{"id":840,"date":"2022-08-25T10:49:52","date_gmt":"2022-08-25T08:49:52","guid":{"rendered":"https:\/\/wemedia.be\/cc\/?p=840"},"modified":"2022-08-25T10:49:52","modified_gmt":"2022-08-25T08:49:52","slug":"magazines-de-niche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wemedia.be\/cc\/fr\/nieuws\/magazines-de-niche\/","title":{"rendered":"\u00ab C\u2019est gr\u00e2ce au focus digital que le print a retrouv\u00e9 sa plus-value \u00bb"},"content":{"rendered":"

Bien qu\u2019ils soient inconnus du grand public et qu\u2019ils n\u2019aient que rarement voix au chapitre dans les grands d\u00e9bats de soci\u00e9t\u00e9, les magazines de niche sont pertinents et indispensables dans le paysage magazine. C\u2019est le cas de magazines culturels tels que De Witte Raaf, Deus ex Machina et Gonzo Circus. En tant que d\u00e9fenseur d\u2019int\u00e9r\u00eats et plateforme de connaissances, Folio<\/a> leur vient en aide pour r\u00e9pondre \u00e0 leurs besoins et exigences. Des besoins et exigences qui ne co\u00efncident pas toujours avec ceux et celles des titres \u2018mainstream\u2019.<\/strong><\/p>\n

Ils sont une quarantaine, les magazines de niche membres de Folio. Ils couvrent entre autres les arts plastiques, le patrimoine, le th\u00e9\u00e2tre, la musique et paraissent sous diff\u00e9rentes formes, \u00e0 des tirages allant de 300 \u00e0 15.000 exemplaires.<\/p>\n

L\u2019ASBL Folio n\u2019en est pas au tout premier chapitre de son histoire. Elle a su rena\u00eetre, en 2014, des cendres de CeLT (pour \u2018Culturele en Literaire Tijdschriften\u2019, soit \u2018Revues Culturelles et Litt\u00e9raires\u2019), une organisation qui s\u2019occupait principalement de la distribution de magazines aupr\u00e8s des libraires.<\/p>\n

Folio occupe une position plus large que son pr\u00e9d\u00e9cesseur, d\u2019une part en sa qualit\u00e9 de d\u00e9fenseur d\u2019int\u00e9r\u00eats pour les magazines culturo-litt\u00e9raires n\u00e9erlandophones \u2013 aussi vis-\u00e0-vis de la politique en mati\u00e8re de concr\u00e9tisation des d\u00e9crets relatifs au patrimoine et aux arts, ainsi que des r\u00e8gles du jeu pour les r\u00e9glementations li\u00e9es aux subsides \u2013, et d\u2019autre part en tant que plateforme o\u00f9 des connaissances internes sont partag\u00e9es entre les membres.<\/p>\n

Xavier Roelens, coordinateur chez Folio, explique la raison d\u2019\u00eatre de l\u2019organisation\u00a0: \u00ab\u00a0Nos magazines ont tous des r\u00eaves et des ambitions, mais souvent ceux-ci ne se r\u00e9alisent pas parce que les \u00e9diteurs ne parviennent pas \u00e0 mettre suffisamment de poids dans la balance, tout simplement parce qu\u2019ils sont trop petits. Avec Folio, nous lan\u00e7ons des initiatives et des projets communs aux membres. Cela va de newsletters et d\u2019une pr\u00e9sence sur les salons et les march\u00e9s culturels, en passant par la promotion et la visibilit\u00e9, \u00e0 un site Web r\u00e9unissant les meilleurs contenus, une pr\u00e9sence sur les m\u00e9dias sociaux, ou encore un canal YouTube d\u00e9di\u00e9 o\u00f9 les cr\u00e9ateurs de magazines peuvent s\u2019exprimer sur leur passion\u2026 Nous offrons aussi \u00e0 nos membres des connaissances, entre autres sur la digitalisation et l\u2019archivage de contenus, et organisons des ateliers et des conf\u00e9rences, par exemple sur comment davantage diversifier son magazine, comment fid\u00e9liser les abonn\u00e9s \u00e0 son titre, \u2026 Pour quinze de nos quarante membres, nous nous occupons aussi toujours de la distribution vers les libraires.\u00a0\u00bb<\/p>\n

Peut-on consid\u00e9rer que Folio m\u00eame est un \u00e9diteur print\u00a0? Non, \u00e7a n\u2019est pas le but, dixit l\u2019organisation. Il est vrai qu\u2019il y a trois ans, un num\u00e9ro th\u00e9matique consacr\u00e9 \u00e0 #metoo et la masculinit\u00e9 est paru sous la banni\u00e8re de Folio. \u00ab\u00a0Il s\u2019agissait d\u2019une initiative ponctuelle visant \u00e0 montrer qui nous sommes, et qui sont nos membres\u00a0\u00bb, dit Xavier Roelens. Depuis, Folio a lanc\u00e9 trois num\u00e9ros th\u00e9matiques digitaux sur son site Web renouvel\u00e9. \u00ab\u00a0Le concept est identique \u00e0 celui de notre \u00e9dition ponctuelle imprim\u00e9e\u00a0\u00bb, indique Roelens. \u00ab\u00a0Nous choisissons un th\u00e8me et demandons alors \u00e0 nos membres s\u2019ils poss\u00e8dent dans leurs archives un article cadrant dans ce th\u00e8me. Par la m\u00eame occasion, nous d\u00e9montrons que les magazines de niche publient aussi des articles importants, qui sont toujours actuels.\u00a0\u00bb<\/p>\n

De petits pas num\u00e9riques<\/span>
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\nQuels sont aujourd\u2019hui les d\u00e9fis sp\u00e9cifiques auxquels sont confront\u00e9s ces magazines de niche et dans quelle mesure l\u2019association Folio peut-elle aider les \u00e9diteurs \u00e0 y faire face ? \u00ab Les plus grands d\u00e9fis sont la visibilit\u00e9 et l\u2019audience des titres, ainsi que les chiffres de vente assortis \u00bb, explique Xavier Roelens. \u00ab Folio fait en sorte que les titres sont davantage mis en lumi\u00e8re. \u00bb<\/p>\n

En outre, l\u2019\u00e9change d\u2019information porte sur la fa\u00e7on dont le print et le digital peuvent se renforcer mutuellement. \u00ab\u00a0Je constate que, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, nos magazines se sont mis \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir davantage \u00e0 ce qu\u2019ils souhaitent voir para\u00eetre sur papier\u00a0\u00bb, dit Roelens. \u00ab\u00a0Des strat\u00e9gies num\u00e9riques sont \u00e9labor\u00e9es. Je vois plus de contenus en ligne qui ne paraissent pas dans l\u2019\u00e9dition papier. \u00c0 leur tour, les \u00e9ditions imprim\u00e9es deviennent toujours plus th\u00e9matiques, ce qui permet de r\u00e9server des articles moins centraux ou plus courts pour le site Web. C\u2019est justement gr\u00e2ce \u00e0 ce focus digital que le print a retrouv\u00e9 sa plus-value. Aujourd\u2019hui, le print est choy\u00e9 davantage encore, tant pour la profondeur de son contenu et l\u2019identit\u00e9 th\u00e9matique, que pour la mise en page soign\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n

Profondeur<\/span><\/p>\n

<\/strong>Quelle position ces magazines occupent-ils aujourd\u2019hui dans le paysage magazine, un paysage qui, au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es, s\u2019est tout de m\u00eame quelque peu appauvri suite \u00e0 une s\u00e9rie de fusions du c\u00f4t\u00e9 des titres plus importants\u00a0? Sur foliomagazines.be, on peut lire que Folio est la porte d\u2019acc\u00e8s par excellence pour la \u2018slow reflection\u2019. Les magazines et les p\u00e9riodiques, y souligne-t-on, sont les sources bouillonnantes d\u2019une r\u00e9flexion durable sur la riche cr\u00e9ation de la Flandre \u2013 un r\u00f4le que les m\u00e9dias mainstream jouent de moins en moins.<\/p>\n

\u00ab\u00a0Nos membres investissent dans la pr\u00e9sentation de nouvelles voix et se focalisent sur les \u00e9nonc\u00e9s cr\u00e9atifs\u00a0\u00bb, explique Roelens. \u00ab\u00a0Ils nourrissent la r\u00e9flexion sur l\u2019art et la musique, sur la litt\u00e9rature, sur des th\u00e8mes de soci\u00e9t\u00e9. Les magazines mainstream y accordent aussi de l\u2019attention, mais de fa\u00e7on plus br\u00e8ve et condens\u00e9e, et donc plus superficielle. Cette profondeur des magazines culturo-litt\u00e9raires constitue leur plus-value. Leurs contenus sont nourrissants, tant pour qui recherche de la valeur ajout\u00e9e que pour les artistes m\u00eames.\u00a0\u00bb<\/p>\n

\u00ab\u00a0En fait, nos titres et les magazines qui brassent plus large devraient davantage op\u00e9rer comme des vases communicants\u00a0\u00bb, rel\u00e8ve Roelens dans ce contexte. \u00ab\u00a0Pour ce qui me concerne, un article plus long dans un titre plus petit pourrait plus souvent donner lieu \u00e0 un \u2018spin-off\u2019 dans un journal ou un magazine plus large. Dans la pratique, cela se produit rarement, parce que les titres plus larges prennent comme point de d\u00e9part l\u2019int\u00e9r\u00eat m\u00e9diatique. Ce n\u2019est que lorsque nos titres contiennent quelque chose d\u2019actuel que les m\u00e9dias mainstream s\u2019y int\u00e9ressent. Quand, en 2018, le magazine rekto:verso<\/em> a publi\u00e9 une lettre ouverte sur les m\u00e9faits du metteur en sc\u00e8ne et artiste Jan Fabre au sein de sa compagnie Troubleyn, sur fond de #metoo, les magazines plus connus ont rapidement relay\u00e9 et comment\u00e9 l\u2019information. Celle-ci \u00e9tait int\u00e9ressante \u00e0 leurs yeux parce qu\u2019elle avait trait \u00e0 une c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 et qu\u2019elle \u00e9tait digne d\u2019int\u00e9r\u00eat m\u00e9diatique. G\u00e9n\u00e9ralement, toutefois, lorsque des articles sont envoy\u00e9s aux r\u00e9dactions de journaux ou de magazines, on n\u2019en fait pas grand-chose. C\u2019est un sens unique.\u00a0\u00bb<\/p>\n

Cette r\u00e9alit\u00e9 est, en fait, la raison d\u2019\u00eatre de Folio, notamment en tant que plateforme d\u00e9di\u00e9e \u00e0 faire entendre davantage la voix des magazines de niche. \u00ab\u00a0Nous n\u2019atteindrons jamais les 100.000 lecteurs du Standaard, mais avec nos 5.000 abonn\u00e9s \u00e0 la newsletter nous r\u00e9alisons aussi une belle audience\u00a0\u00bb, dit Roelens.<\/p>\n

Garder sa sp\u00e9cificit\u00e9<\/strong><\/span><\/p>\n

Est-ce que chez Folio on joue avec l\u2019id\u00e9e de faire collaborer certains titres, voire de les fusionner\u00a0? Ou alors, s\u2019en d\u00e9fend-on, au contraire\u00a0? \u00ab\u00a0Lors du d\u00e9cret artistique pr\u00e9c\u00e9dent, tous nos magazines culturels ont obtenu leur reconnaissance et leurs subsides\u00a0; tous n\u2019ont pas re\u00e7u le montant escompt\u00e9, mais \u00e7a suffit pour continuer \u00e0 exister\u00a0\u00bb, dixit Roelens.<\/p>\n

\u00ab\u00a0Il y a cinq ans, par contre, des magazines artistiques ont p\u00e9ri, et il y a vingt ans les magazines litt\u00e9raires ont subi une v\u00e9ritable coupe \u00e0 blanc. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, on a fix\u00e9 des exigences beaucoup plus rigoureuses, ce qui fait que les initiateurs de projets modestes et sympas se sont soudain vus forc\u00e9s d\u2019instaurer un professionnalisme peu attrayant \u00e0 leurs yeux. Au niveau des magazines patrimoniaux, la situation est relativement stable et s\u00fbre. \u00c7\u00e0 et l\u00e0 on entend encore des voix qui pr\u00e9tendent que six magazines litt\u00e9raires pour la Flandre, c\u2019est exag\u00e9r\u00e9, mais je ne suis pas d\u2019accord. Chaque magazine a sa propre gueule et vision sur l\u2019art et la r\u00e9alit\u00e9, et a donc une importance soci\u00e9tale. Pour ceux qui ne les lisent pas, \u00e7a semble du pareil au m\u00eame, mais il existe bel et bien de grandes diff\u00e9rences. Tout cela ne se r\u00e9sume pas en un seul site Web ou magazine. Il n\u2019y a en tout cas aucune ambition de regrouper des titres et r\u00e9unir des r\u00e9dactions, que ce soit chez Folio ou chez les magazines. Ces derniers ont besoin de leur unicit\u00e9, au niveau les plus divers\u00a0: abonnements, r\u00e9daction, publicit\u00e9, administration, etc. C\u2019est une r\u00e9alit\u00e9 diff\u00e9rente de celle des grands titres. C\u2019est justement ce caract\u00e8re de niche qui prot\u00e8ge la culture unique de ces magazines.\u00a0\u00bb<\/p>\n

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