connaissance.<\/p>\n

Demain, je lui raconterai l\u2019histoire de mon premier amour. La fille aux yeux verts.<\/p>\n

D’autres opinions :\u00a0<\/em><\/p>\n