Le European Publishers Council (EPC) a déposé une plainte antitrust (pratiques anticoncurrentielles) contre Google auprès de la Commission européenne dans le but de briser la mainmise que Google exerce actuellement sur les éditeurs de presse et toutes les autres entreprises de l’écosystème ad tech. Plus précisément, l’EPC demande à la Commission européenne de tenir Google responsable de son comportement anticoncurrentiel et d’imposer des mesures correctives afin de rétablir les conditions d’une concurrence effective dans la chaîne de valeur ad tech.

En effet, depuis son acquisition de DoubleClick en 2008, Google s’est lancé dans un barrage de tactiques illégales visant à évincer la concurrence dans le domaine de la technologie publicitaire. Cette stratégie a porté ses fruits, et Google a réussi à contrôler de bout en bout la chaîne de valeur de l’ad tech, se vantant de détenir des parts de marché allant de 90 à 100 % dans certains segments de la chaîne ad tech. La suite ad tech de Google est truffée de conflits d’intérêts, car Google représente l’acheteur et le vendeur dans la même transaction, tout en gérant la maison d’enchères au milieu, et en vendant son propre inventaire. Loin de gérer ces conflits, Google a maintes fois profité de sa position pour privilégier ses propres intérêts au détriment des clients qu’il est censé servir.
La Commission européenne est particulièrement bien placée pour donner suite à la plainte, et elle peut s’appuyer sur les conclusions d’un certain nombre d’autorités de la concurrence, notamment l’autorité française de la concurrence, l’autorité britannique de la concurrence et des marchés et la commission australienne de la concurrence et des consommateurs, ainsi que sur les conclusions du procès intenté aux États-Unis.
Le président de l’EPC, Christian Van Thillo, a déclaré : » Les autorités de la concurrence du monde entier ont constaté que Google a restreint la concurrence dans le domaine de l’ad tech, mais Google a pu s’en tirer en prenant des engagements mineurs qui n’apportent aucun changement significatif à son comportement. Cette situation ne peut plus durer. Les enjeux sont trop importants, notamment pour la viabilité future du financement d’une presse libre et pluraliste. »
Vous pouvez trouver toutes les informations pertinentes sur la plainte en question ICI.
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