{"id":6448,"date":"2021-03-25T11:33:40","date_gmt":"2021-03-25T10:33:40","guid":{"rendered":"https:\/\/wemedia.be\/?p=6448"},"modified":"2021-10-20T17:34:38","modified_gmt":"2021-10-20T15:34:38","slug":"les-annonceurs-interesses-par-les-medias-locaux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wemedia.be\/fr\/nieuws\/les-annonceurs-interesses-par-les-medias-locaux\/","title":{"rendered":"Les annonceurs int\u00e9ress\u00e9s par les m\u00e9dias locaux ?"},"content":{"rendered":"

[Via PUB] Un magazine est d\u00e9sormais une marque, son lectorat une communaut\u00e9. C’est ainsi que les magazines se sont maintenus ces derni\u00e8res ann\u00e9es et ont m\u00eame r\u00e9ussi \u00e0 atteindre de nouveaux groupes cibles, voire annonceurs. Mais tout \u00e7a est loin d’\u00eatre facile, selon Xavier Bouckaert et Marc Dupain.<\/strong><\/em><\/p>\n

PUB<\/strong>\u00a0a tendu ses micros \u00e0\u00a0Xavier<\/strong>\u00a0Bouckaert<\/strong>, CEO de\u00a0Roularta<\/strong>\u00a0Media<\/strong>\u00a0Group<\/strong>\u00a0et pr\u00e9sident de\u00a0WE MEDIA<\/strong>, et\u00a0Marc<\/strong>\u00a0Dupain<\/strong>, directeur g\u00e9n\u00e9ral de WE MEDIA, l’organisation qui regroupe les \u00e9diteurs de magazines en cinq d\u00e9partements : B2B, B2C, C&C, Digital et Free Press. Comment se portent les magazines en 2021 ? Une premi\u00e8re conclusion : \u00ab\u00a0L’importance des marques de magazines n’a fait que cro\u00eetre,\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0d\u00e9clare Xavier Bouckaert. \u00ab\u00a0Le fait d’\u00eatre seulement actif hors ligne ne fonctionne plus. Le march\u00e9 a chang\u00e9 et les magazines proposent par exemple de la vid\u00e9o et de l’audio. Il s’agit maintenant d\u2019une exp\u00e9rience de marque magazine. Les \u00e9diteurs organisent \u00e9galement des \u00e9v\u00e9nements, des formations, des webshops, etc. Ainsi, la pertinence des magazines est devenue plus grande.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n

Que signifie ce reprofilage des \u00e9diteurs pour les annonceurs ?<\/strong><\/span><\/p>\n

Xavier Bouckaert :<\/strong>\u00a0\u201cLes annonceurs touchent d\u00e9sormais une communaut\u00e9, ils obtiennent une port\u00e9e qualitative gr\u00e2ce aux magazines via diff\u00e9rents touchpoints.\u201d<\/em><\/p>\n

Marc Dupain :<\/strong>\u00a0\u201cLes \u00e9diteurs de magazines se sont professionnalis\u00e9s et sp\u00e9cialis\u00e9s. Et ils connaissent leurs lecteurs. C’est donc bien plus que \u00ab\u00a0simplement lire\u00a0\u00bb, les gens se reconnaissent dans leur magazine. Il y a des magazines qui n’existent que sur papier. Ils op\u00e8rent dans un march\u00e9 de niche ou sont des magazines d’associations socioculturelles. Des recherches ont montr\u00e9 que les lecteurs de magazines litt\u00e9raires pr\u00e9f\u00e8rent \u00e9galement un contact exclusif avec du papier.\u201d<\/em><\/p>\n

Il en va de m\u00eame pour les magazines B2B ?<\/strong><\/span><\/p>\n

Xavier Bouckaert:<\/strong>\u00a0\u201cSi vous regardez le\u00a0Artsenkrant, par exemple, vous verrez qu’il est rest\u00e9 longtemps en version papier. Ils sont maintenant actifs en ligne, notamment par le biais de webinaires. Le corona ayant stopp\u00e9 l’organisation de grandes conf\u00e9rences internationales ; nous disposons maintenant d’une \u00e9quipe sp\u00e9ciale charg\u00e9e de coordonner les webinaires avec les m\u00e9decins et les entreprises pharmaceutiques, ce qui g\u00e9n\u00e8re un nouveau chiffre d’affaires pour l’Artsenkrant.\u201d<\/em><\/p>\n

Marc Dupain :<\/strong>\u00a0\u201cL’organisation d’\u00e9v\u00e9nements est devenue une source importante de revenus, mais l’ann\u00e9e derni\u00e8re, le Corona nous a laiss\u00e9 un go\u00fbt amer.\u201d<\/em><\/p>\n

Xavier Bouckaert :<\/strong>\u00a0\u201cLes live events sont importants pour la mise en r\u00e9seau. Mais les webinaires B2B, que nous avions d\u00e9j\u00e0 organis\u00e9s avant le Corona, seront certainement un succ\u00e8s.\u201d<\/em><\/p>\n

Marc Dupain :<\/strong>\u00a0\u201cLes salons et les expositions se sont num\u00e9ris\u00e9s et les annonceurs sont pr\u00eats \u00e0 payer pour \u00e7a, par le biais de packages de sponsoring et autres.\u201d<\/em><\/p>\n

Quel sera l’effet du corona sur les ventes de magazines ?<\/strong><\/span><\/p>\n

Xavier Bouckaert :<\/strong>\u00a0\u201cLes ventes ont baiss\u00e9 de 5 \u00e0 10 % pour certaines marques tandis que d’autres ont vu leurs ventes augmenter ! Les mois d’avril et de mai ont \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement difficiles. Mais pour de nombreux magazines, le march\u00e9 des lecteurs s’est d\u00e9velopp\u00e9, avec des ventes individuelles et de nouveaux abonnements. En tant qu’\u00e9diteur, vous devez entreprendre les bonnes actions de marketing, de mani\u00e8re cr\u00e9ative<\/em>.\u201d<\/p>\n

Marc Dupain:<\/strong>\u00a0\u201cLe soutien du gouvernement – avec le ch\u00f4mage temporaire – a permis de ma\u00eetriser les co\u00fbts. Mais on ne peut pas parler d’une ann\u00e9e de profit. La presse libre a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement touch\u00e9e, en partie parce que le commerce local, principale source de revenus, a d\u00fb fermer pendant un certain temps.\u201d<\/em><\/p>\n

Le nombre de magazines (imprim\u00e9s) belges est-il en baisse ou est-il rest\u00e9 stable ces derni\u00e8res ann\u00e9es ?<\/strong><\/span><\/p>\n

Xavier Bouckaert :<\/strong>\u00a0\u201cLe nombre de marques de magazines est rest\u00e9 stable au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es et je ne m’attends pas non plus \u00e0 des accidents dans un avenir proche. Apr\u00e8s la crise de 2008-2009, certains ont disparu.\u201d<\/em><\/p>\n

Marc Dupain :<\/strong>\u00a0\u201cChez WE MEDIA, il y a peu de pertes. Il y a quelques membres avec un grand nombre de marques, comme DPG\u00a0Media,\u00a0Mediahuis\u00a0et\u00a0Roularta, mais il est souvent sous-estim\u00e9 que WE MEDIA repr\u00e9sente \u00e0 lui seul un total de pr\u00e8s de 200 \u00e9diteurs de magazines, soit plus de 500 titres… Il n’y a pas de d\u00e9clin dans la diversit\u00e9.\u201d<\/em><\/p>\n

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On a l’impression que les annonceurs et les agences m\u00e9dia sont moins enclins \u00e0 investir dans la presse \u00e9crite…<\/strong><\/span><\/p>\n

Xavier Bouckaert :<\/strong>\u00a0\u201cCela d\u00e9pend de l\u2019activit\u00e9. La mode avec les fermetures de magasins, l’automobile sans le\u00a0Salon de l\u2019Auto\u00a0: on a moins investi dans le papier, mais plus dans la partie online des marques de magazines. Pourtant, la situation de la publicit\u00e9 imprim\u00e9e n’est pas d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, gr\u00e2ce au programmatic et native advertising notamment.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n

Marc Dupain :<\/strong>\u00a0\u201cCette tendance s’applique \u00e0 l’ensemble du secteur. Nous voyons plus de cr\u00e9ativit\u00e9 dans les marques de magazines en ligne et le mod\u00e8le commercial a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 pour qu’elles soient moins d\u00e9pendantes de la publicit\u00e9. En outre, la publicit\u00e9 via les soci\u00e9t\u00e9s GAFA est moins ch\u00e8re, mais la qualit\u00e9 est moindre. Avec les agences m\u00e9dia et les annonceurs, vous entendez de plus en plus souvent parler de l’importance des m\u00e9dias locaux en raison de la qualit\u00e9 de l’environnement et de la transparence par exemple.\u201d<\/em><\/p>\n

Xavier Bouckaert :<\/strong>\u00a0\u201cCertains annonceurs sont d\u00e9j\u00e0 explicites \u00e0 ce sujet et la publicit\u00e9 online augmente l\u00e9g\u00e8rement au m\u00eame rythme que nous. Les annonceurs commencent \u00e0 faire de la publicit\u00e9 plus consciemment au niveau local.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n

Marc Dupain :<\/strong>\u00a0\u201cLe label de qualit\u00e9\u00a0DAT<\/a>\u00a0y contribue certainement. Ce label a beaucoup de m\u00e9rite, m\u00eame s’il reste encore du travail \u00e0 faire. Malheureusement, les jeunes planers ne sont pas encore suffisamment familiaris\u00e9s avec les m\u00e9dias classiques et les bases de la construction d’une marque.\u201d<\/em><\/p>\n

Qu’attendez-vous du CIM \u00e0 plus long terme ?<\/strong><\/span><\/p>\n

Xavier Bouckaert :<\/strong>\u00a0\u201cLe CIM devrait vraiment montrer sa valeur ajout\u00e9e. La mesure cross-m\u00e9dia n’est pas encore compl\u00e8tement au point. En outre, le CIM devrait assumer le r\u00f4le d’ambassadeur des marques locales. En France, ils sont beaucoup plus avanc\u00e9s \u00e0 ce niveau.\u201d<\/em><\/p>\n

\u00a0<\/em>Pour finir, avec le lancement de Google Showcase, comment envisagez-vous la relation entre Google et les \u00e9diteurs ?<\/strong><\/p>\n

\u00a0<\/strong>Xavier Bouckaert :<\/strong>\u00a0\u201cEn tant que pr\u00e9sident de l’organisation des \u00e9diteurs europ\u00e9ens EMMA, je suis ce dossier de pr\u00e8s. J’ai des sentiments mitig\u00e9s \u00e0 ce sujet. Enfin,\u00a0Google\u00a0reconna\u00eet la valeur ajout\u00e9e des \u00e9diteurs et de la l\u00e9gislation. Mais il n’appartient pas \u00e0 Google de dire qui peut ou non b\u00e9n\u00e9ficier des droits voisins. Nous devons attendre\u00a0l’Europese Digital Markets Act, mais cette l\u00e9gislation pourrait prendre encore cinq ans. Nous n’avons pas autant de temps devant nous.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n

Marc Dupain :<\/strong>\u00a0\u201cCes bigtech ont trop de pouvoir. Les Googles parmi nous doivent simplement payer le juste prix pour le contenu que nos \u00e9diteurs fournissent. Nous sommes en consultation avec le gouvernement belge, qui pr\u00e9pare la transposition de la directive europ\u00e9enne en droit belge<\/em>.\u201d<\/p>\n

Xavier Bouckaert :<\/strong>\u00a0\u201cEt il y a une autre question d\u00e9licate en parall\u00e8le : l\u2019e-privacy. Les consommateurs devront bient\u00f4t donner leur autorisation pour \u00eatre approch\u00e9s ; mais nous ne voulons pas que les gardiens soient des bigtech !\u201d<\/em><\/p>\n

Interview r\u00e9alis\u00e9e par Wim De Mont<\/a>, pour PUB.<\/a>\u00a0<\/strong><\/p>\n

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